2 guadeloupéens sur 5 obligés de se priver

Les guadeloupéens et guadeloupéennes ont du mal à joindre les deux bouts. L’INSEE le confirme dans une étude.

En 2018 selon l’INSEE, 41 % de la population en Guadeloupe était en situation de privation matérielle et sociale. C’est considérable. L’on savait que la précarité déjà très présente sur l’île, gagnait du terrain. Mais en l’espèce, les privations dont il est question ne touchent pas que les précaires. Et cette réalité s’est de toute évidence aggravée avec la crise du covid-19.

Ne pas avoir les moyens de partir en vacances, d’avoir une activité de loisir régulière ou de s’acheter des vêtements neufs. Autant de difficultés auxquelles les ménages peuvent être confrontés indique l’INSEE-Guadeloupe. Près de 151 000 Guadeloupéens, sont ainsi en situation de privation matérielle et sociale.

Dans la même fourchette que la Martinique et la Réunion

« Ils sont privés d’au moins cinq éléments parmi treize considérés comme nécessaires à une vie décente. Cette situation est très proche de celle de la Martinique (38 %) et de La Réunion (40 %). Alors que celle de la Guyane (50 %) est nettement plus défavorable » peut-on lire encore dans ce document.

71% des guadeloupéens indiquent ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue de l’ordre de 1.000€

L’on apprend également qu’en France hexagonale, le taux de privation est près de trois fois plus faible. Il s’établit à 13 %. En outre, plus de la moitié de la population française de l’hexagone déclare ne subir aucune privation contre 17 % en Guadeloupe.

Trois fois plus qu’en France hexagonale

« La privation sévère touche donc trois fois plus les Guadeloupéens que les français de l’hexagone » constate donc l’INSEE. L’institut précise que les privations les plus fréquentes sont celles qui nécessitent que le ménage mobilise d’importants moyens financiers.

Par ailleurs, 71% des guadeloupéens indiquent ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue de l’ordre de 1.000€. Ils sont 63% à être dans l’incapacité de pouvoir financer une semaine de vacances. 59% ne pourraient pas remplacer un meuble en cas de besoin.

Des fins de mois de plus en plus compliquées

Un autre chiffre illustre cette réalité préoccupante.  Plus d’un Guadeloupéen sur deux (53 %) déclare boucler difficilement ses fins de mois. « Ces ménages ont du mal à faire face aux remboursements d’emprunts. Ils doivent puiser dans leurs économies pour équilibrer leur budget ou ils se trouvent en découvert bancaire » est-il mentionné.

Le niveau constaté dans les DOM, sur ces indicateurs, s’explique par des prix plus élevés, souligne l’INSEE. L’institut ajoute qu’une tension budgétaire est ressentie également par 35 % de Guadeloupéens qui déclarent être en situation d’arriérés de loyers, de remboursements ou de factures. Contre 9% dans l’hexagone.

(Source : INSEE-Guadeloupe)