2ème tour des municipales en Guadeloupe : le feu !

Le 2ème tour des municipales en Guadeloupe a ébranlé la classe politique locale et bousculé bien des certitudes. Les temps changent. Les principaux enseignements du scrutin.

La grosse sensation est venue du Gosier. Au terme d’une campagne puante où rien ne lui a été épargné, Cédric Cornet a réuni sur son nom près de 50% des suffrages. Il devance très largement Jean-Claude Christophe (25%), Patrice Pierre-Justin (15%) et Jocelyne Virolan (10%). Tous les 3 issus de la majorité municipale sortante. L’équipe de Jean-Pierre Dupont a servi la victoire sur un plateau au jeune Cornet. C’est un véritable coup de tonnerre qui fait tâche dans le bilan comptable de GUSR. Et qui consacre une rupture politique dans cette ville du Gosier. L’héritage Gillot vient d’être liquidé.

Bangou  et Penchard out

A Pointe-à-Pitre. Il l’a fait. Harry Durimel a récolté les fruits de la fusion de sa liste avec celle de Tania Galvani. Le leader du REV Guadeloupe le réalise enfin son rêve de remporter cette mairie. Il peut remercier les 2245 électeurs et électrices pointois qui ont cru en sa promesse de changement. Victoire par procuration aussi pour Georges Brédent qui a bien manœuvré en coulisse. Et lourde défaite pour Jacques Bangou qui espérait reconquérir son fauteuil après l’épisode de sa procédure de révocation. Pour 135 voix, le désormais ancien maire de la cité pointoise n’aura pas réussi à infliger le camouflet espéré au préfet Gustin. Mais pour l’avenir à Pointe-à-Pitre, il faudra aussi compter avec Loïc Martol, arrivé 3ème (903 voix).

Avec la défaite de Marie-Luce Penchard, c’est l’ère Chevry qui s’éteint. 25 ans après la victoire de sa mère dans le chef-lieu, l’ancienne ministre des outre-mer n’a pas su conserver l’héritage. Basse-Terre rebascule donc à gauche. André Atallah est donc le futur maire de la ville-capitale. La stratégie d’alliance avec Brigitte Rodes et Sonia Pétro s’est avérée payante. Même si l’électorat de droite basse-terrien n’a pas totalement adhéré à ce rapprochement avec les socialistes. Se posera rapidement la question de l’avenir de Sonia Pétro au sein des républicains. Et plus largement, celle du devenir même de ce parti en Guadeloupe. Basse-Terre en tout cas, symbolise un totem pour la fédération socialiste de Guadeloupe.  

Pancrel renverse la vapeur, Hubert confirme enfin

A Saint-François, cette bataille politique restera la dernière de Laurent Bernier. Le maire sortant quitte la scène. Il pensait sauver la mise avec l’appui des socialistes et du PPDG. Peine perdue. A l’arrivée, le GUSR et la majorité régionale frappent un grand coup dans cette cité balnéaire. Donné perdant, Bernard Pancrel a surpris son monde. Lui aussi a dû essuyer des boules puantes et les insinuations sur sa vie privée durant cette campagne.

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Pour espérer l’emporter, l’opposition sainte-rosienne devrait s’unir. Faute d’y être parvenue, point de miracle. Le maire sortant Claudine Bajazet a littéralement déroulé, devançant son suivant Fauvert Savan de 632 voix. Henri Yacou quant à lui est monté sur la 3ème marche de cette triangulaire, largement distancé. L’opposition sainte-rosienne peut avoir des regrets. En unissant ses forces, le scrutin était plié.

Le changement est effectif à Port-Louis. Jean-Marie Hubert a fait tomber le maire sortant Victor Arthein. La fusion avec la liste Cercy a fonctionné. En témoigne le score du vainqueur. Au-delà de ce qu’il aurait pu espérer avec le report de voix. Echec retentissant pour Victor Arthein qui partait néanmoins mathématiquement perdant face à ses adversaires. Belle prise pour le camp de la majorité régionale, singulièrement GUSR.

La stratégie Bardail

Et que dire de Morne-à-l’Eau ? Bardail a vaincu le signe. Il n’est pas du bourg. Mais accède au graal. Sacré pari que de n’avoir pas cédé à la tentation des alliances. C’était le pari. Grosse déception pour Georges Hermin qui avait pourtant fait le plus dur – de son point de vue – en s’alliant à Ketty Labuthie. Quant à Philipson Francfort, le maire sortant qui ferme la marche, il en est quitte pour sa retraite politique.  

A Gourbeyre. Sans surprise, l’union Edmond, D’Alexis et Jouyet a mis fin au règne de Luc Adémar. Le maire sortant se savait en danger arithmétiquement. Il espérait mobiliser davantage pour ce 2ème tour. L’ennui c’est qu’il avait déjà pratiquement fait le plein de ses voix le 15 mars dernier. En face, fort de la fusion qu’il a su réaliser, Claude Edmond, sort grand vainqueur de ce scrutin dans la commune. Là aussi, c’est la fin d’un règne et une page politique qui se tourne.

Du côté de Sainte-Anne, Il n’y avait guère de suspense vu les résultats du 1er tour. Christian Baptiste n’a fait que confirmer, dans un fauteuil, avec un peu plus de 58% des voix. Sale soirée pour Jacques Kancel, pourtant leader de l’opposition. Mais battu sur le podium par Marlène Captant qui n’incarnait pas franchement l’avenir. Sainte-Anne, une place forte conservée par la gauche Luréliste.

Delta a eu chaud, Courtois en impose

A Anse-Bertrand, Edouard Delta y est et y reste. Ça s’est jouée à moins de 100 voix dans ce 2ème tour. 92 suffrages précisément. Défaite difficile à encaisser du coup pour Daniel Moustache L’on sait déjà d’ailleurs, de bonnes sources, que des contestations vont poindre pour tenter d’obtenir l’annulation de cette élection. Pour mémoire, le 3ème homme de ce scrutin, Yves Nimias n’avait pas donné de consignes de vote. Du moins officiellement.

Baillif, terrain d’’une autre victoire socialiste. Marie-Yvelines Théobald-Ponchateau (46,28%), le maire sortant à surfer sur l’incapacité de ses adversaires à faire front contre elle. Sylvie Gustave Dit Duflo et Marie-Lucile Breslau n’ont pas fait le poids.

Capesterre Belle-Eau. Le coup de force parfait pour Jean-Philippe Courtois. Lui à qui l’on accordait que peu de chances au soir du 1er tour a finalement renversé la vapeur. Les soutiens et les consignes de votes ont fait la décision. Au final, 700 voix de plus que le maire sortant Joël Beaugendre et près de 45% des suffrages. Hugues Philippe Ramdini n’a guère fait mieux que d’habitude. Mais à défaut, il peut sans doute incarner la figure de l’opposant. Quoi qu’il en soit, voilà encore un bastion de ce qu’il reste de la droite locale qui tombe avec cette commune de Capesterre Belle-Eau.

A Capesterre de Marie-Galante. L’on a assisté au score le plus serré de cette élection. Cette victoire semblait pourtant promise à Betty Besry. Mais pour 8 voix, c’est le maire sortant Jean-Claude Maes qui l’emporte. Un retournement de situation totalement improbable qui en a surpris plus d’un. Là où la gauche socialiste pensait avoir course gagnée.

A Deshaies, Jeanny Marc conserve son fauteuil avec près de 400 voix d’avance sur son challenger Fred Goubin. Lequel peut en vouloir à Engebert Valluet. Les deux hommes n’ont pas pu se mettre d’accord pour une fusion. A contrario, Jeanny Marc a bénéficié non seulement de leur division, mais de soutiens et consignes hostiles à Goubin.

Les îles du Sud votent pour le changement

La Désirade. Cela s’est joué à 40 voix entre Loïc Tonton et l’antépénultième maire René Noël. Le postulant par défaut, suite à l’invalidation de la candidature du maire sortant, n’a pas raté son tour de piste. Il est vrai qu’autour de lui l’équipe en place a fait le job. Mais cela s’est joué à très peu de choses. 675 voix contre 635. A Saint-Louis, Camille Pélage est de toute évidence le grand perdant de ce scrutin. Elu de la majorité régionale, il était censé s’imposer face à François Navis. Ou tout le moins le bousculer. Il n’en a rien été. A l’inverse, à Terre-de-Haut, Cette fois aura été la bonne pour Hilaire Brudey. Le premier secrétaire de la fédération socialiste réussi enfin à s’imposer dans son fief après de multiples tentatives. Il transforme ainsi l’essai du 1er tour et s’impose avec 53% des suffrages. Le maire sortant Louly Bonbon

A Terre-de-Bas, victoire de Rolande Nadille-Vala, l’ancienne première adjointe au maire d’Emmanuel Duval. Elle s’est imposée avec un peu moins de 53% des suffrages. Comme nous le laissions entendre sur notre site, l’alliance entre le maire sortant et son opposante historique n’est pas passée. Dans son propre camp, ce reniement de Duval a précipité sa chute.

Le sud Basse-Terre aussi

A Vieux-Fort, Héric André s’impose avec 40 voix d’avance sur Rolland Plantier le maire sortant. Retour en grâce pour l’ancien maire Nérée Bourgeois qui s’est allié à son adversaire du passé pour faire vaciller l’équipe en place. Rolland Plantier peut être amer.

Enfin, à Vieux-Habitants. Voilà une victoire éclatante pour les socialistes. La fusion des listes d’Aramis Arbaud, le maire sortant et de Gaston Géran n’a pas pu contenir le vent du changement. Jules Otto qui avait viré en tête au 1er tour avec 43% des voix a enfoncé le clou. Il obtient près de 55% des suffrages et envoie à la retraite Aramis Arbaud.