Affaire Zecler : la conséquence d’un racisme assumé en France ?

Le passage à tabac de Michel Zecler par 4 policiers à Paris ne passera pas. La justice l’a compris. Cet acte odieux explose à la face d’une France raciste.

Et pourtant des bavures, il y en a eu auparavant. Mais rien n’a changé. Pire la spirale du rejet de l’autre s’est sournoisement emballée, C’est que ce racisme est certainement bien plus ancré qu’on ne le pense dans cette France. La nôtre ? On peut s’interroger à la vue de telles images. L’affaire Michel Zecler ne saurait nous laisser indifférent ici en Guadeloupe et plus généralement dans les outre-mer. Elle réveille en nous tant d’injustices vécues, enfouies. Toute honte bue. Là où nous aurions sans doute dû nous indigner davantage. Certains faits graves commis récemment devraient questionner notre patriotisme réel.

Du bon usage de la vidéo surveillance

La vidéo surveillance comme preuve d’agressions inacceptables et de violences insoutenables a manifestement plus de poids à Paris que chez nous. Personne en l’espèce n’a évoqué un montage grossier. Il faut s’en réjouir. Ces images sont l’expression même de ce que peuvent provoquer ces discours de haine qui prospèrent depuis trop longtemps. Et que la France, pourtant patrie des Droits de l’Homme, feint de ne pas assumer.

Triste France

Or donc, il a fallu cette preuve implacable pour renvoyer à la Nation ses dérives xénophobes les plus crasses. C’est cette même preuve qui a fait passer Michel Zecler du statut de coupable d’actes de rébellion comme cela a été tenté initialement, à celui de victime. Que dire de cette presse écrite d’opinion que je me refuse de citer, aux valeurs connues, qui s’emploie à trouver des excuses aux policiers mis en cause. Ils auraient ainsi agi sous l’effet de la peur. Et pour justifier le cassage de nègre quoi de mieux que de mettre en avant les antécédents judiciaires supposés « chargés » de Michel Zecler. Militantisme quand tu nous tiens. Triste France.  

La peur doit changer de camp…

Cette affaire puante apparait comme un révélateur des bas instincts racistes de la nation française. Celle-là même qui laisse diffuser à l’envie sur les médias, les discours de haine du noir, et de l’étranger en général. C’est aussi cette France qui en Guadeloupe méprise le pouvoir local et les compétences de notre île, obligeant nos talents à s’expatrier. Les coups portés à Michel Zecler sont visibles et justifient que la justice frappe à son tour.

Les coups portés à Michel Zecler sont visibles et justifient que la justice frappe à son tour. Mais il y a d’autres blessures qui ne saignent pas et qui entament au quotidien la dignité de beaucoup d’entre nous. Sans que des voix ne s’élèvent pour le dénoncer avec force.

Mais il y a d’autres blessures qui ne saignent pas et qui entament au quotidien la dignité de beaucoup d’entre nous. Sans que des voix ne s’élèvent pour le dénoncer avec force. Ou si peu, à quelques exceptions près. Ce silence complice doit cesser et faire place à des condamnations systématiques et unanimes. De sorte que ce sentiment d’impunité dont semblent se prévaloir les auteurs de ces actes racistes de toutes natures soit annihilé.  

Un signal puissant enfin

Il faut admettre que la mise en examen des 4 policiers impliqués dans cette affaire et le placement en détention de trois d’entre eux est un signal puissant. Les chefs retenus également. Violences volontaires avec arme, en réunion et accompagnés de propos à caractère raciste, de faux en écriture publique, de violation de domicile, et de dégradation volontaire de biens privés en réunion. L’impunité a vécu. Bien que les fonctionnaires mis en cause, bénéficient jusqu’à leur jugement, de la présomption d’innocence comme tout justiciable.

La lutte contre le racisme, future grande cause nationale ?

Il y a la largement matière à faire de la lutte contre le racisme en France, au même titre que toutes les autres formes de violence, une grande cause nationale. Mais n’en demandons pas trop à cette France. En Guadeloupe, fort de notre résilience et de notre attachement au vivre ensemble, faisons-nous néanmoins respecter. Et intégrons une fois pour toute, que chaque terrain d’expression de nos compétences concédées localement nous fragilisera.  

Car ce sont autant de chances futures de moins pour nos enfants désireux de rentrer au pays après leurs études. Au racisme ordinaire, sournois ou violent subi, opposons ce qui nous grandi. Notre exigence de dignité, notre intelligence et surtout notre capacité à avoir su faire des séquelles de notre histoire une force insoupçonnée. Sans oublier cet humanisme qui nous empêche d’être raciste contrairement à d’autres.