Blocage des routes en Guadeloupe : l’UDE-MEDEF et la CCI désapprouvent fermement

Le MEDEF-Guadeloupe et le président de la CCIIG n’adhèrent pas à la stratégie de blocage du collectif des entrepreneurs. Le front patronal se lézarde ?

Comme prévu le collectif des organisations professionnelles a renforcé jeudi matin 25 février ses barrages sur le réseau routier de Guadeloupe. En plus de ceux érigés depuis la veille, d’autres points de blocages sont installés. C’est le cas notamment au niveau du tunnel de Perrin, mais aussi à Petit-Pérou aux Abymes. Des perturbations de la circulation sont signalées aussi à Deshaies, dans le nord Basse-Terre.

« C’est ensemble que nous devons faire face à ces circonstances dramatiques. Pas en se lançant dans des actions suicidaires », assène l’UDE

Les leaders du collectif entendent ainsi peser sur les négociations qui débutent véritablement ce matin, au vélodrome. Hier, lors d’un premier round, ils ont remis leur plateforme de revendications au préfet et aux exécutifs. Le collectif attend prioritairement des réponses sur la suspension des ATD adressés aux entreprises en difficulté.

De même que l’annulation des dettes sociales et fiscales. Et pour maintenir la pression sur les autorités et les présidents d’exécutifs, l’option choisie a été de faire monter d’un cran, les capacités de blocage des routes.

L’UDE-MEDEF refuse de se laisser embarquer

Reste que ce mouvement ne fait pas l’unanimité au sein du patronat local. L’UDE-MEDEF Guadeloupe désapprouve totalement les blocages routiers entrepris depuis hier dans le département. Elle s’associe pleinement aux guadeloupéens qui souffrent déjà des mesures restrictives aux libertés, consécutives à la lutte contre la Covid19. « Cette pandémie crée depuis plus d’un an une situation particulièrement difficile pour tous et souvent dramatique pour un grand nombre de nos concitoyens et de nos salariés », indique le MEDEF-Guadeloupe.

« De tels agissements, contraires à la loi, sont une méthode totalement inappropriée dans un tel contexte. Ils ne peuvent que conduire à la mort de notre Guadeloupe que nous aimons tous », ajoute l’organisation patronale. « C’est ensemble que nous devons faire face à ces circonstances dramatiques. Pas en se lançant dans des actions suicidaires », assène l’UDE.

La levée des barrages demandée

Le MEDEF-Guadeloupe réaffirme enfin sa détermination à s’engager avec l’ensemble des partenaires dans la définition et la mise en œuvre des mesures indispensables pour faire face à cette situation exceptionnelle, par sa nature, sa durée et sa gravité. Elle demande la levée immédiate de ces barrages qui asphyxient le territoire.

Le pdt de la CCI des îles de Guadeloupe, Patrick Vial-Collet est sur la même ligne. Lui aussi a pris ses distances avec ce mouvement en cours. Dans un communiqué, le président de la chambre consulaire note que depuis hier « plusieurs organisations professionnelles manifestent en bloquant de nombreux axes routiers empêchant la libre circulation des Guadeloupéens ».

La CCI dit non également

« La CCI des Iles de Guadeloupe », a-t-il poursuivi, « déplore la méthode utilisée qui pénalise et empire encore plus les difficultés des entreprises, pour lesquelles chaque journée de travail compte. Alors que la situation économique est des plus préoccupantes et désespérées ». Et Patrick Vial-Collet d’ajouter que « l’institution consulaire a eu, à maintes reprises, à interpeller les autorités et les collectivités sur la situation des entreprises. Situation déjà dégradée bien avant le COVID 19 et que la crise sanitaire n’a fait qu’aggraver ». Le président de la CCI conclue ainsi qu’il est urgent que des mesures soient prises afin de sauvegarder les emplois des guadeloupéens.

La crise de 2009 toujours dans les esprits

Ces deux prises de position n’ont évidemment pas du tout été du goût du collectif des entrepreneurs de Guadeloupe actuellement mobilisé. Lesquels ne se sont pas privés de le faire savoir sur les médias locaux. Pour rappel, en décembre 2008, juste avant la dernière crise sociale majeure qu’a connu la Guadeloupe, ce sont les mêmes acteurs qui avaient pour ainsi dire, allumer la mèche. Malgré eux.