Bruno Blandin : « Je suis un patriote guadeloupéen »

Citant l’auteur Romain Gary en conclusion de son discours lors de l’AG de l’UDE-MEDEF, son président Bruno Blandin a réaffirmé être un patriote.

« Le nationalisme c’est la haine des autres. Le patriotisme c’est l’amour des siens ». Et je suis un patriote ! C’est par cette formule choc que le président de l’UDE-MEDEF Guadeloupe a conclu son allocution lors la dernière assemblée générale de l’organisation patronale. Ce patriotisme Bruno Blandin le partage volontiers. Le chef de fil de l’Union des Entreprises a exhorté une fois de plus nos décideurs économiques à développer cet état d’esprit. Mais aussi à cultiver l’amour de la Guadeloupe et l’envie d’entreprendre.

Aujourd’hui, tout ce que nous savons c’est que nous ne savons pas. Tout simplement car ce n’est pas une crise traditionnelle du capitalisme. Cette crise ne ressemble à aucune autre

Dans son discours Bruno Blandin a déploré l’atmosphère est parfois irrespirable du moment, allusion aux incertitudes liées à la crise du covid-19. « Irrespirable, car le catastrophisme devient la nouvelle mode. Irrespirable, quand les économistes de tous bords ne nous prédisent que des défaillances d’entreprises et du chômage de masse. Pour être optimiste aujourd’hui, il en faut du courage ! » a-t-il déclaré.

La relance comme grand défi

« Nous sommes face à de très nombreux défis. Vivre avec la pandémie bien sûr. Trouver notre place en tant que guadeloupéens dans cette guerre des modèles. Retrouver notre souveraineté sans tomber dans le protectionnisme, concilier croissance et écologie. Mais le plus grand défi, c’est celui de relancer la machine économique. C’est celui de la renaissance des entreprises guadeloupéennes » a-t-il poursuivi.

Cette renaissance estime le président de l’UDE « ne peut pas dépendre que du plan de relance annoncé par le Gouvernement. Elle dépend aussi de nous, de notre énergie, de notre envie d’entreprendre au moment où peut être la raison et le pessimisme nous feraient temporiser. Car ce qui nous motive, nous, entrepreneurs, c’est la liberté d’entreprendre. La prise de risque. L’audace. On ne devient pas entrepreneur pour être mis sous la tutelle de l’Etat. Les aides de l’Etat ont été nécessaires. Mais elles ne doivent pas remettre en cause notre liberté fondamentale, celle d’entreprendre » a encore affirmé Bruno Blandin.

L’Etat a joué le jeu

« En temps normal, l’entrepreneur c’est celui qui aime prévoir, se projeter, anticiper. Eh bien avec cette crise, c’était impossible. Aujourd’hui, tout ce que nous savons c’est que nous ne savons pas. Tout simplement car ce n’est pas une crise traditionnelle du capitalisme. Cette crise ne ressemble à aucune autre. Cette fois, c’est l’Etat qui nous a demandé de fermer. Pour de bonnes raisons, certes. Car la santé passe avant tout. Et c’est pourquoi il était aussi légitime de lui demander de nous aider à repartir. Et reconnaissons que le Gouvernement a été à la hauteur ! » a-t-il admis.

Cette crise a mis en avant notre industrie et plus largement nos « entreprises péyi». Elle nous amène à nous poser un certain nombre de questions en matière de souveraineté territoriale.

Dans ce contexte qui demeure compliqué, le président du MEDEF-Guadeloupe a adressé un message de soutien à tous les secteurs d’activités. Plus particulièrement ceux de l’événementiel, de la restauration, de l’hôtellerie, du transport maritime territorial. Sans oublier l’industrie et les secteurs traditionnels comme celui de la pêche. Et au-delà, à tous ceux qui ont été et sont encore durement impactés par cette crise.

Eviter le reconfinement

Aux salariés et aux concitoyens Bruno Blandin a dit ceci : « Oui le COVID 19 est là ! Mais on peut et on doit continuer à se réunir, à consommer, à produire… bref à vivre malgré le COVID. Avec les précautions nécessaires, avec les gestes barrières, avec les masques ». Précisément à propos du port du masque en entreprise, le président de l’UDE a tenu à préciser ne pas contester la nécessité sanitaire de cette décision. « Tout est préférable au reconfinement. Mais, l’annonce a été un peu brutale » a-t-il toutefois déploré.

Faire gagner le pays Guadeloupe

«Cette crise a mis en avant notre industrie et plus largement nos « entreprises péyi». Elle nous amène à nous poser un certain nombre de questions en matière de souveraineté territoriale. En particulier sur les questions de recherche et de production au sens large. Quand il faut se faire le défenseur de la relocalisation, tout le monde est partant. Mais lorsqu’il s’agit d’accompagner, d’accueillir une usine ou de demander au consommateur de payer plus cher le produit final, là il y a nettement moins de monde. Produire en Guadeloupe a un coût, et ce coût doit se traduire sur toute la chaîne de valeur » a insisté Bruno Blandin. Comme pour donner encore plus de sens, par l’illustration, à ce patriotisme économique qu’il promeut. Respect.