CANBT : pourquoi Claudine Bajazet a sacrifié Adrien Baron ?

L’analyse du scrutin qui a porté Guy Losbar à la tête de la CANBT à la surprise générale est implacable. Des voix de la majorité de Sainte-Rose se sont portées sur le nom du président de GUSR.

Les socialistes et apparentés peuvent dénoncer une trahison. Adrien Baron a quant à lui bien des raisons d’être vert de rage. Cette élection à la présidence de la communauté d’agglomération du nord Basse-Terre lui était acquise. Arithmétiquement, celui qui a bataillé aux côtés de Claudine Bajazet pour les municipales étaient à priori assuré d’obtenir 22 suffrages. Deux lui ont manqué.  Tout laisse à penser – comme nous le laissions entendre du reste – que des voix de la majorité de Sainte-Rose, se sont déportées. De bonnes sources, l’on sait que Claudine Bajazet, le maire de la commune n’était pas très emballée par l’idée de faire roi Adrien Baron. D’ailleurs l’intéressé a dit clairement être convaincu d’avoir perdu à cause des élus de sa commune.

Les codes d’honneur volent en éclat

Ce dernier a pourtant mouillé le maillot et littéralement porté sa campagne des municipales. Des considérations dont l’édile en chef sainte-rosienne se serait vite affranchie visiblement. Les socialistes n’y ont vu que du feu. Ils étaient tellement assurés de la victoire, qu’un orchestre avait été prévu. Autant dire que la pilule a du mal à passer. Certains crient la trahison. D’autres voix s’élèvent pour s’indigner de ce qu’il reste des codes d’honneur et de la morale en politique. C’est faire semblant d’oublier que ces valeurs ont volé en éclat depuis bien longtemps. Ce qui ne justifient en rien de telles postures qui font le lit de la défiance exprimée à l’égard des élus.

Ce regard de Guy Losbar qui en dit long (Photo : Daniel Martias – LE PIGE Guadeloupe).
Un calcul politique assumé ?

Ainsi, le maire de Sainte-Rose aurait fait un calcul politique très simple. Et au diable la trahison. Adrien Baron, président de la CANBT, était contraire à ses plans dans la perspective des prochaines municipales. Sachant qui plus est qu’on lui prête clairement l’intention à Sainte-Rose de vouloir placer son fils. En plus d’autres ambitions sénatoriales, dit-on. C’est que Claudine Bajazet a de la suite dans les idées. Encore fallait-il que GUSR trouve les arguments pour jouer sur cette faille en ayant l’assurance d’un vote en faveur du candidat Losbar à la présidence. La suite des évènements est maintenant connue. Claudine Bajazet se retrouve 1ère vice-présidente. Baron passe par-dessus bord.

Et si Adrien Baron n’avait été qu’un leurre

Reste que cette élection à la CANBT laissera des traces au sein du conseil municipal de Sainte-Rose et côté socialiste. Le nord Basse-Terre était l’un des derniers espoirs de cette aile de la gauche locale de sauver les meubles. Et de contenir la marche en avant de Guadeloupe Unie. Raté. Pourtant le PS ne pouvait pas ignorer ce risque, eu égard aux enjeux politiques sainte-rosien. On n’ose imaginer que la candidature d’Adrien Baron à la présidence de la CANBT était un leurre. Mais la tentation est grande.