Carnaval : la défiance va-t-elle l’emporter en Guadeloupe ?

Crise sanitaire oblige, les déboulés étaient interdits pour ce carnaval 2021 en Guadeloupe. Pourtant dimanche gras, des carnavaliers défilaient à Pointe-à-Pitre. L’autorité préfectorale en prend un coup.

Or donc, il est visiblement interdit d’interdire le carnaval en Guadeloupe. Avec la présence désormais confirmée du variant anglais du covid-19 sir notre territoire, les restrictions imposées paraissaient tomber sous le sens. Elles prévoyaient l’interdiction des défilés et autres grands rassemblements. Les autorités l’ont rappelé maintes, avec menaces de verbalisation des contrevenants, qu’ils soient participants ou organisateurs.

Pour autant, on a bel et bien assisté dimanche gras, à un vrai déboulé en région pointoise. Un déboulé avec des carnavaliers dont certains ont pris le soin de porter le masque – quoi de plus normal pour le carnaval. Histoire d’en rire. Et qui ont fait vraiment tout ce qu’ils ont pu pour respecter au minimum quelques distanciations physiques. Très aléatoires, il faut l’admettre.

Ni VIM, Ni AKIYO

Après vérifications, il se confirme que les groupes VIM et AKIYO n’avaient rien à voir avec cette organisation. VIM n’était pas dans les rues. Quant au mouvement culturel AKIYO, il est juste sorti de son local de Chauvel Abymes, pour faire le tour du giratoire situé à proximité immédiate. Ce déboulé clandestin est parti visiblement du Palais de la mutualité à Pointe-à-Pitre, pour ensuite arpenter les rues de la ville, mais aussi du Raizet et de Grand-Camp aux Abymes. Le tout sans que les autorités ne soient en capacités d’agir. Ce qui pose question à l’entame des jours gras et d’ici au mercredi des cendres. Il parait évident que faire intervenir la force publique aurait été la pire des décisions hier dimanche.

Le préfet acculé ? Certainement pas. Mieux, il jubile !

Reste à savoir à présent comment vont réagir les autorités. Elles sont confrontées à une défiance sans précédent. On est loin de la fermeté avec laquelle l’ancien préfet Philippe Gustin avait imposé un couvre-feu pour le long week-end de Pâques l’an dernier. Mais personne ne nous fera croire que l’autorité préfectorale ne savait pas ce qui se tramait pour ce dimanche gras à Pointe-à-Pitre. L’information circulait sur les réseaux sociaux depuis plusieurs jours.

Le pouvoir central aurait voulu faire porter le chapeau de l’explosion à craindre des cas de covid-19 en Guadeloupe, aux guadeloupéens irresponsables qu’il ne se serait pas pris autrement. Peut-être fallait-il laisser libre cette voie, comme on l’apprend dans les stratégies de maintien de l’ordre, pour laisser opérer l’exutoire. Cet exécutoire qui permettra sans doute de mieux faire accepter un possible reconfinement. Libre à chacun de placer comme ça l’arrange en Guadeloupe, le curseur de la responsabilité.