Chlordécone : Olivier Serva à l’épreuve du courage politique ?

Face au risque d’enterrement du dossier du chlordécone, le député LREM veut déposer une loi pour rendre imprescriptible ce scandale. Jusqu’à ce qu’il soit rappelé à l’ordre ?

Olivier SERVA dit « non à la prescription » des faits de pollution de nos terres au chlordécone. Des faits qui ont contribué à rendre malades de nombreux compatriotes. Le député LREM dit également souscrire totalement au combat des victimes pour la reconnaissance juridique de leurs souffrances et pour leur réparation. Rappelons que trois associations de Martinique et quatre de Guadeloupe ont été auditionnées en visioconférence par deux juges d’instruction du pôle santé du tribunal judiciaire de Paris.

Faire trainer pour mieux étouffer ?

Ces auditions intervenaient 14 ans après le dépôt de leur plainte en 2006 pour mise en danger de la vie d’autrui du fait de la pollution des terres guadeloupéennes et martiniquaises au chlordécone. Ces actes de procédure qui s’inscrivent dans un dossier particulièrement sensible, précise le député, ont laissé apparaître des doutes de la part des juges d’instruction sur une éventuelle prescription de l’action au regard du caractère ancien des faits.

Une humiliation inacceptable

Si les juges considéraient effectivement l’action prescrite, dixit Olivier Serva, cela serait une humiliation inacceptable pour les victimes. Et, au-delà, pour les guadeloupéennes et les guadeloupéens. Maître Harry DURIMEL, avocat des parties civiles dans ce dossier et également Maire de la Ville de Pointe-à-Pitre, l’ayant sollicité, le Député de la 1ère circonscription s’associe à l’indignation collective dans ce dossier.

Chiche !

Dans le prolongement de cette sollicitation et sur proposition du leader du REV-Guadeloupe, le Député indique avoir adressé une lettre au Président de la République. Lettre dans laquelle il l’informe qu’il compte déposer une proposition de loi en faveur de l’imprescriptibilité des infractions liées à la pollution au chlordécone afin que les victimes puissent recevoir réparation. Au-delà de cette déclaration d’intention, la question est de savoir si le député LREM sera vraiment en capacité d’aller jusqu’au bout de sa démarche. L’avenir proche nous le dira.