Christian Baptiste : « les EPCI ne doivent pas servir des intérêts électoraux à venir »

Le maire de Sainte-Anne revient sur sa défaite à la présidence de la CARL. Il en profite pour rétablir certaines vérités. Entretien.

La rédaction :  Vous briguiez la présidence de la CARL face à Cédric Cornet. On connait la suite. La défaite est digérée ? 

Christian Baptiste : Tout d’abord, rien à digérer.  Juste un constat d’une défaite organisée en amont pour servir le jeu politique. Non l’esprit et l’intérêt communautaires. Mais en tant qu’homme politique je me sens gagnant, résilient et fier de la bataille menée dans le respect des valeurs que j’ai toujours véhiculées. Je n’ai aucun regret !

La rédaction : Vous avez souhaité rétablir s’agissant de cette élection certaines vérités. Lesquelles ? 

Christian Baptiste : Ma démarche pour cette élection était beaucoup plus respectueuse du vote démocratique des électeurs de notre territoire. Une gouvernance partagée avec les majorités respectives, dans un esprit communautaire. En ce qui me concerne, il n’a jamais été question de mettre Saint-François de côté, ce que je démens catégoriquement. La répartition actuelle des postes de vice-présidents démontre bien que cette volonté partisane n’était pas la mienne.

Le GUSR a trouvé des appuis hors de ses rangs dès qu’il avait la possibilité de faire tomber les forces progressistes.

J’étais aussi pour une candidature unique, faisant valoir avant tout l’intérêt communautaire. Et pas les pratiques politiciennes archaïques. Je déplore évidemment la non-représentation de ma majorité ce qui est antidémocratique et ne correspond pas au vote des électeurs. Les EPCI ne doivent pas servir à la politique politicienne et des intérêts purement communaux ou électoraux à venir. Les Saintannais sont lésés dans ce bureau communautaire. Ce qui s’est passé pour la communauté du Sud Basse Terre ou la CARL n’est pas dans ma vision politique du rôle. Et encore moins du fonctionnement des communautés d’agglomération.

La rédaction : Comment jugez-vous les premières actions du nouveau président de la CARL et sa feuille de route ? 

Christian Baptiste : Je ne peux porter un jugement sur 1 ou 2 actions qui me paraissent à priori judicieuses mais il s’agit maintenant de les mettre en œuvre pour le bien communautaire. Beaucoup d’éléments du programme du nouveau président étaient déjà dans les tiroirs de l’ancienne équipe.

La rédaction : Pour vous Cédric Cornet est désormais inféodé à GUSR ? 

Christian Baptiste : Pas nécessairement. Le GUSR a trouvé des appuis hors de ses rangs dès qu’il avait la possibilité de faire tomber les forces progressistes. Le soutien de Galas en est un exemple, alors qu’il a sa carte LR. On peut citer aussi la 3ème VP de la CARL, Mme Sinivassin, sa colistière, qui s’affiche clairement à droite. Cependant je vous laisse le soin de poser la question à Cédric Cornet.

La rédaction : Quel regard portez-vous sur les dernières évolutions du dossier de l’eau ? Et sur ce syndicat mixte ouvert qui doit voir le jour le 1er août prochain ? 

Christian Baptiste : Ma vision a toujours été pour une structure unique de l’eau en l’occurrence maintenant le Syndicat Mixte Ouvert. Ainsi que pour la sauvegarde des emplois. Je garde un regard attentif, dubitatif quant à la suite de ce dossier. Car il s’agit surtout de fédérer toutes les bonnes volontés. Aussi faut-il être empreint de cet esprit de solidarité.

La rédaction : Il fallait à tout prix éviter la dissolution du SIAEAG pour ne pas plomber les comptes de la CARL ? 

Christian Baptiste : Il fallait surtout éviter de mettre des femmes et des hommes dans des situations cahotiques. Le SIAEAG a autant de créances que de dettes…

La rédaction :  Vous êtes dorénavant le seul maire PPDG, après la perte de Pointe-à-Pitre. Comment éviter l’extinction du parti ? Que préconisez-vous ? 

Christian Baptiste :  Oui effectivement. Je suis le seul maire PPDG mais pas le seul maire progressiste.  Aussi le seul maire de la Carl à retrouver son fauteuil. Fort de mon mouvement politique le FARDS avec un nombre de militants croissants. Et désireux de faire rayonner nos valeurs sur le territoire de Sainte Anne, voire au-delà.  En ce qui concerne l’extinction du Parti, nous discuterons tous ensemble Président, membres du Conseil Politique et militants. Des positions et décisions sont à prendre pour mobiliser, unir les forces progressistes et humanistes de la Guadeloupe.

Oui effectivement. Je suis le seul maire PPDG mais pas le seul maire progressiste. Le PPDG ne mourra pas tant qu’il y aura des femmes et des hommes qui défendent ses valeurs.

Le PPDG ne mourra pas tant qu’il y aura des femmes et des hommes qui défendent ses valeurs. Il faut poursuivre notre travail de réflexion sur les destinées de notre archipel. 

La rédaction : La gauche socialiste et progressiste n’est pas au mieux. C’est le moins que l’on puisse dire. GUSR a marqué des points et tissé sa toile lors des dernières élections. N’êtes-vous pas condamnés malgré vous à être les spectateurs des prochaines régionales ? 

Christian Baptiste : Le GUSR comme tout parti politique est dans son rôle, il n’est pas le seul mouvement politique de gauche. 

Pour les prochaines échéances électorales, je suis confiant, fermement ancré au sol, enraciné dans mes valeurs profondes et je vous prie de croire que nous ne serons pas spectateurs !

La rédaction : A défaut, qui pour porter les couleurs du PS, du PPDG et de vos alliés pour les régionales à venir ? 

Christian Baptiste : Je laisse le PS s’exprimer en ce qui les concerne. Pour notre Parti, le PPDG et particulièrement mon mouvement le Fards nous pensons nous réunir dans les prochains mois. Et nous vous informerons en temps et en heure.

La rédaction : Vos ambitions communautaires n’étant plus d’actualité, place j’imagine, vous concernant, au recentrage sur Sainte-Anne ?

Christian Baptiste : Les ambitions majeures du Président du FARDS ont toujours été Sainte-Anne et les Saintannais. Les ambitions communautaires étaient légitimes car nous appartenons à la CARL et la présidence se devait de tourner. En tant que Maire de Sainte Anne, j’ai toujours été centré sur le développement de mon territoire. L’assainissement des finances sur cette mandature passée, ouvre maintenant la genèse de notre contrat de mandature pour servir l’intérêt général de mes concitoyens. Il y a encore beaucoup à faire sur Ste Anne

Mais un homme politique a pour vocation de briguer des postes pouvant lui permettre de porter encore mieux les ambitions de son territoire en particulier et en général. Mes ambitions sont celles-ci !