Compétences locales : Stop aux humiliations, le coup de gueule de Victoire Jasmin

La sénatrice socialiste dénonce avec force le sort réservé aux diplômés guadeloupéens, cadres reconnus et compétences locales. Nous publions sa prise de position virulente et courageuse.

Enfin ! Une voix s’élève pour dénoncer ce qui semble être à l’œuvre en Guadeloupe. Cette escalade du mépris envers les compétences guadeloupéennes. Il faut saluer ce coup de gueule de la sénatrice Victoire Jasmin pour s’opposer à l’inacceptable. Dans ce texte qu’elle nous autorise à publier, la parlementaire guadeloupéenne rappelle en préambule sa récente intervention au Sénat.

Les postes d’encadrement ne bénéficient pas à nos jeunes ou moins jeunes diplômés. Nous n’avons pas le droit de laisser faire une telle démarche contre nous-mêmes. Malheureusement avec l’aide de certains d’entre nous qui préfèrent être bien vue avec les yeux des autres plutôt que de se regarder dans leur propre miroir

Le 18 novembre dernier Victoire Jasmin indique avoir demandé à la ministre du travail Elisabeth BORNE si nos jeunes de 18 à 25 ans et jusqu’à 30 ans ne méritaient que des emplois civiques. Alors, a-t-elle ajouté, que nos jeunes diplômés qui étudient sur les mêmes bancs que d’autres n’obtiennent pas les postes d’encadrement chez nous où il y a un véritable entre soi au mépris de tous.

Une charge puissante et argumentée

« L’éducation nationale propose 600 emplois civiques. Des communes de plus en plus nombreuses en proposent. Ce gouvernement a supprimé à son arrivée les emplois aidés, laissant les associations et autres bénéficiaires sans solutions, ni aucune véritable solidarité » déclare la sénatrice. « Aujourd’hui pour masquer les chiffres du chômage on propose à tous nos jeunes qui sont pour la plupart diplômés d’être des êtres sans valeurs sans perspectives et sans âmes. Je dénonce cette démarche qui dévalorise nos jeunes et les contraignent à partir. L’apprentissage est en panne. Guadeloupe Formation n’a pas été correctement pilotée et a du mal. C’est est une structure qui doit jouer correctement et pleinement son rôle. Le RSA explose en Guadeloupe. La pauvreté augmente et les familles sont de plus en plus dans la précarité, la pauvreté » poursuit-elle.

Le coup de trop au GIP RASPEG

Et la sénatrice socialiste d’ajouter. « Maintenant la CGSS recentralise progressivement vers l’hexagone ses services, interrompt la mise à disposition de la directrice générale du GIP RASPEG. Celle qui pendant 10 ans a monté cette structure innovante et qui a su faire un travail de gestion exceptionnel, dans la transparence et avec une rigueur inégalée est rétrogradée comme simple cadre de la CGSS. C’est l’humiliation permanente et constante c’est inacceptable dans le pays de grands combattants qui ont su garder la tête sur les épaules et regarder droit dans les yeux leurs destructeurs. Une femme guadeloupéenne n’a apparemment pas le droit d’être directrice d’une structure de ce type. Alors que la grande cause du quinquennat c’est la lutte contre les violences faites aux femmes. J’attends de voir qui sera le ou la nouvelle directrice de cette structure ».

Un complot organisé

Victoire Jasmin va encore plus loin en évoquant un vrai complot et un démantèlement organisé contre la Guadeloupe, les guadeloupéens et guadeloupéennes. « Les postes d’encadrement ne bénéficient pas à nos jeunes ou moins jeunes diplômés. Nous n’avons pas le droit de laisser faire une telle démarche contre nous-mêmes. Malheureusement avec l’aide de certains d’entre nous qui préfèrent être bien vue avec les yeux des autres plutôt que de se regarder dans leur propre miroir. Je ferai tout dans les limites de mes possibilités pour tenter de faire cesser ces pratiques qui sont d’un autre temps. Nous sommes tous responsables de notre devenir collectif » écrit-elle au surplus.

En conclusion, la sénatrice de Guadeloupe indique vouloir saisir l’opportunité de la date du 25 novembre 2020 pour dénoncer les violences faites aux guadeloupéens et guadeloupéennes dans leur ensemble. Et surtout ce qui est à l’œuvre contre l’emploi et la reconnaissance des femmes diplômées dans ce pays.