Conflit des Sablières de Guadeloupe : place aux stratégies de com

La grève qui affecte les Sablières de Guadeloupe depuis près d’un mois, se déplace sur le terrain de la communication. A qui profitera cette stratégie ?

Il est des conflits sociaux dont on parle peu. Car ils ne perturbent pas notre quotidien et restent circonscrits à un secteur qui n’impacte pas nos besoins primaires. C’est le cas du conflit qui affecte depuis le 16 novembre dernier, les Sablières de Guadeloupe, à Rivière-Sens Gourbeyre. Si les conséquences du blocage en cours ne bousculent pas les habitudes des guadeloupéens, dans le secteur du BTP et de la construction, ce n’est pas la même musique. Certains chantiers – et non des moindres – commencent à pâtir de l’absence de livraisons de matériaux.

Les tentatives de médiations mises en œuvre n’ont pas franchement permis de trouver une issue au conflit. Elles ont néanmoins contribué à déminer le terrain. Dans l’intervalle, selon nos informations, les revendications des grévistes ne se limiterait plus qu’à trois points. A savoir, l’intégration des intérimaires, la discussion d’une prime de risque dans le cadre de la branche et la convocation des NAO.

Pas de discussions sans déblocage

La direction avait accepté le principe de la médiation sur l’insistance de la présidente du tribunal. Laquelle avait demandé aux grévistes de débloquer l’accès à la carrière lors de l’audience du 26 novembre 2020. En vain. Cette médiation s’est quand même tenue, en dépit du blocage des accès, en présence de la direction des Sablières. Aujourd’hui, celle-ci réclame le déblocage de son site. De même que la possibilité pour les non-grévistes de travailler et que les livraisons puissent reprendre. Parallèlement, les négociations pourraient se poursuivre sereinement.

En réponse, les grévistes ont voté la poursuite du mouvement et ils maintiennent le blocage. On a appris ensuite que la carrière de Deshaies était également bloquée. La reprise du dialogue paraît compromise dans ces conditions. Une nouvelle audience est prévue au tribunal de Basse-Terre, mardi prochain 11h.

Bataille de communication ?

Parallèlement, c’est sur le front de la communication que le conflit se déplace. Les grévistes tentent de rallier l’opinion à leur cause via les réseaux sociaux. De son côté, la direction des Sablières de Guadeloupe a fait preuve d’audace en déployant une stratégie de communication positive dans le quotidien local. Mais aussi par voie digitale. Une communication qui donne à voir sur l’histoire, les métiers, les salariés, les produits et la vie sociale de l’entreprise. Sans oublier son implication sociétale.

En témoigne le soutien apporté à la voile traditionnelle et aux jeunes qui pratiquent cette discipline depuis plusieurs années. « Les Sablières de Guadeloupe participe à la vie sociétale du territoire en contribuant discrètement à de nombreuses actions par le biais de mécénat » peut-on lire sur cette pleine page.

Une cible de choix : l’opinion

Les derniers conflits sociaux qui ont fait l’actualité de notre département le prouvent. Le point de basculement réside souvent dans la capacité des parties à convaincre l’opinion. Cette adhésion peut prendre plusieurs formes. Soit un engagement exponentiel et viral via les réseaux sociaux. Soit un total désintérêt. Ce qui au demeurant ne fait guère l’affaire des grévistes et peut les obliger à revoir leur stratégie quand « ça ne prend pas au sein de la population ». A quelques jours des fêtes de fin d’année, il est en outre difficile de parier sur l’effet médiatique espéré. La semaine qui s’annonce sera donc décisive dans ce conflit. La partie qui a le mieux communiqué a sans doute un coup d’avance.