Corsair : c’est dans la poche pour les investisseurs antillais

Le tribunal de commerce de Créteil a définitivement homologué le plan de restructuration de Corsair. Les repreneurs antillais de la compagnie peuvent jubiler.

C’est donc un grand jour pour le monde économique guadeloupéens et plus généralement antillais. Le tribunal mixte de commerce de Créteil a définitivement homologué le protocole de conciliation qui permet le rachat de la compagnie par ses nouveaux actionnaires majoritairement guadeloupéens.

Après la décision vendredi dernier de la commission européenne de valider les aides mobilisées par l’Etat pour accompagner le sauvetage de Corsair, il appartenait à cette juridiction commerciale d’homologuer le plan de restructuration proposé. C’est donc chose faite. L’affaire paraissait déjà pliée, puisque lors de l’audience fin novembre, le tribunal n’avait rien trouvé à redire sur ce plan de sauvetage.

Finaliser le tour de table

Cette homologation actée, le nouveau tour de table va pouvoir s’atteler à intégrer au capital d’ici au 31 décembre au plus tard, les autres actionnaires désireux d’accompagner ce projet.  Parmi ceux-ci, la Région-Guadeloupe et la collectivité de Martinique notamment.

Rappelons que l’État s’est fortement impliqué dans la réussite de ce plan de sauvetage, en contribuant à hauteur de 141 millions d’euros au plan de financement de 297 millions d’euros de Corsair. Le transporteur était placé jusqu’ici sous le régime de la conciliation judiciaire.

Une opération historique pour la Guadeloupe et les outre-mer

Ce sont tous ces éléments qui étaient soumis à l’homologation du tribunal mixte de commerce de Créteil. Ce feu vert définitif consacre l’aboutissement d’une opération de grande envergure dans ce secteur de l’aérien à l’échelle de nos régions et pour notre économie. Une première historique pour les outre-mer.

Dans un communiqué Corsair a réagi à cette décision. « Un accord avait été signé le 25 novembre 2020 entre Corsair, l’Etat et un consortium d’investisseurs. Cet accord a présenté une solution de financement collectif permettant à Corsair de surmonter la crise. Et d’assurer la pérennité de son activité. Le tribunal de commerce de Créteil a prononcé l’homologation de cet accord le 17 décembre 2020. La finalisation de l’opération devrait intervenir d’ici la fin de l’année » précise la direction de la compagnie.

La concurrence préservée

Pour rappel, l’accord en question prévoit une contribution financière globale de près de 300 millions d’euros. Il garantit le sauvetage de la compagnie. Dans le contexte de crise inédite que traverse le secteur du transport aérien, Corsair va pouvoir se restructurer et mettre en œuvre un projet stratégique ambitieux. C’est ce dont se réjouit en substance la direction de la compagnie. L’ambition est de renforcer le positionnement du transporteur comme acteur majeur des dessertes des Outre-mer .

Pour Corsair, « l’Etat confirme ainsi sa volonté de soutenir le transport aérien français. De préserver l’emploi dans un secteur particulièrement affecté par la crise. Mais aussi de maintenir un nombre suffisant d’acteurs sur les dessertes des Outre-mer. Conformément à la règlementation, les décisions autorisant les aides de l’Etat en faveur de Corsair ont été notifiées par la Commission Européenne le 11 décembre 2020 » a tenu à rappeler la compagnie.

Un positionnement de compagnie aérienne des outre-mer

Pascal de Izaguirre le PDG de Corsair qui devrait être maintenu dans ses fonctions a commenté la décision en ces termes. « Je souhaite remercier à nouveau l’ensemble des acteurs qui ont contribué à finaliser cet accord. Et plus particulièrement le tribunal de commerce de Créteil pour son suivi exemplaire dans une période contraignante » a-t-il indiqué. « Nous allons désormais nous consacrer à la mise en œuvre du projet de nos nouveaux actionnaires et faire de Corsair LA compagnie des Outre-mer » a-t-il conclu.