Covid-19 : Le CESER de Guadeloupe fait ses premières recommandations pour la relance

Le conseil économique et social de Guadeloupe dévoile une ébauche de réflexion sur la crise du coronavirus. Il relève de nombreuses opportunités à saisir.

Relever méthodiquement les défis du déconfinement et de la relance des activités en Guadeloupe. C’est l’intitulé de ce document fruit de la réflexion du CESER et signé de son président Christophe Wachter. Le conseil économique et social régional avait été invité à mener une large consultation de la société civile. L’objectif était de recueillir les attentes et les propositions, pour envisager la relance économique post-crise.  Le CCEE de Guadeloupe, le Conseil départemental, les Maires et les EPCI, ont été associés à cette consultation.

Le point d’étape de cette mission est présenté sous la forme d’une communication du président du CESER. Il servira de base aux échanges qui auront lieu dans un deuxième temps avec les collectivités et organisations publiques associées. Et ensuite à des travaux plus approfondis, jusqu’à revêtir la forme d’un avis réglementaire.

La parole citoyenne se libère

« Cette période a révélé que les mécanismes de socialisation ont permis de répondre au besoin de contact lié au confinement. La situation a consacré le social media comme source d’information privilégiée », note encore le CESER. Parfois au détriment des médias traditionnels. Ce qui a engendré un développement positif de réseaux d’entraide, ainsi qu’une forme de libération de la parole citoyenne. Et le président Wachter d’ajouter. « Il apparaît que l’un des principaux enjeux du moment est l’évitement de la crise psychologique. Et de ses conséquences en termes psychosociologiques ».

 Il apparaît que l’un des principaux enjeux est l’évitement de la crise psychologique. Et de ses conséquences en termes psychosociologiques

Oser enfin poser les vraies questions

Le CESER pose en outre une question d’importance. Y a-t-il une logique à faire redémarrer un système dont la structure institutionnelle et économique est régulièrement remise en question ?  Non sans faire le constat suivant. « Ce contexte imprévisible de crise pandémique vient au surplus se greffer sur le dossier de l’eau et de l’assainissement. Un dossier qui demeure central et extrêmement problématique ».

Par ailleurs, le besoin pour le citoyen guadeloupéen de s’adapter à la situation de confinement, mis en exergue l’émergence de solutions spontanées. Entreprises innovantes, organisations, mouvements, groupes de réflexion. Le reflet d’une appétence toujours renouvelée de participation et de prise de responsabilité en commun.  Cela s’est manifesté selon le président du CESER, à tous les niveaux de la société guadeloupéenne.

Seule la dette pourra financer la relance

Dès lors, il revient à la société civile organisée de jouer pleinement son rôle de médiateur entre les pouvoirs publics et les citoyens afin de promouvoir ces notions d’intérêt général et d’effort collectif. Des axes qui s’imposent naturellement lorsque la société guadeloupéenne est confrontée à des circonstances exceptionnelles, est-il indiqué en substance.

« La crise a provoqué des déséquilibres dont l’ampleur détermine les actions à engager dans une optique de relance » écrit le président Christophe Wachter. « Comme cela avait déjà été le cas en 2008, le plan de relance ne pourra être financé que par la dette. Laquelle augmentera inévitablement en 2020 compte-tenu du coût du chômage partiel ».

Une nouvelle doxa guadeloupéenne

Le CESER plaide en faveur d’une nouvelle doxa guadeloupéenne fondée sur de nouveaux réflexes territoriaux. La réussite d’un tel exercice dans une période aussi sensible dépend de la mobilisation de plusieurs clés de lecture. Pour faire sens, cette ambition doit être construite autour de quatre objectifs. Un Pacte républicain respectueux du rôle du service public comme facteur d’intégration dans le corps social. Une approche globale et réaliste sur le développement économique, social et humain du territoire guadeloupéen et de sa population. Une culture de confiance et une recherche de crédibilité entre des acteurs de terrain, autour d’un projet collectif. L’exclusion de toute posture dont le caractère idéologique ou politique, affirmé ou masqué, qui remettrait en cause la recherche d’objectivité attachée à ce travail.

Des pistes sérieuses pour l’avenir

A ce stade de sa réflexion le CESER énonce plusieurs recommandations. Des éléments de base à approfondir en concertation avec les décideurs et les partenaires sociaux. Au nombre de celles-ci, s’inspirer du cadre de référence proposé par la différenciation territoriale, poursuivre les travaux en cours (congrès) au sujet de la décision publique au niveau local. Mettre en place un outil de pilotage stratégique de sortie de crise, sous l’autorité la CTAP. Investir la région d’une compétence permettant de miser sur l’économie du littoral. Promouvoir une approche basée sur la demande et les besoins en matière de santé. Repenser la démocratie sanitaire sur la base de l’intégration de l’expérience locale.

Sortir de l’immobilisme fatal

Le CESER recommande aussi de déverrouiller les problématiques générales de l’eau, de l’assainissement et de la congestion routière. Il invite à sortir de l’immobilisme fatal et à replacer la Guadeloupe dans un processus sécurisé, dynamique et vertueux. Cela pourrait passer par plusieurs autres propositions. Conforter les positions des collectivités territoriales comme premier échelon de l’action publique de proximité. Ou encore identifier les nouveaux domaines d’intervention économique liés au contexte de crise sanitaire et de déconfinement.

S’agissant des opportunités offertes par cette crise. Le conseil économique et sociale suggère de développer un mode de production basé sur la proximité des acteurs et la flexibilité des réseaux.  Il propose d’élaborer un plan de relance du secteur du BTP et d’indexer son financement sur la dette publique. Enfin, le CESER recommande d’ériger la Guadeloupe en territoire pilote de déconfinement territorial et de lancer une campagne de promotion du tourisme solidaire. Tout cela est à creuser. Mais des bases solides de réflexion sont posées.

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