Covid-19 : le spectre d’un reconfinement en Guadeloupe ?

L’alerte lancée par le directeur du CHU à l’attention du préfet et de la directrice de l’ARS fait craindre le pire. Les prochains jours seront déterminants.

Nous y voilà sans doute. Hélas. Cette crainte non avouée d’une 2ème vague de propagation massive du covid-19 s’avère de plus en plus fondée. Voilà déjà plusieurs semaines que le nombre de cas confirmés augmente de manière très inquiétante. Désormais, c’est la proportion de patients atteints par les formes graves de la maladie qui grimpe en flèche. Au point d’obliger le directeur général du CHU, Gérard Cotellon à alerter le préfet et la DG de l’ARS.

N’est-il pas déjà trop tard ?

Déjà, le 23 août dernier, le Plan Blanc avait dû être déclenché au centre hospitalier pour faire face à l’afflux continu et grandissant de patients. Mais devant la nette dégradation de la situation, un autre palier semble avoir été franchi.

Les autorités préfectorales et sanitaires savent ce qu’il leur reste à faire pour éviter une catastrophe. La Guadeloupe compte déjà 23 morts à cause du covid-19

Dans un courrier daté du 8 septembre et adressé aux autorités compétentes, le DG du CHU exprime clairement sa crainte. Celle d’une saturation de ses services à court terme. « Les écoles et instituts de formation ont été mobilisés depuis fin août, de même que les internes, redéployés pour renforcer la couverture médicale. Les agents ont été rappelés de leurs congés annuels, et certains départs en congés reportés. La prise en charge des patients covid se fait désormais au détriment de celle des patients non covid » indique Gérard Cotellon.

Le personnel soignant revit ses heures sombres

« L’établissement arrive ainsi au terme de sa capacité de réorganisation interne par ses seuls moyens. L’appel à la solidarité des établissements partenaires, publics et privés, a partiellement porté ses fruits, mais pourrait être approfondi » ajoute le directeur général du CHU. L’on apprend de même dans ce courrier que le chef du service de réanimation a élaboré deux nouveaux stades de gestion des flux de patients graves. Des stades supplémentaires « que le CHU ne pourra mettre en œuvre sans ressources extérieures au vu des normes sanitaires en vigueur » prévient la direction générale du centre hospitalier.

Les besoins du CHU clairement exprimés

Pour continuer à assurer les prises en charge de manière sécurisée le DG du CHU a listé six besoins. Au nombre de ceux-ci, l’octroi de renforts de la réserve sanitaire pour armer 8 lits de réanimation de plus. La réactivation au sein de l’ARS d’une cellule facilitant le transfert des patients du CHU vers les soins de suite et de réadaptation (SSR). Des lits de réanimation non covid au CHBT pour compenser la perte de capacité actuelle. La direction générale du CHU demande également, une réponse stratégique au niveau « ARS de zone », avec transferts rapide de patients. Notamment ceux qui seraient intubés-ventilés, vers d’autres territoires, Martinique et Hexagone compris.

Comment éviter le pire ?

Enfin, Gérard Cotellon a insisté sur les mesures préventives en matière de sécurité routière et de consommation d’alcool. Il s’agit là, de limiter le risque d’accident et mécaniquement l’afflux de patients réanimatoires. Ce qui risquerait de mettre encore plus le CHU sous tension, alors que la situation actuelle est déjà difficile à soutenir. « Ces mesures préfectorales ont déjà montré leur efficacité et leur reprise serait opportune à très court terme » défend le DG du CHU.

A la lecture de ce courrier, l’on comprend, que la situation sanitaire de la Guadeloupe, en cette rentrée scolaire, est sans doute plus grave qu’il n’y parait. Si le CHU devait être débordé et dans l’incapacité de traiter ses patients critiques, qu’ils soient atteints du covid ou pas, le pire est à craindre. L’hypothèse d’un reconfinement quant à elle n’est sans doute pas à écarter. Il y va de la vie de chacun d’entre nous et de ceux qui nous sont chers. Nos compatriotes doivent en prendre conscience et respecter les gestes barrières. De leurs côtés, les autorités préfectorales et sanitaires savent ce qu’il leur reste à faire pour éviter une catastrophe. La Guadeloupe compte déjà 23 morts à cause du covid-19.

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