Covid-19 : l’économie guadeloupéenne dans une crise majeure


La méthode Coué ne suffira pas. Les mesures gouvernementales encore moins. L’impact de l’épidémie du coronavirus sur l’économie guadeloupéenne est d’une violence inédite. Pas certain que nos décideurs politiques en aient pris la mesure.

L’étude que vient de publier l’institut Qualistat mesurant l’impact de l’épidémie de Covid-19 sur les entreprises de guadeloupéennes est claire. En plus d’être glaçante de vérité quant à la crise multiforme qui menace notre économie. Nos décideurs politiques ne pourront pas se cacher derrière leur petit doigt. Ni affirmer dans quelques mois, qu’ils n’ont rien vu venir.

C’est que la situation commande d’agir avec force dès à présent. Voici ce que nous apprend cette étude très documentée. 4 chefs d’entreprises sur 5 sont inquiets pour l’avenir de leur structure ou de leur activité professionnelle. 94% d’entre eux expriment la même inquiétude pour l’économie guadeloupéenne. Ils sont surtout 7 sur 10 à estimer que les mesures gouvernementales annoncées sont inadaptées.

Pas étonnant que les patrons guadeloupéens redoutent des faillites suite à cette crise du Covid-19. Et cela en dépit du fait que près d’une entreprise sur deux a eu recours aux mesures de chômage partiel, 1 sur 5 au télétravail et à la réduction de l’activité en back-office.

Pas de relance avant plusieurs mois

Mais l’élément le plus important réside dans la grande lucidité de nos décideurs économiques. Ils estiment que 9 mois seront nécessaires pour retrouver le niveau d’activité d’avant la crise. De toute évidence, les mesures gouvernementales de soutien aux entreprises et les dispositifs d’accompagnements mis en œuvre par les collectivités sont très loin du compte.

En conclusion, les collectivités majeures que sont la Région Guadeloupe et le Département, ont l’obligation d’emprunter massivement pour relancer l’activité, venir en aide aux entreprises en péril et financer les politiques de solidarité qui seront nécessaires si l’on veut éviter ici une explosion sociale sans précédent. Il faut se préparer à un choc dont seules les entreprises agiles se relèveront, au prix d’une casse sociale sans précédent. Feindre d’ignorer ce spectre serait faire preuve d’une grande irresponsabilité.