Covid-19 : un député chargé d’une mission aux contours étranges dans les outre-mer

Le député LREM du Val d’Oise Guillaume Vuilletet est chargé d’une mission sur la place des Outre-mer dans leur environnement régional. Un sujet crucial. Effectivement.

Un parlementaire en mission hors-sol ou invité à aller se changer les idées au soleil ? Il y a de quoi s’interroger. Tant la réflexion pourtant très profonde qui lui demandée est très éloigné des urgences vitales pour les économiques ultramarines. Et singulièrement de la Guadeloupe. Au moment où nos entreprises évitent de licencier du personnel, c’est donc ce sujet qui inspire le gouvernement. La place des outre-mer dans leur environnement régional. Et les moyens de les accompagner dans cet environnement, profondément affecté par la pandémie du covid-19. Il fallait y penser.

Des milliers d’emplois menacés dans le tourisme et l’hôtellerie, mais pas seulement. Les compagnies aériennes desservant nos régions qui plongent chaque jour un peu plus dans la spirale du pire. Une reprise de l’activité qui n’est qu’une vue de l’esprit. Nos collectivités qui s’attendent à une rentrée sociale sous tension. L’octroi de mer. Et voici cette mission qui sort de nulle part. C’est bien connu, en politique il faut surprendre. Que Matignon se rassure. On ne l’a pas vu venir celle-là.

Quid de la délégation aux outre-mer 

Or donc. Le député LREM du Val d’Oise, Guillaume Vuilletet a donc été chargé par le chef du gouvernement d’une mission de la plus haute importance. Le parlementaire LREM est chargé d’effectuer un diagnostic sur les conséquences du covid-19 sur l’insertion régionale des outre-mer. Il devra analyser en particulier les axes habituels de coopération sous l’angle des relations bilatérales, comme multilatérales, à l’échelle de la région.

Ce parlementaire de la majorité en mission ne devra pas se louper sur les enjeux de connectivité des outre-mer, à la fois avec les pays voisins mais aussi avec l’hexagone. L’évolution de l’offre et de la structuration de transports aériens, comme de transports maritimes et de liaisons numériques doit constituer un élément central de son analyse. C’est ce que lui a indiqué le chef du gouvernement Edouard Philippe dans sa lettre de mission. La délégation aux outre-mer à l’assemblée nationale aura-t-elle son mot à dire dans l’affaire ? A-t-elle été associée à cette initiative ? Etrange tout de même que nulle référence n’en ait été faite par le 1er ministre dans sa lettre de mission. Sans doute un oubli.

Recommandations attendues mi-novembre prochain

« Vous formulerez des recommandations sur les moyens juridiques, financiers et opérationnels les plus adaptés pour permettre aux outre-mer de poursuivre leur insertion régionale. Et au plan national, de renforcer la résilience de la continuité territoriale, au-delà du strict champ des dispositifs gérés par l’agence de l’outre-mer pour la mobilité (LADOM) », précise encore le 1er ministre.

Pour réaliser ses missions, le député du Val d’Oise disposera de l’appui des services du ministère de l’Europe et des affaires étrangères. Du ministère de la transition écologique et solidaire, de Bercy également et du ministère des outre-mer. Il travaillera en relation étroite avec les ambassadeurs délégués à la coopération régionale pour les zones océan Indien et Antilles-Guyane. Ainsi qu’avec l’ambassadeur représentant permanent de la France auprès de la Commission du Pacifique Sud. Il est invité aussi, bien évidemment à se rapprocher des préfets dans les outre-mer ainsi que des élus des collectivités et institutions de ces territoires.  Ses propositions et recommandations sont attendues d’ici au 15 novembre 2020. Rien ne presse effectivement.