Covid : 34 morts en une semaine au CHU de Guadeloupe ?

Durant la semaine du 9 au 15 août 2021, le nombre de décès Covid au CHU s’est élevé à 34. L’hécatombe annoncée est en route. Hélas.

Il y a là de quoi faire froid dans le dos. Entre le lundi 9 et le dimanche 15 août dernier, pas moins de 34 patients sont décédés au CHU de Guadeloupe, victimes de formes graves du Covid-19. « Ce sont des chiffres vérifiés personnellement » nous a confirmé le directeur général du CHU, Gérard Cotellon. Ce chiffre ne tient pas compte des décès éventuels déplorés au CHBT. Ni de ceux des patients qui se sont éteints à leur domicile.

L’hécatombe annoncée et tant redoutée a malheureusement démarré dans notre département. Au rythme où vont les choses, elle pourrait s’avérer de plus grande ampleur qu’en Martinique.  Le dernier point de situation publié par l’ARS fait état de 16 décès supplémentaires depuis vendredi dernier. Le plus jeune avait 39 ans.

Le CHU demande aux familles de défunts de s’organiser

Dans une note d’information à l’attention des familles datée du 16 août courant, la direction du CHUG porte à la connaissance de ces dernières les éléments suivant suivants. On peut lire « qu’en raison de la crise épidémique et du grand nombre de décès au CHU de Guadeloupe, il vous sera demandé de prendre les dispositions nécessaires avec l’opérateur funéraire de votre choix pour la récupération du corps de votre défunt, au plus tard dans les 48 heures après le décès. Sauf en cas d’obstacle médico-légal. Les agents de la chambre mortuaire du CHU sont à votre disposition pour vous aider si nécessaire dans vos démarches ».

Déjà, ces derniers jours, il suffisait d’écouter les avis de décès sur les radios leaders de l’île pour mesurer cette augmentation inédite du nombre de morts déplorés sur le territoire. Pour les jours et semaines à venir, il faut craindre – sans le souhaiter – que la spirale du pire ne vienne alourdir davantage un quotidien déjà anxiogène au possible.

Un scénario pire qu’en Martinique ?

En cette fin de week-end du 15 août et alors que la Guadeloupe a entamé sa première semaine de confinement plus strict, jusqu’au 1er septembre prochain au moins, la chapelle ardente et la morgue du CHUG affichent complet. A l’instar de l’île sœur, il faudra s’appuyer sur les pompes funèbres de l’archipel et leurs chambres froides pour éviter la saturation des services mortuaires de l’hôpital.

Face à cette situation, il devient plus qu’urgent de se poser les bonnes questions pour nous éviter une catastrophe sanitaire et humaine sans précédent. Car ce qui s’annonce parait de toute évidence bien plus grave que le tribut payé ici lors des trois vagues précédentes de covid-19.

La conséquence d’une société devenue individualiste

Demain, il sera temps de chercher les responsabilités. Il sera temps également de compter les points et surtout – hélas – les morts. Aussi bien dans le camp des provax que dans celui des antivax. Idem pour ce qui concerne les défenseurs du pass sanitaire et à contrario leurs opposants les plus farouches. C’est la triste et brutale réalité des chiffres qui mettra sans doute tout le monde d’accord. Ou pas.

Aujourd’hui la Guadeloupe est face à elle-même, avec ses peurs, ses doutes, sa défiance. Avec aussi ses postures, ses excès et ses contradictions. Les positions de chacun doivent être entendues et respectées. Mais lorsque des vies sont fauchées par dizaines, alors qu’elles auraient pu avoir au moins une chance d’être sauvées, privilégier l’essentiel tombe sous le sens. Débattre et s’invectiver ne changera rien à l’affaire.

Réagir vite dans l’intérêt de tous

Chacun est libre évidemment d’agir comme bon lui semble. Reste que dans un tel contexte, lorsque cette crise sanitaire s’abat sur tant de familles guadeloupéennes, l’intérêt collectif ne doit-il pas finir par primer sur les individualités ? Face à un ennemi viral si redoutable. Si difficile à appréhender. D’une virulence rare et dont les variants sèment la mort et le désarroi, la Guadeloupe a maintenant l’obligation de faire bloc.

Il appartient donc à chacun de prendre ses responsabilités et de les assumer. Imaginons un instant quelles auraient été les réactions ici-même, si notre département avait eu un traitement différencié, par rapport aux autres régions de France, s’agissant de l’accès aux vaccins contre le covid-19.

La déferlante qui s’est emparée des réseaux sociaux autour de cette crise interpelle et inquiète. Parallèlement, est apparu sur Facebook, un groupe public dénommé « Témoignages Covid-19 Guadeloupe, soignants et malades ». Le nombre de ses membres ne cesse de croitre. Ce sont sans doute les personnes les mieux placées pour rendre témoignage, en toute objectivité, du drame que nous vivons et de ses conséquences à venir. Y compris sur notre économie.