Crise sociale : la Guadeloupe s’enflamme ?

Le bras de fer engagé par les organisations professionnelles depuis ce matin en Guadeloupe pourrait durer. Les acteurs du mouvement sont déterminés.

Depuis la nuit de mardi à mercredi, les principaux axes routiers du département sont tout simplement bloqués. Une situation qui s’est amplifiée au fil des heures. C’est la conséquence du coup de force du collectif des organisation professionnelles et du BTP. Il est difficile, voire impossible donc de circuler sur plusieurs axes.

C’est le cas à Jarry dont les voies d’accès sont entravées en plusieurs points. Blocage également au niveau du pont de la Boucan Sainte-Rose, à Grande-Ravine Gosier, au Rond-Point de Berlette à Morne-à-l’Eau. De même que dans le secteur de Perrin. Le giratoire de la kassaverie à Capesterre Belle-Eau était également bloqué. D’importantes perturbations étaient enfin signalées à Valkanaers à Gourbeyre. Mais aussi Rivière-Sens.

Un coup de chaud qui était prévisible

Les organisations professionnelles, le BTP en tête ont mis leur menace à exécution. Voilà déjà plusieurs semaines, qu’elles dénoncent une situation économique intenable, aggravée par les effets de la crise du covid sur leur activité. Outre le secteur du BTP qui lui est victime en plus du conflit interminable des carrière et des sablières. Sont venus gonfler les rangs de la mobilisation, les transporteurs, transports d’élèves et de personnes, auto-écoles et ambulanciers.

Toutes ces corporations crient leur colère ce matin. Elles dénoncent le manque d’accompagnement de l’Etat et des collectivités concernant la survie de leur activité. Ce coup de force est appelé à se poursuivre durant toute la matinée. Et peut-être même demain jeudi. Tant la détermination des leaders du mouvement est palpable. Jean-Yves Ramassamy, l’un des porte-parole du collectif,  nous indiquait n’être pas disposé à discuter avec qui que ce soit pour l’instant.

Ils ne veulent plus de réunions inutiles

« On nous a conviés à des rencontres successives depuis deux mois. Mais nous n’avons toujours rien vu venir. En attendant, nos entreprises continuent de s’enfoncer. Les choses ne se passeront pas comme ça cette fois. Nous ne sommes plus en mode survie. Nous sommes en train de couler » a-t-il déclaré en substance. Faute de réponses claires et immédiates à ce mouvement structuré et de grande ampleur, attention à l’embrasement. Autorités et collectivités sont prévenues. Il y a là quelques ressemblances avec les évènements de fin 2008, avec un fond de l’air encore plus explosif.