Décharges sauvages en Guadeloupe : à qui la faute ?

Certaines images ne servent pas le pays et encore moins nos compatriotes. Il faut que ça change. Nos élus sont-ils les seuls responsables. Certainement pas.

La Guadeloupe n’a jamais compté autant de déchetteries. Une bonne quinzaine au total. Certaines d’entre elles adaptent même leurs horaires pour coller au mieux aux attentes des administrés. A titre d’exemple, à Jarry, l’on peut jeter ses déchets verts ou autres le samedi après-midi. C’est un petit détail qui compte pour ceux, très nombreux, qui n’ont que ce jour pour faire leur jardinage. Idem pour ceux d’entre nous qui profitent du début de week-end pour faire du rangement. Toutes ces structures font de leur mieux pour éviter que notre environnement ne soit dégradé par les moins scrupuleux. Et pourtant, la réalité suggère la honte. Honte de voir le moindre sous-bois, la moindre savane à l’abri des regards transformés en décharges sauvages. Il n’est pas normal que ces incivilités se perpétuent de la sorte.

Durcir le ton

Certes, l’on peut déplorer que dans certaines localités des manquements en matière de ramassage des déchets ménagers et encombrants. C’est le cas notamment dans le nord Basse-Terre où beaucoup d’administrés se plaignent. Mais cela ne justifie pas que de vieux frigos, de vieilles machines à laver, matelas, sommiers, meubles, se retrouvent ainsi dans la nature.

Une vidéo de Maxime Gauthier, de l’association Clean My Island à Bouillante

De tels comportements ne sont plus tolérables. Sans parler des déchets de chantiers et autres gravats Nos maires et présidents d’EPCI doivent sévir. L’Etat également. A quand une vraie police de l’environnement pour lutter contre ce genre de dérives nuisibles pour le pays et pour nos écosystèmes ? Faut-il mettre des radars et des caméras de vidéo surveillance dans tous les coins et recoins de la Guadeloupe pour traquer les malpropres en puissance.

C’est ça la Guadeloupe sé tan nou ?

Elle est où « la Guadeloupe sé tan nou » avec de telles incivilités ? Il faut se réjouir que des actions citoyennes soient menées par des jeunes guadeloupéens éradiquer ces décharges sauvages. Mais à peine ces opérations coup de poing achevées, l’histoire se répète. Ce n’est pourtant pas faute de sensibiliser. Verbaliser sévèrement et faire des délinquants de l’environnement pris en flagrant délit des exemples pourrait marquer les esprits. Reste que pour sévir encore faut-il que les pouvoirs publics, nos collectivités en tête, soient d’équerre sur ce qui relève de leurs compétences en matière de collecte des déchets. Nous sommes face à une responsabilité collective intimement liée à nos comportements individuels. Voilà une noble cause et qui plus est d’actualité à défendre. A quand la prise de conscience réelle ?