Finances des collectivités : Bruno Blandin met la pression sur le gouvernement


Le président du MEDEF Guadeloupe, Bruno Blandin a adressé un courrier sans équivoque à la ministre des Outre-mer. Il demande des mesures spécifiques pour faire face à la crise du covid-19. En toile de fond, un rapport tenu secret sur les délais de paiement des collectivités locales.

Le président de l’UDE MEDEF Guadeloupe ne pouvait pas être plus explicite. Dans la lettre qu’il vient d’adresser à la ministre des outre-mer, Annick Girardin, le chef de fil du patronat guadeloupéen met les pieds dans le plat. « La période de déconfinement sera complexe et la relance des activités difficiles. Nous aurons besoin de mobiliser pleinement toutes les capacités des différents acteurs privés et publics. Ces derniers produisent 60% du PIB de notre territoire » a insisté le président Blandin.

Les communes encore plus dans le rouge

Et l’union des entreprises d’ajouter que dans ce contexte, les collectivités locales, dont les communes, ont un rôle majeur à jouer. L’ennui c’est que la situation déjà très dégradée de la sphère communale, le sera davantage. En cause, la baisse du produit de l’Octroi de mer consécutive à la rétraction de l’activité économique liée au confinement. Dans ce contexte, l’UDE prend les devants et interpelle dès à présent le gouvernement. « Les entreprises seront dans l’impossibilité de faire face à l’incapacité des donneurs d’ordre publics à payer leurs commandes effectuées » écrit Bruno Blandin. Le président du MEDEF Guadeloupe en appelle à des mesures spécifiques pour faire face à ces circonstances exceptionnelles.

Bancariser les créances des collectivités

D’ailleurs, le patronat local avance une solution pour permettre aux communes d’honorer leurs dettes envers les entreprises. La « bancarisation », contre rémunération, des créances des collectivités. Voilà plusieurs années que cette proposition est faite à l’Etat. « Si cette solution devait persister à ne pas être retenue… un dispositif s’inspirant du PGE mis en place par l’Etat pourrait permettre aux entreprises de faire face aux problèmes de trésorerie induits par cette crise » a ajouté le président du MEDEF Guadeloupe.

L’exemple de la Nouvelle-Calédonie

Ce dispositif exceptionnel précise l’UDE consisterait en une garantie d’emprunt covid-19 contracté par les collectivités locales auprès d’institutions financières, telles que la CDC. Objectifs : assurer le paiement en priorité des mandatements non exécutés par la DRFIP faute de crédit. Ensuite les commandes répondant aux nécessités de l’urgence et de la relance de l’activité pour ce qui les concerne.

Qu’advient-il du rapport Debrosse Pannier ?

« Cette proposition s’inscrit pleinement dans la logique du système de garantie par l’Etat des emprunts contractés par des autorités autonomes, telle que le gouvernement de Nouvelle-Calédonie, pour faire face aux nécessités du moment » a encore suggéré Bruno Blandin. Mais l’argument choc de ce courrier réside sans doute dans la référence faite au rapport Debrosse Pannier. Un rapport sur les délais de paiement des collectivités locales d’Outre-mer. « Il serait sans doute pertinent que soient exploitées les conclusions de ce document rendu en octobre 2019, dont les conclusions pourraient opportunément être rendues publiques ». C’est ce qu’a martelé subtilement le président de l’UDE-MEDEF Guadeloupe. A suivre.

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