Destination Guadeloupe : la relance oui, mais quand et comment ?

Eviter une vague de licenciements sans précédent. C’est ce à quoi s’emploient les acteurs du tourisme en Guadeloupe. Encore faut-il relancer l’activité. Et ce n’est pas gagné.

En politique c’est bien connu. Il y a le temps des annonces. Puis celui de leur mise en œuvre. Sauf que parallèlement, les comptes d’exploitation des entreprises n’arrêtent pas de tourner. Dans le sens des pertes, évidemment. Les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration, au même titre que les autres n’échappent pas à cette dure réalité économique.  Le plan gouvernemental de sauvetage du secteur est une chose. Les professionnels d’en tirer le meilleur bénéfice pour garder la tête hors de l’eau. Mais pour eux l’urgence, c’est la reprise.

Juillet/août et après on verra

Les comités de tourisme de Guadeloupe et de Martinique travaillent d’ailleurs de concert avec Atout France sur un plan de relance a-minima, pour juillet/août. Une stratégue plus ambitieuses est bien entendu dans les tuyaux pour le dernier trimestre 2020. A très court terme, deux interrogations demeurent pour affiner ce qui devra être mis en œuvre durant la période estivale. Qu’en est-il de la zone interrégionale Atlantique ? Composée de destinations toutes classées en zone verte (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Martin, Saint-Barthélemy). Elle permettrait de constituer un marché sécuritaire sur le plan sanitaire, tout en alimentant de façon plus consistante l’activité touristique qui fera l’objet d’une ouverture durant cette période. Ensuite, les outre-mer pourront-ils bénéficier de la campagne sur le thème « voyager en France » menée par le GIE en juillet et août ? A ce stade, ces questions sont sans réponses.

Trop de contraintes

Et puis, il y a ces autres contraintes majeures pour le secteur.  D’abord cet arrêté qui limite le nombre de vols. 2 rotations hebdomadaires à raison 350 passagers au total. Pour les liaisons régionales, 10 passagers en transit pour le transatlantique sous réserve, tous les vols étant soumis à autorisation préalable. La dernière contrainte a en partie été levée par le 1er ministre. Elles visent les touristes dont on ne sait toujours pas s’ils seront autorisés à voyager à destination des Antilles françaises durant les vacances. Les entreprises du secteur touristique pourront-elles survivre à un tel dispositif sans couverture de leurs pertes d’exploitation et rester ainsi sept mois sans aucunes recettes. Cela paraît très compliqué.

Le préfet dans le rôle du décideur final

L’on notera que le décret du 23 mars 2020 ne précise pas les motifs légitimes de déplacement autorisés en application de la loi d’urgence sanitaire. Par conséquent, faute d’être clairement définie l’exception du motif impérieux pourrait être inconstitutionnelle. Par ailleurs, selon un professionnel du secteur, il y a lieu d’être dubitatif sur le fait de différencier les arrivées de passagers par origine dans un même pays. Quant au risque sanitaire peut-il être mis en avant sachant que la Guadeloupe et la Martinique sont en vert ? Le chef du gouvernement Edouard Philippe a fixé un cap, une perspective, un champ du possible. La balle est donc dans le camp du préfet de Guadeloupe, Philippe Gustin pour la finition. Espérons juste qu’elle ne soit pas brute de décoffrage.