Dossier de l’eau : ces 3 EPCI qui veulent garder la main

Trois des EPCI de Guadeloupe proposent de créer une Société Publique Locale en remplacement du SIAEAG. Ils en constitueraient l’actionnariat.

Face à la volonté manifeste de l’Etat de dissoudre la SIAEAG, les présidents d’EPCI ne veulent pas rester inactifs. 3 d’entre eux, la CARL, la CANBT et la CANGT font bloc. Alors qu’une première réunion de concertation est prévue en ce début de semaine avec le préfet de région, ils viennent d’adopter une position commune. Position dont ils ont informé le représentant de l’Etat par courrier. Cap Excellence et Grand Sud Caraïbes ne sont visiblement pas de la partie.

Dans ce document, Guy Losbar, Cédric Cornet et Jean Bardail, présidents de leurs communautés d’agglo respectives, expriment leurs inquiétudes. Ils se disent convaincus que la dissolution d’office du SIAEAG met en perspective d’importantes difficultés. En termes de continuité de service public, de préservation de l’emploi et d’équilibre des finances communautaires.

Tirer le meilleur profit de la concertation annoncée

« Nous prenons acte de votre volonté d’ouvrir un cycle de concertation, tant politique que technique, à compter de la rencontre dont vous avez proposé la tenue le 22 septembre prochain. En sorte d’aboutir d’ici la fin de l’année 2020 à la prise d’un arrêté préfectoral qui tienne compte des enjeux multiples de ce dossier » écrivent-ils.

« C’est en ce sens que nous souhaitons vous informer de notre volonté d’assurer la continuité des services publics de l’eau et de l’assainissement, sur les territoires concernés par une éventuelle dissolution du SIAEAG, au moyen de la création d’une Société Publique Locale dont l’actionnariat serait composé par nos EPCI respectifs ». Voilà la proposition faite au préfet de région. Sur quoi cela peut-il déboucher ? Début de réponse sans doute dès cette semaine.

Une offensive estampillée GUSR ?

Les présidents Losbar, Bardail et Cornet ajoutent que leurs services ont conjointement finalisé les projets de statuts, entamé la modélisation de la future organisation de ces services publics. Un calendrier prévisionnel permettant d’assurer la transition entre les deux modes d’organisation et de gestion dans les meilleures conditions possible a également été élaboré.

Parallèlement, l’on apprend que le nouvellement élu président du SIAEAG, Ferdy Louisy a lui aussi adressé un courrier au préfet. Lettre dans laquelle il rappelle le volume des créances publiques non recouvrées de la structure, à savoir 18,5 M€.

Le président Louisy regrette que les services préfectoraux n’aient pas fait preuve des diligences nécessaires pour que ces sommes soient réglées. D’autant que certaines de ces créances font l’objet de décisions de justice favorables au SIAEAG et que des demandes de mandatement d’office ont été formulées.

La nouvelle présidence du SIAEAG veut être utile

Ferdy Louisy appelle donc de ses vœux et sans délais, une intervention énergique des services de l’Etat dans le processus de recouvrement des créances susmentionnées. Pour rappel, les collectivités qui doivent de l’argent au SIAEAG sont les suivantes. La CAGSC (8,3 M€), Eau d’Excellence (9,5 M€), Cap Excellence (900.000€).

La démarche commune de la CARL, de la CANGT et de la CANBT peut-elle aboutir ? Rien n’est moins sûr. L’objectif final réside bien dans la création d’une structure unique de gestion de l’eau et de l’assainissement en Guadeloupe. Quid alors de Capex et de la communauté d’agglomération du sud Basse-Terre qui ne sont pas signataires du courrier adressé au préfet. On n’en est donc au même point, avec néanmoins une volonté de faire bouger les lignes. Suffisamment pour que l’eau coule vraiment dans les robinets ? C’est à voir. Il y a en tout cas de la stratégie politique dans l’air.