Dossier de l’eau : l’exhortation de Jacques Davila

Le représentant local du Front républicain d’intervention contre la corruption (FRICC) veut bousculer les acteurs de ce dossier en Guadeloupe. Y parviendra-t-il ?

Très engagé dans la défense des intérêts des usagers de l’eau en Guadeloupe, Jacques Davila perd patience. Face à l’inertie ambiante dans ce dossier, il vient d’adresser une missive aux partenaires concernés. L’intéressé a ainsi souhaité mettre chacun devant ses responsabilités. Collectivités, maires, présidents d’EPCI, collectifs d’usagers, organisations patronales, sans oublier les syndicats. Tous ont été destinataires de ce cette déclaration dont nous vous livrons les grandes lignes. Il rappelle qu’en janvier dernier, les contribuables ont fait le constat que le syndicat unique, n’était toujours pas créé. Les réunions se sont pourtant multipliées, pour arriver à un projet avec une phase de préfiguration.

Les tours d’eau continuent

De même, l’on avait annoncé la fin des tours d’eau.  Mais cette promesse demeure suspendue à la mise en œuvre du « Plan d’urgence ». Lequel est lié au destin du SIAEAG et de ses satellites RENOC, dont la situation financière ne cesse de se dégrader. Conséquence, impossible d’effectuer les simples travaux de maintenance. Les fournisseurs ne veulent plus livrer. Les dettes s’accumulent. « Tout ceci, bien-sûr non sanctionnée par ceux en charge des contrôles régaliens. Ni par les syndicats des agents, qui auraient dû avoir déjà demandé au moins des explications sur les précomptes salariaux prélevés, et non reversés à leurs destinataires. De même que les précomptes fiscaux, les redevances dues à l’office de l’eau, la TVA et l’octroi de mer. Précomptes dont les administrateurs et membres des conseils syndicaux sont responsables sur leurs deniers » ajoute-t-il.

Beaucoup d’interrogations

« On ne peut que s’étonner de la mansuétude chronique dont les responsables de ces dysfonctionnements récurrents bénéficient depuis tantôt. Que dire de la mésentente des associations d’usagers, qui ne se sont pas encore entendues, pour poursuivre en justice, les opérateurs » insiste Jacques Davila. Pour ce citoyen guadeloupéen engagé, au sortir du confinement, il faut se concentrer sur l’essentiel dans ce dossier. La fourniture d’eau potable en quantité et en qualité. Parce que la crise sanitaire toujours en cours l’impose. Il exhorte tout un chacun à ne pas attendre la fin des réquisitions préfectorales pour agir. Ces réquisitions sont un préalable nécessaire, estime-t-il, pour la fin potentielle des tours d’eaux, sachant que tout ne peut être résolu immédiatement. L’urgence est ailleurs.

RENOC en grand danger ?

Il est fort possible, croit savoir Jacques Davila, que le SIAEAG et les 2 régies RENOC. En cause, une décision de justice rendu par la cour d’administrative d’appel de Bordeaux. Cet arrêt imposerait à RENOC, déjà en grande difficulté, de verser immédiatement un million d’euros à la Régie Eaux d’Excellence.

« Il nous faut une gestion de l’eau économiquement fiable, viable donc efficiente. C’est à dire, qui tienne compte de la réalité des dettes, des créances dont certaines sont irrécouvrables, car irrégulières et/ou prescrites. Sans oublier la prise en compte du prix social de l’eau et la gestion de la ressource humaine. D’aucun confondent restructuration et reclassement.  Nos élus et leurs agents influenceurs sont incapables de sortir un modèle économique viable pour assurer le service public de l’eau et de l’assainissement. Pas question que l’usager soit victime récurrente de la nouvelle usine à gaz, en cours de préfiguration » écrit encore Jacques Davila.

Rien ne doit rester impuni

« Le plan d’urgence et les travaux prioritaire doivent continuer à être mis en œuvre, en fonction des moyens financiers obtenus. Car cela est indispensable pour restaurer la confiance et réussir cette nouvelle structure unique adaptée à nos besoins. Le tout bien entendu avec la participation des usagers » peut-on lire également. « Mais pour l’instant, avec lucidité, bon sens et pragmatisme, allons ensemble de manière apaisée vers ce qui, qui ne doit pas demeurer impunies. Chaque chose en son temps. L’avenir nous appartient. Justice nous sera rendue », conclue Jacques Davila.