Eau : Le SIAEAG dissout courant septembre prochain ?

Les engagements pris par les collectivités pour couvrir les salaires des agents du SIAEAG jusqu’à décembre n’y changeront rien. L’Etat est déterminé à dissoudre le syndicat.

De très bonnes sources, il se confirme que l’Etat ne changera pas sa feuille de route dans le dossier du SIAEAG. Pas question pour le gouvernement de participer à une quelconque opération de sauvetage. Encore moins sur la base de l’accord signé par les collectivités et EPCI, mardi dernier au vélodrome. Le message est de plus en plus clair.

A Paris, la dissolution du SIEAEG plus que jamais dans les tuyaux. La décision va tomber courant septembre prochain au plus tôt. Tout en sauvegardant la partie sociale, a insisté notre source. Et en réduisant considérablement comme nous l’avons déjà écrit, le nombre de cadres au sein de la future structure unique. Des cadres qu’il faudra alors redéployer dans d’autres collectivités ou EPCI.

Reconstruire sur de solides fondations

Vu de Paris, rien ne saurait se construire dans ce dossier sur du sable mouvant, mais sur des fondations solides. S’évertuer à ne vouloir rien changer conduirait à ce que les mêmes causes produisent les mêmes effets. L’objectif est donc de faire émerger une fois pour toute cette nouvelle structure – vraiment – unique, avec une gouvernance « ensemble » et partagée. Maintenant, comment l’Etat compte s’y prendre ? C’est la grande interrogation. Déposséder les EPCI de leurs compétences « eau », serait sacrément borderline au sens du droit. Mais il parait évident que tout sera mis en œuvre pour encadrer tout cela juridiquement. Car les faits sont têtus : aucune autre issue ne semble envisageable sur le long terme. En janvier 2021, si rien ne change, il faudra sans doute provoquer à nouveau une grande réunion afin que les EPCI et les collectivités remettent la main au pot pour assurer le paiement des salaires.

Des salaires moyens de près de 9400€ ?

« 12 M€ mobilisés par les collectivités et les EPCI pour garantir le paiement des salaires de 257 agents du SIAEAG jusqu’en décembre ? » S’interrogeait un observateur. « Faites le calcul, cela représente des salaires moyens de près de 9400€ ». L’argument asséné ainsi a de quoi interpeller. Mais il faut se garder des raccourcis. Dans un avis, la chambre régionale des comptes évoquait s’agissant du SIAEAG, des salaires significativement supérieurs aux garanties de la convention collective. La CRC relevait que ces traitements se sont élevés à 670 167,06 € net à payer en décembre 2018 pour 120 agents. Soit 5 584 € en moyenne par agent. Et que 23 agents de la régie ont perçu davantage en décembre 2018 que le directeur de l’établissement ou que la directrice de régie. La réalité sur le poids de la masse salariale du SIAEAG est entre ces lignes.

Usagers, Etat, socioprofessionnels, même combat

De leurs côtés, dans leur grande majorité, les associations d’usagers sont vent debout depuis la réunion de mardi. Elles demandent la dissolution en urgence du SIAEAG. Logique, sachant que la nouvelle articulation que l’Etat souhaite imposer, prévoit qu’elle puisse être représentées. Ce que ces associations ne cessent de réclamer en vain jusqu’ici. En plus des socio-professionnels qui poussent fortement pour être aussi autour de la table.

Parallèlement, le chantier de la réparation des fuites sur le réseau se poursuit. Les réquisitions prises par la préfecture portaient initialement sur 2000 fuites répertoriées. 700 ont été réparées – en moins de trois mois. Les 1300 restantes de cette première phase, devraient l’être avant fin septembre 2020. Par ailleurs, il est prévu le colmatage de 3000 autres fuites d’ici à la fin de l’année. Sur l’ensemble du réseau, leur nombre total est estimé entre 7500 et 8000 actuellement.

Ces travaux doivent se poursuivre concomitamment aux chantiers pilotés en maîtrise d’ouvrage par la Région et par le département. La future structure unique, dont on ignore pour l’heure la forme juridique définitive, va vite prendre le relais. Du moins, il faut l’espérer. Sauf avis contraire du conseil constitutionnel.

Marche en avant inéluctable

Dans un communiqué de presse daté du 29 juillet, la présidente du département, Josette Borel-Lincertin, n’avait pas fait mystère de sa grande réserve. « Le SIAEAG est plus que jamais en sursis. Faute d’un engagement de l’Etat – dont les représentants étaient absents de la réunion de mardi – de ne pas procéder à sa liquidation » écrivait-elle. Rappelant que cette liquidation avait déjà été annoncée le 14 juillet dernier par l’ancien préfet Philippe Gustin, aujourd’hui directeur de cabinet du ministre des outre-mer.

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