Eau : l’Etat maintient la pression sur les élus

Le préfet donne aux EPCI jusqu’au 4 décembre pour adopter une position commune. La CTAP a pourtant déja acté la création du syndicat mixte ouvert au 1er septembre 2021. Etrange.

Vous avez dit bizarre ? Région, Département et EPCI – excepté Cap Excellence – ont pourtant pris une position claire le 23 novembre dernier sur ce dossier de l’eau. La création du syndicat mixte ouvert (SMO) au 1er septembre 2021 a été validé. Dans l’intervalle, la dissolution du SIAEAG devait attendre. A condition que ses créanciers honorent leurs dettes. Tous ces éléments figurent dans le relevé de conclusion de la dernière conférence territoriale de l’action publique présidée par l’exécutif régional. Mais cela ne semble pas suffire visiblement.

A ne rien comprendre

En témoigne ce courrier adressé par le préfet de région le lendemain aux présidents de la CANBT, de la CANGT et de la CARL. C’est un peu comme si l’autorité préfectorale considérait qu’il n’y avait pas eu de CTAP et qu’aucune décision n’avait été prise. Etrange. Dans cette lettre datée du 24 novembre, le représentant de l’Etat rappelle en préambule ce qui suit. « Par courrier du 6 novembre le ministre des outre-mer confirmait l’annonce de la création en septembre 2021 du syndicat mixte ouvert réunissant l’ensemble des EPCI de la Guadeloupe continentale, les conseils régional et départemental ». Jusqu’ici pas de soucis.

Pour le SIAEAG que se passera-t-il finalement ?

Et Alexandre Rochatte d’ajouter. « En outre, il répondait favorablement à votre demande de report de la date de dissolution du SIAEAG au 1er janvier 2021 afin de vous permettre de poursuivre l’expertise liée aux modalités de reprise de la gestion à cette date. Enfin, il envisageait la possibilité de suspendre la dissolution du syndicat. Si des garanties étaient obtenues pour financer les dépenses salariales et le paiement des fournisseurs du SIAEAG notamment, par les exécutifs régionaux et départementaux ».

Réponse attendue avant le 4 décembre

Mais c’est ensuite que les choses se compliquent et que l’on a du mal à comprendre le sens de cette correspondance. Le préfet de région poursuit en ces termes. « En l’état de mes informations, cette proposition n’a pas reçu à ce jour de réponse positive qui correspond à la demande du ministre des outre-mer. Aussi dans le but de favoriser la réussite et la brièveté de cette phase intermédiaire qui semble indispensable à la création du syndicat unique de l’eau. Je vous saurai gré de me faire connaitre au plus tard le 4 décembre 2020, quelle réponse est faite à la proposition du ministre et la solution de reprise qui est envisagée de mettre en place pour tenir compte de la dissolution du SIAEAG, si elle devait intervenir au 1er janvier 2021 ».

Capex dans le rôle du cheval de Troie ?

Il faut admettre que tout cela est assez déroutant. Quid de Cap Excellence ? Il n’en est absolument pas fait mention puisque ce courrier n’a pas été adressé à son président Eric Jalton. La volonté de l’Etat n’est-elle pas que l’ensemble des EPCI de la Guadeloupe continentale compose ce SMO ? Cela doit-il se faire suivant les conditions de Capex et autour de cette communauté d’agglomération. Laquelle, sauf erreur, reste redevable d’environ 9 M€ au SIAEAG. Tout cela ne saurait faire l’économie d’une clarification. Car plus ça va. Plus on navigue en eaux troubles.