Eau : pourquoi l’Etat doit siffler au plus vite la fin de la partie

La grève suspendue depuis des agents du SIAEAG a été la goutte d’eau de trop. La situation n’est plus acceptable. L’Etat doit accélérer.

Le nouveau préfet de région Alexandre Rochatte n’a fait que confirmer ce que l’on savait déjà. Le processus de liquidation du SIAEAG est bel et bien engagé. Pas question pour le gouvernement de faire machine arrière. Le couperet est prévu autour du 15 septembre prochain. Une issue hélas espérée par une très large majorité de guadeloupéen, lasse de subir ces manques d’eau. Des coupures de plus ne plus longues et répétées. Des désagréments récurrents – aggravés par trois jours de grève – qui se sont avérés encore plus intolérable en pleine rentrée scolaire et crise sanitaire.

Faillite collective et historique

Une fois de plus, pour faire baisser la pression, il a donc fallu réunir toutes les parties au vélodrome. Et ainsi obtenir des agents du SIAEAG la suspension de leur mouvement. C’était en fait la rediffusion de l’épisode d’il y a à peine quelques semaines. Les mêmes causes produisant les mêmes effets. Voilà in fine une faillite collective née de l’incapacité scandaleuse et irresponsable de nos élus à s’entendre. L’Etat va donc imposer sa solution et l’opinion guadeloupéenne, peu importe les sensibilités politiques, lui donnera raison.

Borel s’indigne, Chalus assume

Dans ce triste débat, il n’y a guère que la présidente du département Josette Borel-Lincertin pour s’indigner. « C’est une solution voulue depuis Paris qui s’impose à nous. Elle sonne comme un cinglant démenti aux discours aux allures incantatoires que l’on entend sur la responsabilité locale . Alors qu’on prétend plus que jamais penser et agir en Guadeloupéens, on ne dit pourtant pas un mot face aux manoeuvres de l’Etat« . L’Etat qui pour JBL « sait parfaitement où il veut nous mener tout en évitant de mettre sur la table les moyens nécessaires pour réhabiliter nos réseaux et nos infrastructures« .

De son côté, le président de région Ary Chalus qui affirme avoir pris l’initiative de réunir tout le monde hier apparait comme le pompier de service.  « Des garanties ont été apportées par les EPCI sur le paiement de leurs créances. Leur versement effectif contribuera au règlement des salaires des personnels et des autres dépenses de fonctionnement du SIAEAG » a-t-il indiqué.

Qui paiera la facture ?

Pour l’exécutif régional, il s’agissait avant tout – on l’a bien compris – de permettre la reprise de la distribution de l’eau potable. A la fois dans les foyers, que dans les établissements de santé et scolaires. Mais aussi de « rassurer le personnel sur le maintien de leur emploi et le versement de leur salaire, avant la création de la nouvelle structure de gestion de l’eau« .

En clair, gérer les urgences en attendant que Paris impose ses choix en termes de structure unique et de gouvernance de l’eau en Guadeloupe. Un modèle qui ne serait si éloignée, selon nos informations, des propositions faites par les usagers et les socioprofessionnels.

A savoir, comme nous l’avions déjà annoncé, une gouvernance s’inspirant de celles du port ou de l’aéroport, avec un directoire et un conseil de surveillance. La question est de savoir combien l’Etat compte-t-il mettre sur la table, lui qui a aussi sa part de responsabilité dans le désastre actuel.