Eau : protocole d’accord de suspension du conflit au SIAEAG

Région, Département, EPCI et syndicats se sont réunis au vélodrome de Gourdeliane. Des engagements ont été pris pour assurer les salaires jusqu’à décembre. Mais dans l’intervalle du chamboulement se profile.

Au 1er jour de la grève des agents du SIAEAG, le président de région Ary Chalus a pris l’initiative de réunir les principaux acteurs de l’eau. La situation d’urgence l’imposait. La présidente du département Josette Borel-Lincertin, les présidents des EPCI et les représentants du personnel ont donc pris part à cette rencontre.  Les différentes parties sont finalement tombées d’accord sur un montant total de 12 millions d’euros pour garantir le salaire des agents jusqu’au mois de décembre. De même que les avantages acquis dont bénéficie le personnel. Ainsi que la continuité du service public de l’eau et de l’assainissement.

Photo : Région Guadeloupe

Ces dispositions ont été prises dans l’attente de la création de la structure unique en charge de ces compétences. L’exécutif régional tenait à la signature de cet accord pour rassurer les salariés du Siaeag sur leur avenir. La Région s’engage par ailleurs pour une autorité unique rassemblant toutes les collectivités. Une structure viable économiquement, préservant l’emploi des agents. Capable surtout de fournir de l’eau en quantité, en qualité, à un prix unique et abordable. Et ce pour l’ensemble des foyers guadeloupéens.

Préserver l’essentiel et sauver la face

D’emblée à l’entame de cette réunion le président du conseil régional avait planté le décor. « Le SIAEAG est aujourd’hui en quasi-cessation de paiement. Pour le mois de juillet, a priori, seuls les salaires nets seront versés. Les agents n’ont aucune certitude d’être payés en août. Cette situation engendre une inquiétude justifiée des agents par rapport à leur devenir et motive l’appel à la grève. Grève qui impactera une grande partie de la Guadeloupe tant le SIAEAG joue un rôle central aujourd’hui dans la fourniture d’eau potable » avait prévenu Ary Chalus.  

Photo : Région Guadeloupe

Et le président de région d’ajouter. « Je ne tiens pas à faire une réunion de plus ! Mon premier objectif est que nous arrêtions aujourd’hui les moyens à même de rassurer les agents du SIAEAG, sur leur avenir. Il faut absolument que dans l’attente d’une solution durable, nous garantissions le versement de l’intégralité des salaires et la poursuite de l’activité au minimum pour les 3 mois à venir. Voire plus si la solution durable le justifie ». Un message reçu visiblement 5 sur 5.

Dépasser les égoïsmes territoriaux

Pas question pour la région Guadeloupe comme l’a précisé son président « d’être le banquier d’un système qui ne fait aucun effort véritable pour s’organiser ». « Il faut dépasser les égoïsmes territoriaux qui ne sont pas à la hauteur des enjeux. L’eau est un patrimoine commun. De même qu’il n’y a pas une Soufrière de Saint-Claude ou une Pointe des Châteaux de Saint-François…. L’eau est un enjeu global à l’échelle de la Guadeloupe. Réfléchir à sa gestion impose à chaque responsable politique de dépasser les limites de son territoire » a insisté le président de région. Lequel a tenu à rappeler que la collectivité régionale a déjà mobilisé 56M€ pour offrir aux Guadeloupéens un service public de l’eau de qualité.

Photo : Région Guadeloupe

Le département aussi contribue largement. Il revendique 66 millions d’euros de travaux sur la mandature dont 24 millions sur fonds propres. 8 usines d’eau construites ou réhabilitées. Près de 80 km de canalisations rénovées. Mais aussi les réparations des canalisations de la Desirade et des Saintes. Tous les chantiers encore en cours portés par le conseil départemental devraient être achevés début 2021.

L’Etat va trancher

Le grand défi du jour consistait à trouver des solutions concrètes pour ces agents. Ceci avant que l’État ne prenne la décision de dissoudre le Siaeag. Des décisions fortes sont en effet annoncées pour la réorganisation et la gestion du service public de l’eau sous peu. D’ici là les salariés du SIAEAG peuvent respirer. Les foyers guadeloupéens aussi. Ils n’auront pas de coupures d’eau pour faits de grève. Mais certainement suite aux fortes pluies qui devraient se déverser sur l’île durant les prochaines heures.

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