Economie : le rapport annuel 2019 de l’IEDOM-Guadeloupe confirme les inquiétudes

L’institut d’émission vient de rendre public son rapport annuel pour la Guadeloupe. La crise du covid-19 est venue aggraver une situation déjà morose.

Le Rapport annuel 2019 de l’IEDOM est une photographie de la situation économique avant la crise sanitaire. C’est ce que précise en préambule, le directeur général de l’institut d’émission, Gilles GENRE-GRANDPIEERRE. « Les chiffres collectés avec le concours des différents acteurs publics et privés de l’archipel permettent d’apporter aux responsables politiques et acteurs économiques et financiers une analyse du territoire avant le confinement. Cette dernière demeure fondamentale afin d’alimenter la réflexion et la prise de décision pour impulser la reprise » ajoute-t-il.

L’on apprend ainsi dans ce document qu’après un ralentissement de la croissance économique en 2018 (+1,5 % contre +3,4 % en 2017). Le climat des affaires, marqué par les conflits sociaux et plusieurs incertitudes, s’est dégradé en 2019. La consommation des ménages a ralenti, en dépit d’une hausse de la masse salariale du secteur privé et d’un niveau d’inflation modéré. Les importations de biens destinés aux ménages ont reculé.

Une réalité économique très contrastée

Toutefois, l’investissement privé s’est maintenu. Les importations de biens d’investissement et les crédits octroyés aux entreprises sont restés bien orientés en 2019. Sur le marché du travail, la diminution du nombre de demandeurs d’emploi s’est poursuivie. En matière de commerce extérieur, les importations ont augmenté, tandis que les exportations sont restées stables. Du point de vue sectoriel, l’activité touristique a progressé avec une nouvelle hausse de la fréquentation de l’île. Dans l’industrie agroalimentaire, les résultats ont été satisfaisants malgré des exportations orientées à la baisse. Après un bon début d’année, l’activité s’est tassée quelque peu dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP). L’industrie locale, étroitement liée au secteur du BTP, a bénéficié à nouveau du niveau élevé de l’activité dans ce dernier.

Course contre la montre pour relancer l’activité

Par ailleurs, l’IEDOM indique que dans le secteur primaire, les difficultés ont persisté. En parallèle, l’activité bancaire a crû, en particulier l’encours des crédits. A noter tout de même un ralentissement de la collecte de dépôts, après une hausse marquée en 2018. Hausse qui était liée à l’indemnisation des sinistres causés par l’ouragan Maria. En outre, l’encours de crédits et les actifs financiers ont progressé pour l’ensemble des agents économiques qu’il s’agisse des ménages, des entreprises ou des collectivités locales. Ainsi, la Guadeloupe n’abordait pas le début de l’année 2020 dans un climat très optimiste.

Et comme pour compliquer les choses, la crise économique liée au coronavirus à partir de la mi-mars a considérablement aggravé et de manière inédite, une situation déjà morose. Au premier trimestre 2020, l’indicateur du climat des affaires accuse sa plus forte chute depuis sa création. Tous les secteurs d’activité sont impactés, en particulier le tourisme et le commerce. La reprise graduelle des activités à partir de la mi-mai 2020 amorce ainsi une course contre la montre pour atténuer les effets de cette crise et relancer les moteurs de l’économie guadeloupéenne pour l’ensemble des acteurs du territoire.

(Source : IEDOM-Guadeloupe)