Economie : les entreprises ultramarines face à la crise sanitaire

Interrogés par l’IEDOM, les chefs d’entreprise ultramarins anticipent une baisse de 15 % de leur CA pour 2020. Avec un rebond limité d’ici la fin de l’année.

Ces données conjoncturelles étaient très attendues en ces temps de crise. L’IEDOM nous les dévoile enfin. Interrogés à la fin du deuxième trimestre, les chefs d’entreprise ultramarins anticipent ainsi une baisse de 15 % de leur CA pour 2020. Le rebond attendu d’ici la fin d’année pourrait être d’ampleur limitée du fait de l’absence de reprise dans certains secteurs, comme le tourisme. Le décor est planté. L’on pouvait s’attendre à pire.

Afin d’apprécier l’impact du confinement sur les entreprises ultramarines, les agences de l’IEDOM ont donc mené une enquête auprès d’un millier d’entrepreneurs sur l’activité de leur entreprise au cours du deuxième trimestre. Selon les réponses de ces derniers, le chiffre d’affaires reculerait de 20% au deuxième trimestre dans l’ensemble des entreprises ultramarines par rapport à la même période de 2019. La baisse d’activité est particulièrement marquée dans la zone Antilles-Guyane (23,5 %), ainsi que pour les activités touristiques (-80 %) et le BTP (-25 %).

Du bon usage du chômage partiel et du télétravail

Le recours au chômage partiel et au télétravail a permis de limiter les licenciements. Si 60 % des entreprises ayant rencontré des difficultés de trésorerie ont eu recours aux aides publiques, 11 % n’ont pas réussi à mettre en place de solution. Pour les chefs d’entreprise des zones Antilles-Guyane et Océan Indien, les principales inquiétudes concernant l’activité future relèvent de contraintes internes. Dans le Pacifique, la question de la reprise de la demande demeure le premier sujet de préoccupation, notamment dans le secteur des activités touristiques.

La principale mesure concernant l’emploi adoptée par les entreprises ultramarines au cours du deuxième trimestre est le chômage partiel. 69 % des entreprises y ont eu recours. Le télétravail a été pratiqué dans 58 % des entreprises. Seuls 7 % des entreprises ultramarines ont effectué des licenciements. 12 % d’entre elles n’ont adopté aucune mesure spécifique concernant l’emploi au deuxième trimestre. Les TPE ont davantage mis en place des mesures de chômage partiel que les entreprises de taille plus importante. Elles sont 77 % dans ce cas, soit de 7 à 12 points de plus que les autres entreprises.

Net recul des chiffres d’affaires

Dans ces conditions, le repli du chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’année atteindrait 15 % pour l’ensemble des entreprises ultramarines. L’écart entre les baisses observées au deuxième trimestre et celles anticipées pour l’ensemble de l’année fournit une mesure du rebond attendu par les chefs d’entreprise. Si celui-ci semble significatif pour les zones Antilles-Guyane et Océan Indien, il est beaucoup plus limité pour la zone Pacifique. Peut-être parce que la principale contrainte pesant sur l’activité y est d’ordre externe, avec le manque de visibilité sur le retour d’une demande plus soutenue.

Au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires des entreprises ultramarines a reculé de 20 % par rapport à la même période de 2019 et 44 % des chefs d’entreprise ultramarins constatent une détérioration de plus de 25 %.  Avec une proportion de 50 % d’entrepreneurs indiquant une forte baisse de leur activité, les Antilles et la Guyane ont été particulièrement affectées par la crise sanitaire (repli de 23,5 % du chiffre d’affaires). En ajoutant les chefs d’entreprise qui déclarent une diminution comprise entre -5 % et -25 % de leur chiffre d’affaires, ce sont les trois quarts des entrepreneurs de cette zone qui ont subi une baisse significative de leur activité.

Par comparaison, le chiffre d’affaires dans la zone Océan Indien s’est inscrit en recul de 20 % et celui de la zone Pacifique de 16 %. Le secteur des activités touristiques est de loin le plus impacté par la crise sanitaire avec une baisse de 80 % de l’activité. 91 % des chefs d’entreprise déclarent une forte détérioration de leur chiffre d’affaires. La moitié des entrepreneurs du BTP signale également des baisses très importantes du volume d’affaires.

Le commerce et l’agriculture s’en tirent bien

L’agriculture, l’industrie agroalimentaire et le commerce sont les branches où la baisse est la plus faible (-10 %). Suivies des autres services (-15 %) et de l’industrie hors agroalimentaire (-20 %). Les très petites entreprises (TPE) dont les effectifs sont inférieurs ou égaux à 10 salariés sont près de 50 % à observer une forte dégradation de leur activité. Soit 12 points de plus que pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI) dont les effectifs sont supérieurs à 250.

Trois entreprises interrogées sur quatre ont déclaré rencontrer des difficultés de trésorerie. 89 % ont pu mettre en place des solutions, au premier rang desquelles les aides publiques, sollicitées par 60 % d’entre elles. 39 % ont tenté d’allonger les délais de paiements auprès de leurs fournisseurs et 35 % d’accélérer le recouvrement de leurs créances clients. 11 % des entreprises ultramarines ayant fait face à des difficultés de trésorerie n’ont cependant pas réussi à mettre en place de solutions. C’est notamment le cas des entreprises de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire.

(Source : IEDOM-Guadeloupe)