Economie : l’indicateur du climat des affaires en Guadeloupe au plus bas

L’IEDOM Guadeloupe vient de publier sa dernière note de conjoncture. Conséquence du covid-19, le plus dur est sans doute à venir.

Pas très rassurantes les dernières tendances conjoncturelles de l’IEDOM pour notre archipel. Au 1 er trimestre 2020, sous l’effet de la crise sanitaire, l’indicateur du climat des affaires (ICA) accuse sa plus forte chute depuis sa création. Il s’inscrit en baisse de 36,1 points par rapport au 4 e trimestre 2019 et de 49,9 points sur un an. C’est surtout 12 points de mois comparé au niveau atteint durant la crise sociale de 2009. Cette chute brutale de l’indicateur tient de l’appréciation négative portée par les chefs d’entreprise qui s’amplifie sur le 2e trimestre. La dégradation de leur trésorerie, à cause de l’allongement des délais de paiement et de la diminution de leur activité au 1er trimestre 2020, pèse également sur l’indicateur.

Le pessimisme des professionnels interrogés par l’IEDOM s’accentue donc au 2ème trimestre 2020. S’ils sont 73 % à déclarer une baisse de leur activité au 1er trimestre. 80% d’entre eux s’attendaient à une plus forte contraction au 2ème. En matière d’emploi, ils sont 18 % à signaler des baisses d’effectifs au 1er trimestre. Cette part double au 2ème trimestre. En parallèle, alors qu’aucune entreprise n’a effectué de licenciement au 1er trimestre, 8 % d’entre elles devaient y recourir au 2ème.

164 M€ d’importations en moins durant le confinement

L’on apprend aussi que la consommation des ménages dans son ensemble s’est contractée de 28 % en valeur. Cette chute contribue pour 80 % au recul de l’activité économique, estimé à -20 % par rapport à une situation dite “normale”, sans confinement. En parallèle, l‘investissement des entreprises est également revu à la baisse. Les importations de biens d’investissement reculent et l’encours de crédits à l’investissement ralentit. Sur le marché du travail, de nombreuses entreprises ont dû suspendre leur activité et ont eu recours aux mesures de chômage partiel proposées par le Gouvernement. Pour autant, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A a continué de diminuer à fin mars (-0,7 % sur trois mois, CVS).

Les échanges extérieurs ont évidemment marqué le pas. Le recul des exportations durant le confinement est évalué à 83 %, soit une perte estimée à 164 millions €. Cette perte est équivalente à celle des imports en recul de 32 %. Tous les secteurs d’activité sont impactés par cette baisse d’activité. Les secteurs les plus touchés sont ceux de l’hôtellerie-restauration et du commerce. Ils sont suivis par l’industrie non agroalimentaire et le BTP. Les secteurs des autres services et des IAA semblent avoir le mieux résisté, la baisse du climat des affaires étant moindre pour ces derniers.

Un choc perceptible dans tous les secteurs

La crise du COVID-19 a entrainé une baisse de 20 % en valeur de l’activité économique guadeloupéenne et impacté négativement l’ensemble des secteurs d’activité. L’indicateur du climat des affaires, calculé à partir des réponses des chefs d’entreprise à l’enquête de conjoncture, confirme cette diminution. Il affiche une baisse historique au 1er trimestre 2020. L’activité chute dans l’ensemble des secteurs avec des chocs d’ampleur variable. Le tourisme et le commerce enregistrent les baisses les plus marquées. Les secteurs de l’industrie et du BTP suivent, tandis que les secteurs des autres services marchands et des IAA semblent mieux résister.

Une situation qui s’assombrit au 2e trimestre

Pour le 2 e trimestre, le pessimisme des chefs d’entreprises s’intensifie malgré le déconfinement annoncé à partir du 11 mai. Plus de 58 % des professionnels augurent une baisse drastique de leur activité liée au COVID-19. S’agissant de l’activité touristique, c’est l’ensemble du secteur qui s’attend à une forte dégradation. En dépit de la réouverture progressive des commerces, seuls 10,7 % des commerçants s’attendent à une amélioration de leur activité au 2e trimestre 2020. Dès le 11 mai, une nette progression du nombre de transactions de cartes bancaires a toutefois été enregistrée.

Afin d’accompagner les entreprises pendant et après le confinement, les mesures d’aide proposées par le Gouvernement devraient ainsi se poursuivre. En effet, le dispositif exceptionnel de garanties reste mobilisable jusqu’au 31 décembre 2020 et prévoit un élargissement des bénéficiaires. Un arrêté du 6 mai 2020 permet désormais à certaines sociétés civiles immobilières, aux entreprises en difficulté depuis le 1er janvier 2020 et aux jeunes entreprises innovantes d’accéder au dispositif. De plus, le PGE est maintenant étendu aux prêts octroyés par l’intermédiaire des plateformes de financement participatif.

S’agissant de l’emploi, les entreprises des secteurs de l’hôtellerie et de la restauration, de l’évènementiel, du sport, de la culture ainsi que les entreprises des secteurs connexes, qui ont subi une très forte baisse d’activité (perte de 80 % du chiffre d’affaires entre le 15 mars et le 15 mai), continueront de bénéficier, jusqu’en septembre 2020, d’une prise en charge à 100 % de l’indemnité d’activité partielle pour les heures non travaillées. Pour les autres secteurs, depuis le 1er juin, les heures chômées au titre de l’activité partielle sont prises en charge à 85%.

(Source : IEDOM Guadeloupe)