Élus(es) de Guadeloupe réagissez ou démissionnez !

Pourquoi nos élus paraissent-ils à ce point fébriles face à l’autorité de l’Etat. Est-ce une posture digne de représentants du peuple guadeloupéen ? Debout, voyons !

Il y a là de quoi s’interroger tant cette situation semble inédite dans l’histoire politique de la Guadeloupe. Depuis quelques mois, on ne compte plus les coups portés à la légitimité de ceux et celles qui ont brigué et obtenu, pour certains, nos suffrages. Cela frise même l’humiliation. Nous ne sommes plus au stade du mépris. Bientôt les mots manqueront pour qualifier ce qui est à l’œuvre. Les années Lucette Michaux-Chevry sont bien loin. Les bras de fer de l’ancienne grande dame du pays avec le ministre des DOM-TOM de l’époque, Henri Emmanuelli, aussi. Sans parler des préfets successifs qui n’osaient guère braver la représentativité du pouvoir local.

La fin d’une époque

C’est que les temps ont changé. Aujourd’hui, il est donc possible qu’un recteur d’académie soit cosignataire d’une injonction à l’adresse des maires, pour qu’ils rouvrent les écoles. Injonction à laquelle ils ont finalement refusé de se plier. On ne peut pas dire que le sursaut de nos chefs d’édilités ait été spontané. Ce sursaut, nos élus locaux le doivent, pour le coup, à Eric Jalton, le maire des Abymes. Auquel il faut ajouter Claudine Bajazet son homologue de Sainte-Rose. Il n’empêche que c’est surtout le l’édile en chef abymien qui a porté le fer en provoquant cette réunion d’urgence de l’association des maires de Guadeloupe. Une visio-conférence à l’issue de laquelle, l’AMG a pris une position commune et opposé une fin de non-recevoir à cette sommation surprenante d’un recteur d’académie, sous les tropiques.

Pourquoi tant de mépris ?

Quant aux décisions du tribunal administratif opposable aux maires sous astreintes, elles peuvent à l’évidence être contestées. Que dire du crachat lancé au visage des 24 signataires de la motion adressé au 1er ministre pour libérer le ciel de Guadeloupe ? Matignon n’a même pas daigné répondre directement, laissant la sale besogne à trois de ses ministres. Le journal en ligne Tourmag évoque même dans cette affaire, une France à trois vitesses. L’hexagone, la Corse et les outre-mer.

Lorsque l’on piétine ainsi les élus guadeloupéens, issus du suffrage universel, c’est le peuple que l’on écrase.

Et les autres exemples de mépris assumé et décomplexé du pouvoir central ne manquent pas. Hélas. Face à cela que faire. Demeurer honteusement passifs ou réagir ? Lorsque l’on piétine ainsi les élus guadeloupéens, issus du suffrage universel, c’est le peuple que l’on écrase. Certes, nos représentants ne sont pas exempts de tous reproches. Mais cela ne justifie en rien un tel traitement. Les limites de l’intolérable acceptable sont très largement dépassées.

L’urgence d’un acte politique guadeloupéen

Aujourd’hui, c’est la fierté guadeloupéenne et notre dignité qui est en jeu. Alors, mesdames et messieurs, les élus guadeloupéens, le pays attend de vous une réaction à la hauteur de ces affronts insoutenables. Une réaction au-delà de ce qu’il reste de vos clivages. Pourquoi ne pas envisager une vraie union sacrée pour défendre avec beaucoup plus de vigueur les intérêts du pays. Osons ce patriotisme guadeloupéen au travers d’un acte politique fort. La Corse a su se faire respecter. Nous aussi par le passé. La Guadeloupe mérite d’être représentée et défendue avec davantage de verticalité. Bien plus que le contexte post covid-19, c’est notre aspiration légitime à ne plus subir ce genre d’outrage, qui l’impose. Debout voyons !