Esclavage : Maxette Pirbakas suscite l’indignation de la Ligue des Droits de l’Homme

La députée européenne RN de Guadeloupe Maxette Pirbakas continue de susciter l’indignation pour son vote initial. La ligue des Droits de l’Homme s’y met à son tour.

Elle avait déclaré que c’était une erreur. Puis, dans une intervention d’une maladresse indescriptible, elle s’était engagée à rectifier son vote. Jamais je ne me serais opposée à une résolution qui reconnaissait l’esclavage comme crime contre l’humanité, avait-elle affirmé. Sachant que de toute façon le mal était fait. Depuis, on attend. La Fédération de la Ligue des Droits de l’Homme de la Guadeloupe perd patience. Dans un communiqué daté du 29 juin, la LDH croit savoir que la députée guadeloupéenne au parlement européen, Maxette PIRBAKAS, demeure finalement opposée à ce texte. Il s’agit de cette résolution présentée au Parlement de Strasbourg le 19 juin 2020, portant reconnaissance de l’esclavage des Noirs comme crime contre l’humanité. Texte adoptée par une écrasante majorité. La LDH exprime alors sa plus vive indignation à l’égard de la députée européenne.

Intention manifestée de s’abstenir

Mais au-delà de l’expression de cette réprobation, la prudence s’impose à ce stade. Vérification faite par nos soins sur le site du Parlement Européen, le 30 juin au soir, il apparait ceci concernant le vote de Maxette Pirbakas. « This MEP subsequently entered a statement in the minutes of the plenary indicating that he/she had intended to abstain ».

« Ce député a ensuite inscrit une déclaration dans le procès-verbal de la plénière indiquant qu’il avait l’intention de s’abstenir ».

En français dans le texte, il faut traduire de la sorte. « Ce député a ensuite inscrit une déclaration dans le procès-verbal de la plénière indiquant qu’il avait l’intention de s’abstenir ». Faut-il considérer alors que la procédure de révision du vote initial est en cours ? Ou à contrario que cette intention n’a pas été suivie d’effet. Il appartient à la députée européenne d’apporter clairement la preuve de la rectification définitive portée à son suffrage.

Un vote qui s’inscrit dans le déni de l’histoire

Jusqu’à preuve du contraire, la LDH s’arrête sur le vote initial contre de Maxette Pirbakas. Et considère que cette position de première intention prend « un relief particulier venant d’une élue dont la terre d’origine a connu pendant plus de trois siècles les crimes de l’esclavage des Noirs. Dont l’abolition n’a pas effacé, dans la population guadeloupéenne, les traces de l’œuvre de déshumanisation ». « La cruelle vérité est, n’en déplaise à l’élue de la liste du Rassemblement National, que son vote s’inscrit dans le déni de l’histoire de l’esclavage prôné par les députés du parti de Madame LE PEN. Lequel, dans une belle unanimité ont voté contre » ajoute la LDH.

Déconsidérée aux yeux de ses compatriotes humanistes

« La députée européenne ultramarine, élue sous les couleurs du RN, s’est définitivement déconsidérée aux yeux de tous ses compatriotes humanistes » poursuit-elle. Et la Fédération de la Ligue des Droits de l’Homme de la Guadeloupe de conclure ainsi. La LDH condamne avec la plus grande fermeté, le vote de Maxette PIRBAKAS, qu’elle qualifie de véritable trahison envers le peuple guadeloupéen dans sa diversité. La Ligue des Droits de l’Homme affirme enfin son engagement autour des valeurs de respect de la dignité humaine. Ce communiqué est signé du président de la Fédération de la LDH de la GUADELOUPE, Louis Auguste Joint.