Grand Baie : Cornet s’attaque courageusement à la prostitution

Le nouveau maire du Gosier Cédric Cornet a décidé de faire le ménage à Grand-Baie. Les tenanciers de ce haut-lieu de la prostitution en Guadeloupe sont prévenus.

Faut-il fermer Grand-Baie aux activités qui en font la renommée que l’on sait ? Si certains refusent l’idée même que cette question puisse être posée, le maire du Gosier n’est pas de ceux-là. Cédric Cornet a tranché. Au risque de déplaire et de s’attirer les foudres des habitués(es) des lieux. D’aucuns y verront de la démagogie. D’autres un coup de com de plus. Il faut lui reconnaître, quoi que l’on puisse penser de ce jeune élu, un courage politique certain. A telle enseigne que des contestations et incompréhensions commencent à se faire jour depuis cette fameuse lettre ouverte à la population. Singulièrement, on l’aura compris, celle de Grand-Baie.

Dans ce message aux administrés baiésiens le chef d’édilité du Gosier évoque un – énième ? – projet d’aménagement du quartier. Pour mémoire, l’ancienne majorité municipale sous Gillot, puis Dupont, avaient tenté en vain de redessiner cette zone à fort potentiel. Elle s’était heurtée aux riverains à grand renfort de barrages routiers à l’entrée du secteur. Cette fois, la donne semble différente. Les protagonistes également. Le désormais maire du Gosier Cédric Cornet parait déterminé à siffler la fin de la partie. La ville du Gosier explique-t-il « s’attache à examiner toutes les problématiques inhérentes au quotidien des habitants. L’un des fléaux observés sur ce secteur du territoire consiste en l’exercice des activités de prostitution depuis des décennies au mépris de la réglementation » Voilà qui est clair.

Ça passe ou ça casse

Et l’édile en chef du Gosier d’ajouter qu’au titre de [ses] pouvoirs de police, il est amené à intervenir face aux troubles engendrés par cette activité à l’ordre public. « En effet, le fait de s’adonner à la prostitution, de stationner ou de se livrer à des allées et venues répétées, de jour comme de nuit sur les espaces de stationnement des véhicules ainsi que sur les trottoirs, devant des commerces et des habitations, constitue une infraction » précise-t-il. Non sans rappeler que « la prostitution est réprimée pénalement et constitue une atteinte à la moralité publique ».

« Dès lors, je ne saurai tolérer plus longtemps que cette activité non autorisée porte atteinte au bon ordre, à la sûreté, à la sécurité et à la salubrité publiques. Et ce en application de l’article L. 2212-1 du Code Général des Collectivités Territoriales » a écrit encore le maire Cédric Cornet. Lequel prévient qu’une information a été transmise au Préfet, compétent en la matière, en vue de diligenter des enquêtes, de lutter contre le proxénétisme et les bars clandestins.

Risque politique calculé ?

Le maire du Gosier suggère donc fortement aux professionnels(elles) de la nuit, comme du jour, de se conformer à la législation en vigueur. « Car ces faits sont punissables de peines d’emprisonnement et d’amendes ». De mémoire, sauf erreur, jamais une telle injonction n’avait été commise concernant Grand-Baie et ses activités illicites connues de tous. Adopter une telle position au risque de déplaire et de s’attirer les foudres d’une partie de l’opinion, fait sens politiquement. C’est aussi cela que l’on attend de nos élus : prendre parfois des décisions clivantes et les assumer. Mais surtout être en capacité de les expliquer, même si cela peut in fine coûter cher électoralement.  Les maires de Pointe-à-Pitre, mais aussi des communes du nord grande-terre, singulièrement Anse-Bertrand, en feront-ils autant ?

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