Guadeloupe : Ces insupportables écarts de salaires hommes-femmes

En cette journée internationale des droits des femmes, l’INSEE-Guadeloupe rend public les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes dans la fonction publique. Il y a encore beaucoup à faire.

Dans cet article très documenté publié ce lundi 8 mars 2021, sur le site internet de l’INSEE-Guadeloupe, il est précisé que fin 2018, 38 440 personnes travaillaient dans la fonction publique en Guadeloupe. Soit près d’une personne en emploi sur trois. Les femmes représentent 62 % des agents de la fonction publique. Les inégalités de salaires entre les femmes et les hommes persistent.

Les différences de rémunération s’expliquent par le fait que les femmes et les hommes n’occupent pas les emplois de même niveau ou domaine. Les femmes sont sous-représentées parmi les agents occupant des postes de direction et de l’encadrement supérieur.

En 2018, plus de 62 % des agents de la fonction publique guadeloupéenne sont des femmes. Cette féminisation se retrouve également en Martinique (65 %), en Guyane (59 %) et en France métropolitaine (65 %). En Guadeloupe, l’âge moyen des femmes au sein de la fonction publique est proche de celui des hommes (49 ans pour les femmes et de 50 ans pour les hommes). En France métropolitaine, l’âge moyen des femmes est de 45 ans et celui des hommes de 46 ans.

La fonction publique d’Etat ne donne pas l’exemple

La fonction publique hospitalière (FPH) est la plus féminisée des versants de la fonction publique avec 69 % de personnel féminin. Cette part est de 64 % dans la fonction publique d’État (FPE) et de 54 % dans la fonction publique territoriale (FPT). Cette surreprésentation féminine est plus accentuée en France métropolitaine au sein de la FPH (78 %).

L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes est plus important au sein de la fonction publique d’Etat (14 %) qui représente environ 485 euros pour un salaire moyen de 3 624 euros. Deux raisons principales expliquent ces inégalités de salaire. D’une part, il y a une surreprésentation des femmes dans les corps de métiers les moins rémunérateurs tels que l’éducation, la santé et le social.

Ainsi, le ministère de l’Éducation nationale et l’enseignement supérieur compte parmi ses effectifs 68 % de femmes et ceux du Travail et de la Santé, 63 %. D’autre part, les femmes occupent plus souvent des postes de faibles niveaux hiérarchiques ou avec moins de responsabilités. En effet, au sein de la FPE les agents de la catégorie A+ (emploi de direction et de l’encadrement supérieur) sont majoritairement des hommes.

Comment expliquer ces écarts de rémunérations persistants ?

Au contraire, les femmes sont surreprésentées parmi les agents de la catégorie A, essentiellement des enseignantes. De même au sein de la fonction publique territoriale, les hommes sont surreprésentés parmi les agents de la catégorie A+ et les femmes sont plus présentes parmi les agents de la catégorie A. Cependant, l’écart de rémunération y est plus faible (6 %). Cette moindre présence féminine dans la catégorie A+ existe aussi au niveau national et s’explique par un taux de promotions plus faible chez les femmes.

Traitement différencié également au niveau des primes

L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes est également visible au niveau de l’attribution des primes. Au sein de la fonction publique, les primes reconnaissent le mérite de l’agent. Elles incluent les indemnités de résidence, le supplément familial de traitement, les rémunérations des heures supplémentaires ainsi que les rachats de jours de congé, dans le cadre du compte épargne temps. Elles prennent en compte également les traitements majorés de 40 % en raison du coût de la vie plus élevé en outre-mer.

Elles sont bien plus importantes aux niveaux de responsabilités élevées, occupées plus souvent par les hommes que par les femmes. Le différentiel sur les primes perçues dans l’année est de 4 614 euros par an dans la fonction publique d’Etat et de 1 238 euros dans la fonction publique territoriale en faveur des hommes.

(Sources : INSEE-Guadeloupe – Cet article est la propriété intellectuelle de Zinaïda Salibekyan-Rosain, avec la contribution de Elodie Shitalou de l’Université Antilles-Guyane – Le titre et les intertitres sont de la rédaction)