Guadeloupe : les conditions seront-elles vraiment réunies pour une rentrée scolaire le 13 septembre ?

Le gouvernement a annoncé le report de la rentrée scolaire au 13 septembre dans nos régions. Nos enfants pourront-ils reprendre l’école sans risques à cette date ?  

C’est une sage décision. De toute façon elle s’imposait. Le contexte sanitaire considérablement dégradé, le niveau de circulation du covid-19 et la tension hospitalière ne laissaient pas d’autres choix. Le nombre de décès enregistrés depuis deux semaines aussi. L’incapacité pour les collectivités en charge des écoles, collèges et lycées, de mobiliser leurs personnels dédiés sans risques avaient déjà e préparé le terrain. Le préfet de région et la rectrice d’académie ayant été dans le sens de nos élus, restait la décision du gouvernement.

En toute logique, à la suite du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, a annoncé le report de la rentrée scolaire dans nos régions. Report au 13 septembre prochain. Dans le même temps, on apprenait la prorogation de l’Etat d’urgence sanitaire au 15 novembre. Les préfets de régions de nos territoires verront leurs pouvoirs élargis. Ils pourront donc agir en fonction de l’évolution de notre situation sanitaire.

Le pic de la 4ème vague pas encore atteint ?

En Martinique, décision a été prise de maintenir le confinement et le couvre-feu jusqu’au 19 septembre. Les indicateurs covid de notre archipel étant comparables, voire pire que l’île sœur, comment pourrait-il en être autrement en Guadeloupe ? Un déconfinement début septembre parait donc peu probable dans notre département, ou tout le moins très risqué. Pour le reste, rien ne dit que toutes les conditions seront effectivement réunies d’ici au 13 septembre pour une rentrée scolaire sans risques. D’autant que le pic de cette 4ème vague de l’épidémie ne serait toujours pas atteint en Guadeloupe.

De l’importance de la concertation entre acteurs de l’éducation

Pour rappel, à l’initiative du préfet, de la rectrice, des exécutifs et de l’association des maires, un groupe de travail piloté par le secrétaire général de l’académie a été mis en place. Dans le contexte actuel, il prend tout son sens. La concertation avec l’ensemble des partenaires de l’éducation sera déterminante pour gérer efficacement cette rentrée.

Les représentants des fédérations de parents d’élèves, des chefs d’établissement, des syndicats des personnels de l’éducation et d’enseignants, des agents territoriaux, des corps d’inspection, ainsi que ceux des conseils régional et départemental, devraient ainsi être associés aux décisions.  L’objectif étant de garantir une rentrée dans des conditions optimales. Avec toutefois les incertitudes liées à un possible rebond épidémique, le variant Delta affectant davantage les jeunes.

Mise en œuvre de mesures proportionnées

Pour cette année scolaire 2021-2022, la doctrine du ministère de l’éducation nationale est la suivante. Maintenir une stratégie privilégiant l’enseignement en présence, pour la réussite et le bien-être des élèves. Tout en limitant la circulation du virus au sein des écoles et établissements scolaires. Une graduation qui comporte quatre niveaux est arrêtée. De 1 à 4, et du niveau vert au niveau rouge.

En fonction de la situation épidémique, le passage d’un niveau à un autre pourra être déclenché au niveau national ou territorial (département, académie, région) afin de garantir une réactivité ainsi qu’une proportionnalité des mesures. Le niveau applicable au moment de la rentrée scolaire sera fonction de la situation épidémique à cette date et sera indiqué préalablement à la reprise des enseignements.  

Le présentiel autant que possible

L’enseignement en présentiel sera donc privilégié pour tous les élèves et sur l’ensemble du temps scolaire selon les modalités suivantes. Niveau 1 (vert), pas de souci, l’accueil physique de tous les élèves sera possible. Idem pour le niveau 2 (jaune). C’est à partir du niveau 3 (orange), que des dispositions particulières sont prévues.

A savoir l’hybridation au lycée lorsque la configuration de l’établissement le nécessite. En particulier lorsque cela est rendu nécessaire pour la bonne application des mesures prévues par le présent cadre sanitaire. Le niveau 4 (rouge) induit une hybridation systématique au lycée et pour les élèves de 4ème et de 3ème au collège avec une limitation des effectifs à 50 %.

Bien entendu, peu importe les niveaux de vigilance retenus, tout ce qui était déjà à l’œuvre en termes de protocole sanitaire scolaire continuera de s’appliquer. Lavage des mains, le port du masque, l’aération des classes, la limitation du brassage des élèves. Mais aussi les règles de distanciation physique, le nettoyage et la désinfection des locaux et du matériel.

Le taux de vaccination des plus de 12 ans sera déterminant

La règle de la fermeture de la classe pour une durée de 7 jours dès le premier cas positif continuera à s’appliquer dans les écoles. Dans les collèges et les lycées, un protocole de contact-tracing renforcé sera mis en œuvre pour identifier les élèves ayant eu des contacts à risque avec un cas positif.

Les élèves contact à risque ne justifiant pas d’une vaccination complète poursuivront pendant 7 jours leurs apprentissages à distance. A contrario, ceux justifiant d’une vaccination complète poursuivront les cours en présentiel. Il faut préciser que les enfants de moins de 12 ans ne sont pas éligibles à la vaccination anti-covid. Et que pour les ados, qui peuvent se faire vacciner, on est encore loin du compte.