Guadeloupe : les entreprises à l’assaut de la relance

La sortie de crise sanitaire se précise en Guadeloupe. La relance de l’activité aussi. Nos entreprises ne doivent pas se louper.

L’évolution positive de la situation sanitaire de la Guadeloupe ne fait désormais plus aucun doute. Même s’il convient de rester prudent et ne surtout pas se relâcher. Le taux de vaccination de nos compatriotes continue sa progression lente. D’ici quelques semaines, sauf erreur et si les chiffres se vérifient, pas moins de 232.000 guadeloupéens auront pris leurs deux doses. Un taux qui paraissait hors de portée il y a peu.

Vous ajoutez à cela les signaux économiques perceptibles par tous, avec la réouverture des commerces, des restaurants, et la perspective imminente de la levée des restrictions. De même qu’un frémissement au niveau des réservations de séjours en Guadeloupe, en dépit de la concurrence violente des destinations voisines. Et les ingrédients d’une reprise de l’activité sur le territoire prennent corps. Mais soyons réalistes, les entreprises qui étaient déjà en sursis avant la crise, s’en remettront difficilement. Sauf si elles bénéficient d’un accompagnement spécifique.

Bien négocier la sortie de crise

Le comité départemental de sortie de crise co-présidé par le préfet et le DRFIP, opérationnel depuis peu, jouera donc un rôle clé. C’est la déclinaison locale du plan d’action du gouvernement pour soutenir la reprise de l’activité. Il lui revient prioritairement de détecter de manière anticipée les fragilités financières des entreprises. De tout mettre en œuvre également pour proposer au plus tôt aux dirigeants de ces sociétés des solutions adaptées, afin d’éviter la cessation d’activité. Ce dispositif sera déterminant pour la reprise.

Reste que la situation n’est peut-être pas si dramatique qu’il n’y parait. Beaucoup d’entreprises locales, ont su mobiliser les aides et prendre les mesures de gestions ou stratégiques qui s’imposaient. Cela explique pour partie des indicateurs de vulnérabilité mieux orientés. Les impayés sur effets s’établissaient à la fin du 2ème trimestre de cette année à un peu moins de 378 M€, en repli de 66,7% en glissement annuel. Le nombre de personnes morales en interdiction bancaire reculait quant à lui de 12,7%.

Près de 50% des PGE attribués aux TPE

Par ailleurs, début septembre dernier, 4.653 entreprises guadeloupéennes étaient bénéficiaires du PGE, pour un volume total de crédits accordés de 701 M€. Les très petites entreprises et les secteurs les plus vulnérables bénéficient largement de ces prêts garantis par l’Etat. Les TPE comptent pour 49,3% des bénéficiaires. Les PME pour 42,6%. Les entreprises de taille intermédiaire, 5,6%.

Encore plus dans le détail, les montants validés au titre de ces PGE se répartissent ainsi par secteurs d’activités. Commerce (36,7%), industrie (12,6%), services techniques et administratifs (11,9%), hébergement et restauration (9,8%), santé et social (3,2%), agriculture (1,7%).

Hausse des crédits d’investissements et augmentation des DAV

Autre signe encourageant, les crédits d’investissements ont progressé de 11,7% en glissement annuel, à 2805 M€. Les crédits d’exploitations, ont pour leur part augmenté de 18,8% à 108 M€, toujours sur un an. Tandis que ceux de l’habitat affichent de leur côté une quasi-stabilité sur un an, +0,8% (2587 M€).

Enfin, une tendance s’est dessinée ces derniers mois. L’augmentation des dépôts à vue des entreprises – par précaution. Ceux-ci progressent sur un an de 9,4%, à 2.939 M€. Les placements à long terme des sociétés suivent la même tendance +15,4% (58 M€). On constate en revanche un repli des placements liquides ou à court terme des entreprises guadeloupéennes (-6,1% sur un an, à 263 M€).

Le niveau de croissance de 2018, objectif atteignable ?

Pour rappel, la croissance avait déjà ralenti en 2019 en Guadeloupe, (+0,6%), après avoir atteint +2,2% en 2018 avant la crise du covid-19. Les prévisions pour cette année 2021, au niveau national, tablent sur une évolution du PIB de 6,3%. Comment faire pour que cette dynamique de reprise se vérifie aussi sur le plan local d’ici à la fin de l’année et surtout en 2022 ? C’est la vraie question.