Guadeloupe : poussée de fièvre sociale en vue ?

Plusieurs organisations professionnelles guadeloupéennes annoncent la couleur. Empêtrées dans la crise, elles pourraient passer à l’action dès les prochains jours. Risqué ?

Comme un parfum – de triste mémoire – de décembre 2008. Car c’est bien le secteur du BTP qui avait malgré lui allumé la mèche de la dernière crise sociale majeure qu’a connu notre département. C’était en 2009 et tout le monde s’en souvient. Les mêmes causes produiront-elles les mêmes effets ? Il faut espérer que non.

Vu le contexte très dégradé de notre économie, les menaces réelles qui pèsent sur l’emploi, la reproduction d’un tel scénario serait tout simplement suicidaire. Au moment où plusieurs secteurs tentent de limiter la casse profitant du semblant de reprise d’activité observé en ce mois de décembre. Au moment surtout où certaines organisations syndicales font tout ce qu’elles peuvent pour en découdre.

L’expression d’un ras-le-bol

Mais le collectif des organisations professionnelles et la fédération du BTP de la Guadeloupe estiment sans doute n’avoir plus rien à perdre. Avec les représentants de plusieurs autres secteurs ils comptent faire du bruit très rapidement. Se sont unis à ce cri de colère, les coopératives de transports de marchandises, les organisations professionnelles de taxis, les marins-pêcheurs, les auto-écoles.

Vous y ajoutez les représentants des petits agriculteurs et maraîchers, la fédération du tourisme de proximité de la Guadeloupe et le secteur de l’artisanat d’art. La situation catastrophique des secteurs de la restauration, du tourisme et des transports est également soulignée.

Conférence de presse mardi

Toutes ces organisations vont exposer lors d’une conférence de presse mardi prochain, les difficultés économiques que rencontrent les entreprises du département. Singulièrement dans leurs secteurs respectifs. Ils dénoncent évidemment les retards répétés des donneurs d’ordre pour le paiement des factures. Les obstacles auxquels ils doivent faire face pour les aides en forme de prêts (PGE et REBOND). Leur accès rendu visiblement compliqué aux marchés publics. Et l’impossibilité en l’état actuel des choses, pour de nombreuses entreprises, de payer leurs charges sociales et fiscales.

Effet de halo ?

Les organisations qui montent au créneau n’avancent pas masquées. Elles envisagent d’ores et déjà différentes actions sur le territoire pour interpeller les pouvoirs publics, nos collectivités. Et plus largement l’opinion guadeloupéenne. Objectif, se faire entendre au plus vite. Jean-Yves Ramassamy, le président du collectif des organisations professionnelles et José Gaddarkhan, le président de la FBTPG, sont à la manoeuvre.

La programmation d’un planning de rencontres avec les administrations, élus et acteurs concernés pour apporter des réponses à leur plateforme de revendications suffira-t-elle pour faire baisser la pression ? Faut-il craindre, dans l’éventualité d’une escalade, un risque de contagion ?  Une fois la mèche allumée, il est hélas souvent difficile de l’éteindre. Gare à la montée des périls.