Guadeloupe : un bilan économique 2019 à oublier ?

L’INSEE vient de publier le bilan économique 2019 de la Guadeloupe. L’institut évoquait une dynamique encore positive. La réalité actuelle est toute autre.

C’est que 2019 est déjà bien loin. A plus d’un titre. Le bilan économique de notre archipel publié par l’INSEE pour l’an passé vient confirmer cette dure réalité. Cette année, la situation exceptionnelle de la pandémie dans les premiers mois de 2020 introduit une rupture avec la dynamique de 2019 et remet en question les éventuelles prévisions réalisées précédemment. En 2019, en Guadeloupe, la dynamique économique avait pourtant continué sur sa trajectoire positive. Parmi les bons indicateurs, l’investissement des entreprises qui s’est maintenu à un niveau élevé.

La création d’emplois salariés en hausse dans la majorité des secteurs d’activité. Dans le même temps, le tertiaire marchand a généré à lui seul deux tiers des emplois supplémentaires de la région. Parallèlement, la baisse de la demande d’emploi s’est poursuivie en 2019 (– 6,4 %). L’activité touristique s’est maintenue avec 2,5 millions de passagers à l’aéroport Pôle Caraïbes même si la fréquentation hôtelière a marqué le pas. Pour autant, et malgré un niveau d’inflation modéré, la consommation des ménages s’est essoufflée.

Les investissements des entreprises en forte hausse

Malgré un climat national et international de relative incertitude économique, les entreprises guadeloupéennes ont continué à investir l’an dernier. Comme en témoigne la hausse des importations de biens d’équipement mécaniques et notamment les importations de machines industrielles qui progressent de 37 %. La hausse significative des crédits à l’investissement contractés par les entreprises au cours des deux dernières années témoigne de cette dynamique : + 7,8 %, après + 5,4 % en 2018. Cette progression soutenue et régulière des investissements réalisés par les entreprises depuis 2013 contribue à la création d’emplois salariés. En 2019, elle s’est poursuivie pour la cinquième année consécutive à un rythme élevé (+ 2,9 % en 2019, après + 2,6 % en 2018).

Le marché du travail semblait bien orienté

La création d’emploi dans le secteur privé est particulièrement dynamique. Le tertiaire marchand génère à lui seul deux tiers des emplois supplémentaires de la région. Les activités de services aux entreprises sont les plus contributrices (+ 11 %) devant l’hébergement et la restauration (+ 10,8 %). L’emploi progresse dans le commerce à un rythme légèrement supérieur à celui de 2018 (+ 3,2 %) comme dans l’industrie (+ 4 %), sous l’impulsion des industries agro-alimentaires (+ 8,3 %). Dans la construction, les effectifs salariés augmentent de 4,4 %. Une activité soutenue par les chantiers de l’agrandissement de l’aéroport Pôle Caraïbes et la construction du nouveau centre hospitalier universitaire. Les ventes de ciment augmentent de 7, % par rapport à 2018 et traduisent la bonne tenue du secteur. Toutefois, les projets de constructions de logements autorisés en Guadeloupe sont en baisse.

Des importations hélas toujours en progression

Pour la troisième année consécutive, le déficit de la balance commerciale de la Guadeloupe a continué de se creuser en 2019. Il a progressé de 3,3 % sous l’effet de la hausse des importations de carburants et de biens d’investissement conjuguée à la baisse des exportations. L’an dernier, la balance commerciale de la Guadeloupe, structurellement déficitaire, s’établissait à – 2,7 milliards d’euros. Un déficit qui a augmenté ainsi de 88 millions d’euros en un an. Les importations, en progression de 2,9 %, en sont les principales responsables. Les exportations baissent de 1,6 % et participent de façon plus limitée à la dégradation de la balance commerciale de l’île, puisque leur volume ne représente que 10 % de celui des importations.

(Avec l’INSEE Guadeloupe)