Guadeloupe : une amélioration du climat des affaires en trompe l’œil ?

L’IEDOM publie ses tendances conjoncturelles pour le 3ème trimestre 2020 en Guadeloupe. Ça s’améliore mais l’inquiétude reste de mise chez les chefs d’entreprises.

Si l’on en croit l’institut d’émission, le climat des affaires s’améliore en Guadeloupe. Mais les chefs d’entreprise restent inquiets.  Au 3e trimestre 2020, l’indicateur du climat des affaires remonte de 13,6 points. Reste qu’il demeure bien en dessous de sa moyenne de long terme. Il s’établit à 89,8 points selon l’IEDOM. Les chefs d’entreprise interrogés paraissent particulièrement fébriles en cette période de faible visibilité tant sur le plan sanitaire qu’économique.

Près de 650 M€ de PGE

Pour autant, la consommation des ménages, l’investissement privé et les échanges extérieurs rebondissent. Même si leurs niveaux annuels sont moindres que ceux de 2019. L’activité bancaire reste dynamique. L’encours de crédits croît de 3,9 % sur le 3e trimestre, porté par la poursuite du recours massif aux PGE. Depuis la mise en place de ces derniers, leur montant a triplé pour atteindre 633,8 M€ au 24 novembre 2020.

En parallèle, les actifs financiers progressent de 2,8 % sur le trimestre. Une partie des PGE non utilisée vient alimenter les comptes courants des entreprises. Dans le même temps, l’épargne des ménages continue de progresser dans un contexte de consommation encore ralentie malgré le rebond constaté au 3e trimestre.

L’épargne des guadeloupéens grimpe en flèche

Sur les 2e et 3e trimestres 2020, les ménages guadeloupéens ont épargné en moyenne 150 M€, contre environ 35 M€ en moyenne par trimestre sur les 5 dernières années. Par ailleurs, après avoir atteint un point bas historique un an auparavant à 3,5 %, le taux de créances douteuses est reparti à la hausse et s’établit à 4,3 % à fin septembre 2020.

5,5 % des chefs d’entreprise interrogés affirment avoir licencié au moins un salarié au cours du 3e trimestre 2020 et 33,9 % ont encore eu recours au chômage partiel au sein de leur structure.

Le marché de l’emploi et les défaillances d’entreprises semblent quant à eux encore bénéficier des pares-feu érigés par les pouvoirs publics pour atténuer l’impact de la crise. Toutefois, des signaux négatifs sont d’ores et déjà captés. 5,5 % des chefs d’entreprise interrogés dans le cadre de l’enquête de conjoncture affirment avoir licencié au moins un salarié au cours du 3e trimestre 2020 et 33,9 % d’entre eux, contre 77,0 % au 2e trimestre, ont encore eu recours au chômage partiel au sein de leur structure.

Le tourisme plus durement impacté ?

À l’échelle sectorielle, les entreprises du tourisme sont les plus touchées. Au 3e trimestre 2020, le nombre de passagers arrivés à l’aéroport est moitié moins important considérant la même période en 2019. Les professionnels du secteur estiment leur perte de chiffre d’affaires (CA) sur l’année 2020 à 49,8 %. Le secteur des autres industries suit avec une perte de CA annuelle estimée à 15,3%, notamment sous l’effet de la contraction d’activité observée dans le secteur du BTP (-13,8 %).

(Source : IEDOM-Guadeloupe)