Guadeloupe : va-t-on enfin sortir de cette crise des soignants ?

93% des personnels soignants sont vaccinés en Guadeloupe. Reste que le conflit couve toujours. Jusqu’à quand ?

Non le carnaval et la liesse qui l’accompagna durant les jours gras n’ont pas – totalement ? – éteint la contestation sociale en Guadeloupe. Le refus de l’obligation vaccinale s’efforce de mobiliser encore. Mais dans des proportions résiduelles. Il faut bien l’admettre.  La décision de Denis Deloumeaux de mettre un terme, sur conseil de ses médecins, à sa grève de la faim entamée le 12 février dernier, aura-t-elle un impact sur le mouvement ? Ce n’est pas franchement ce qu’il y a de mieux pour galvaniser ce qu’il reste des troupes. Ce cadre administratif du CHU suspendu pour avoir refusé de se soumettre à l’obligation vaccinale, ne pouvait pas mettre davantage sa vie en danger après 27 jours sans s’alimenter.

Mauvais signaux et essoufflement

Et que dire, dans ce contexte, de la décision du tribunal administratif de Basse-Terre, qui a rejeté, selon Guadeloupe 1ère, le recours déposé par une centaine d’agents de ce même CHU de Guadeloupe. Lesquels réclamaient le paiement de leurs salaires, retenues et autres primes de novembre dernier, s’estimant victimes d’un traitement discriminatoire. Pas top non plus pour espérer relancer le mouvement.

Fallait-il encore une intrusion dans une collectivité ?

Sans doute acculé, le collectif des organisations en lutte a donc choisi l’option de l’intrusion au Conseil Départemental. Des exactions s’en sont suivies. Des actes de vandalismes sont à déplorer. Serrures obstruées. Barrière levante et boitier électrique de contrôle saccagés. De même que des herses vandalisées. Des faits évidemment dénoncés par l’exécutif départemental par voie de communiqué.  

La main du dialogue reste tendue, mais il s’agit d’une main ferme

Guy losbar, president du departement

Face aux revendications des organisations, les élus guadeloupéens rappellent qu’ils ont toujours été ouverts à la discussion. C’est en ce sens que Guy LOSBAR, Président du Conseil Départemental, a échangé pendant plus de deux heures avec une délégation du collectif des organisations, en présence du Président de Région, Ary CHALUS. Des échanges qui ont fait suite à leur intrusion au Conseil Départemental jeudi 10 mars 2022.

Le discours des élus ne varie pas

Le Président LOSBAR a rappelé à cette occasion que la question de l’obligation vaccinale n’est pas du ressort des collectivités. « Ni la Région, ni le Département n’ont un quelconque levier sur la levée de cette mesure, qui relève de la loi » a-t-il souligné. Et l’exécutif départemental de préciser à toutes fins utiles qu’il ne peut agir qu’en fonction de ses compétences propres.

Le Président du Département a réaffirmé à ce titre être favorable à l’obligation vaccinale pour les personnels soignants. Cependant, a-t-il indiqué « conscient des difficultés d’application de la loi sur notre territoire, les élus guadeloupéens ont milité pour la mise en œuvre d’un dispositif d’accompagnement spécifique à ces derniers ». L’exécutif départemental a d’ailleurs rappelé le choix de la collectivité de ne pas appliquer les sanctions à l’encontre des personnels du SDIS et ce, malgré les injonctions nationales.

Ouverture au dialogue et respect des institutions

Le Président Losbar a indiqué qu’il continuera à être ouvert au dialogue, dans les champs de compétence qui concernent le Département. « La main du dialogue reste tendue, mais il s’agit d’une main ferme » a-t-il déclaré.

S’agissant enfin des exactions commises le jeudi 10 mars 2022, nécessitant l’évacuation des lieux afin de garantir le bon fonctionnement de l’institution, le propos du président s’est voulu cash. Guy Losbar rappelle qu’il détient sa légitimité du peuple guadeloupéen. Qu’il reste certes ouvert au dialogue. Mais qu’il n’est pas tolérable de porter atteinte au fonctionnement des institutions. La suite au prochain épisode.