Guy Losbar : aucune nouvelle élection n’est prévue à la CANBT

Le président de GUSR Guy Losbar nous a accordé une interview sans concession. Il revient sur les élections communautaires. Singulièrement à la CANBT et la CARL. A lire absolument.

Soutenir librement une gouvernance, adhérer à un projet communautaire, ne saurait être qualifié de trahison. C’est en substance ce que laisse entendre le président de GUSR. Dans cet entretien sans filtres Guy Losbar dit ses vérités et réaffirme les convictions de son parti. Le propos d’ensemble : Guadeloupe Unie entend peser.

La rédaction : Votre élection à la tête de la CANBT risque d’être annulée à cause de cette erreur de la préfecture sur les sièges des élus du Lamentin. Pensez-vous être en capacité d’obtenir à nouveau ces deux voix qui vous ont permis de faire la différence, à la surprise générale ?

Guy Losbar : Aucune nouvelle élection n’est prévue à la CANBT. Je suis le président de la CANBT. D’ailleurs Jocelyn SAPOTILLE m’a remis les clés los de la passation des pouvoirs. Je vais réunir le Conseil communautaire pour voter le compte administratif de mon prédécesseur, et le budget de 2020 qu’il n’a pas fait voter. Les délais sont contraints car il faut l’adopter avant le 31 juillet.

Pour l’instant je ne me soucie même pas de savoir si l’élection fait ou fera l’objet d’un recours. Tous les votants ont été régulièrement proclamés élus conseillers communautaires. Si ce n’était pas le cas, ils n’auraient pas été convoqués pour la mise en place du conseil communautaire. Je rappelle que ce n’est pas moi, mais le président sortant qui a organisé les élections du 13 juillet. Dès lors, quel serait le motif de recours ? J’ose croire que s’il avait été au courant d’une irrégularité il n’aurait pas manqué de la signaler avant le vote. Pourquoi ferait-il un recours contre une élection qu’il a lui-même organisé ? L’aurait-il introduit si les résultats avaient été différents ?

La rédaction :  Pour expliquer ce qui s’est passé à la CANBT lors de votre élection, l’un de vos camarades, en l’occurrence Dominique Théophile nous a confié ceci. Nous avons tout simplement appliqué ce que l’on apprend à l’université du GUSR. Vous confirmez ?

Guy Losbar : Je voulais une démarche communautaire, que les 6 maires se rencontrent, que nous nous mettions d’accord sur un mode de gouvernance et sur une candidature unique. J’ai d’ailleurs rencontré Jocelyn SAPOTILLE à ce sujet. Cependant, je me suis rendu compte qu’ils avaient déjà choisi leur candidat sans consulter PETIT-BOURG, POINTE NOIRE, ni GOYAVE. Pour les membres du bureau, ils voulaient écarter les maires de ces trois communes en mettant leurs opposants au poste de vice-président. J’ai du réagir pour faire prédominer l’esprit communautaire.

Quant à la capacité de négociation il faut pouvoir déceler les faiblesses, exploiter les fragilités parfois invisibles des blocs, des socles ou des équipes qui paraissent les plus solides surtout quand elles font preuve d’arrogance.

La rédaction : Et à la CARL, quel a été votre implication en qualité de chef de parti, dans le choix de Bernard Pancrel de faire alliance avec Cornet ?

Guy Losbar : A notre demande, Bernard PANCREL a participé à une réunion avec les deux autres maires. Mais, par la suite le maire de SAINT-ANNE a entendu négocié avec le maire du GOSIER en proposant notamment d’écarter le maire de SAINT-FRANÇOIS et de faire de ces deux opposants des vice-présidents. Cette manœuvre a suscité la réaction du maire de SAINT- FRANÇOIS qui a dû se défendre et agir afin de favoriser l’émergence d’un véritable projet pour la CARL.

La rédaction : La logique à la CARL c’était tout sauf les socialistes et apparentés. Même au risque de froisser Gillot et Dupont qui vous ont fait perdre le Gosier ?

Guy Losbar : LE GUSR n’est pas un parti Contre, mais un parti POUR. Nous n’étions pas contre les socialistes, nous étions pour une large représentation intercommunale. Nous sommes pour les projets, pour une stratégie commune, pour la responsabilité locale, pour la solidarité locale.

GUSR n’a pas vocation à être un parti unique, disposant de tous les leviers. Nous avons donc partout procédé par la négociation. La différence est que parfois, elle a abouti à une présidence de GUSR et parfois, notre parti a accepté de participer à une majorité de travail sans rechercher la présidence

Dans les deux communautés d’agglomération gérées par des membres GUSR, toutes les communes et toutes les sensibilités sont représentées parmi les membres du bureau. J’ai moi-même à la CANBT tendu la main à chacune des communes et donc à trois maires socialistes ou apparentés qui m’avaient banni au cours de la mandature précédente. En effet, la ville de PETIT-BOURG, durant 6 années, n’avait aucun représentant au sein du bureau. Cette fois, toutes les communes et toutes les sensibilités font partie du bureau. Bien plus, j’ai l’intention d’accorder de larges délégations aux vice-présidents.

La rédaction : D’une manière générale quel bilan faites-vous à la fois des municipales et des communautaires pour le GUSR ?

Guy Losbar : Je suis un président satisfait de l’engagement de nos militants et de nos sympathisants qui ont compris que la responsabilité locale et la solidarité locale sont les voies incontournables pour développer le pays. C’est tout simplement le résultat de l’organisation du parti, conjugué à la motivation de nos candidats et de nos militants pour se mettre au service de leur collectivité. De mémoire, je n’ai pas souvenir d’un bilan électoral aussi positif depuis la création de Guadeloupe Unie. C’est aussi la première fois qu’un parti sans attache nationale est majoritaire en Guadeloupe.

C’est une satisfaction personnelle pour le président que je suis. Mais je n’oublie pas que c’est le fruit du travail de ceux qui ont planté pour que nous puissions récolter en 2020. Je pense en particulier à Dominique LARIFLA qui est à l’origine de la création du parti. J’ai aussi une pensée particulière pour Jean BARDAIL, d’une part parce que lui aussi est un membre fondateur du parti, mais aussi et surtout parce qu’il est un exemple de persévérance et de dévouement à la cause du parti, à la cause de la Guadeloupe. Sa réussite est une juste récompense.

La rédaction : Tout laisse penser que votre parti déploie sa stratégie en vue des prochaines échéances régionales et départementales. C’est quoi le coup d’après pour Guadeloupe Unie ?

Guy Losbar : Mon analyse était que les élections municipales et communautaires détermineraient la carte politique de la GUADELOUPE pour les 6 prochaines années. Ces élections ont donné l’occasion au parti de s’implanter sur l’ensemble du territoire. Nous avons pu conquérir de nombreux conseils municipaux et communautaires. Ce qui est important c’est qu’ils puissent  désormais réussir dans l’intérêt de leur population et au profit des guadeloupéens. Ces élections ont également permis renforcer notre présence dans des communes où nous étions absents ou discrets. Dans les jours à venir nous allons mettre en place nos comités communaux en vue de structurer notre présence, par exemple à DESHAIES, à SAINTE-ROSE, à  GOURBEYRE à TROIS-RIVIERES, etc…Autant d’occasions d’expliquer à la population notre projet et de partager nos valeurs.

La rédaction : GUSR a vocation à avoir son propre candidat, issu de son parti, pour briguer la présidence de la région et/ou du département ?

Guy Losbar : Telle qu’elle est posée, c’est une interrogation dont la réponse est dans la question. Que serait un parti qui dirait qu’il n’a pas vocation à présenter des candidats aux différents scrutins, pour assumer les plus hautes fonctions ? Que serait un président de parti qui ferait avaliser un tel programme de « non participation électorale ». Cela dit, Guadeloupe unie est un parti résolument guadeloupéen et démocratique. Ce sont donc les militants qui diront l’avenir. C’est à eux qu’il appartiendra de décider, sans doute au quatrième trimestre de cette année, dans le cadre d’un congrès.

La rédaction : En attendant, vous serez loyal jusqu’au bout avec Ary Chalus ? Que pensez-vous de son élection à la 1ère vice-présidence de Cap-Excellence ?

Guy Losbar : Je suis fidèle à GUSR. GUSR a décidé de participer au scrutin régional de 2015 dans une configuration d’alliance. J’ai été, je suis, et je serai fidèle à cette ligne de conduite, tant que ce sera la ligne du parti. Et cela pour une bonne raison, car c’est moi-même qui l’ai proposée au parti en 2015. A ce jour, je défie quiconque de prétendre que j’ai transigé avec cet engagement. Nul ne peut davantage trouver à redire sur l’intensité de mon action de premier Vice-président. Cela dit, le contrat que j’ai présenté à l’époque aux militants était un contrat de mandature. Arrivé à son terme, il peut être renouvelé ou pas.

Quant à la constitution du bureau de Cap excellence je n’ai pas à me prononcer sur des actes qui pourraient être qualifiés d’erreur ou de stratégie.

La rédaction : Vous avez porté localement la candidature de Macron à la présidence de la République. Là vous prenez clairement vos distances. Pourquoi ?

Guy Losbar : Il n’y a aucune évolution de la position de Guadeloupe Unie, ni de Guy Losbar, à l’égard du Président de la République. Hier, aujourd’hui et demain, Guadeloupe unie était, est et sera un parti strictement guadeloupéen. Notre autonomie de décision est l’ADN de notre parti. Ce soutien ne nous emprisonne pas. Il ne nous conduit pas à avaliser toutes les décisions.

Nous assumons d’être soit un partenaire actif, soit un interlocuteur respecté, ce qui permet à nos parlementaires de constituer une force de proposition au sein de la majorité présidentielle. Nous sommes des militants de la responsabilité locale. Ce qui compte pour moi c’est que les guadeloupéens disposent des moyens de réaliser leurs projets dans les meilleures conditions. Guadeloupe Unie est le lieu d’accueil et le moyen d’action de tous ceux qui veulent penser GUADELOUPE et agir GUADELOUPE.

C’est la première fois qu’un parti sans attache nationale est majoritaire en Guadeloupe.

Guy Losbar est le président de Guadeloupe Unie Solidaire et Responsable (GUSR)