Jean-Philippe Courtois : « l’éthique et la morale sont le socle de mon engagement »

Le jeune maire GUSR de Capesterre Belle-Eau nous raconte ses premiers pas de chef d’édilité. Jean-Philippe Courtois déroule sa feuille de route. Entretien.

La rédaction : A la tête de la commune de Capesterre Belle-Eau, vous êtes désormais le plus jeune maire de notre archipel. Comment vivez-vous votre nouvelle vie de maire ?

Jean-Philippe Courtois : Je commencerai par remercier l’ensemble des Capesterriens qui ont fait le choix de la liste « Capesterre Belle-Eau, une ville nouvelle » pour la confiance qu’ils ont accordé à l’ensemble de mon équipe. Aujourd’hui, il nous faut passer des mots, des discours, aux actes. Car, cette élection a suscité un espoir chez nos supporters et une attente pressante chez l’ensemble de la population. Nous nous devons de réussir pour Capesterre Belle-Eau. Mon âge ne saurait être une excuse, car la Guadeloupe compte sur nous !

La rédaction : Est-ce le fait du hasard. Vous accédez à ces responsabilités, alors que Cédric Cornet a créé la surprise en s’emparant de la mairie du Gosier et de la CARL. Le mouvement est lancé, les jeunes prennent le pouvoir ?

Jean-Philippe Courtois : La Guadeloupe vit un phénomène de génération. Une page s’est tournée sur l’ensemble du département avec l’élection de 14 nouveaux maires. Car, les politiques mis en place depuis plus de 50 ans n’ont pas porté leurs fruits (eau, chômage, déchets, insécurité, …). C’est dire que les électeurs ont démontré leur volonté profonde de rompre avec un système. Mais aussi, exprimés leurs attentes profondes afin de voir émerger des politiques publiques qui répondent à leurs préoccupations quotidiennes. A nous d’être au rendez-vous afin d’insuffler cette nouvelle dynamique.

Le GUSR a su confirmer son ancrage, en démontrant que nous avons su renforcer la confiance des Guadeloupéens au fil des ans. Être aujourd’hui le parti fort, nous confère d’importantes responsabilités

La rédaction : Le risque pour un chef d’édilité censé incarner la jeunesse, c’est d’adopter malgré lui ou pas, les mêmes pratiques politiques des plus anciens. En quoi serez-vous différent au moment où l’on observe une défiance de l’opinion pour les élus ?

Jean-Philippe Courtois : Mon expérience m’a démontré que la politique avait ses codes. A nous de les accepter ou de sortir de notre zone de confort. Et, l’espérance suscité par mon élection m’invite résolument à sortir des sentiers battus. Aujourd’hui, nous évoluons dans une société qui n’a plus le temps d’attendre. Il nous faut être pragmatique afin que les politiques publiques que nous mènerons aient une vraie résonance dans le quotidien de la population.

La rédaction : La morale et l’éthique en politique, c’est possible ?

Jean-Philippe Courtois : La politique est un noble art ! Je crois en ces valeurs comme dans un baromètre. Ceci, afin de toujours m’assurer que les décisions prises le soient dans l’intérêt de la population. J’ai présenté l’éthique et la morale comme le socle de mon engagement.

La rédaction : Quelles ont été vos premières décisions de maire ?

Jean-Philippe Courtois : Nettoyer Capesterre Belle-Eau ! Nous nous étions engagés sur les 100 premiers jours à agir sur le cadre de vie. Nous avons lancé le nettoyage de la ville, des quartiers et de la plage de Roseau, l’enlèvement des VHU, la sécurisation de la déchèterie. Nous voulons résolument faire de Capesterre Belle-Eau, une ville propre et belle.

La rédaction : Vos priorités à court termes dans la gestion des affaires communales ?

Jean-Philippe Courtois : A court terme, nous avons trois priorités. D’abord apaiser le dialogue social. Car, pour réussir cette ville nouvelle, nous aurons besoin d’une administration forte à nos côtés. Pour ce faire, nous devons créer les conditions afin que les agents se sentent valorisés dans leurs missions. Ensuite, assainir les finances communales.

Contrairement aux dires de l’ancien édile, nous découvrons des surprises concernant la gestion des finances. C’est inquiétant.

Car, contrairement aux dires de l’ancien édile, nous découvrons des surprises concernant la gestion des finances. C’est inquiétant, mais nous devrons trouver des solutions si nous voulons avoir les moyens de nos ambitions pour Capesterre Belle-Eau. Enfin, relancer l’attractivité de Capesterre Belle-Eau afin que la population s’y sente mieux et que nous puissions aussi accueillir ces nombreux passants dans une ville où le bon vivre deviendra une référence.

La rédaction : Le dossier de l’eau domine l’actualité en ce moment. Quel est votre regard sur le sujet ? Comment en sortir ?

Jean-Philippe Courtois : Au sein du conseil municipal, nous militons, bien entendu, afin de défendre les intérêts de la population capesterrienne en premier lieu. Il est dommage que nous ayons perdu la gestion des captages de la Digue et de Belle-Eau Cadeau. De plus, nous trouvons abominables les injonctions à payer les factures d’eau quand le service n’est pas garanti.

Il nous faut agir avec détermination afin de créer rapidement une structure unique de gestion de l’eau. Car, nous sommes conscients que les politiques mises en place par le passé ont échoué et nous obligent à créer les conditions pour que la population retrouve une eau en quantité et de qualité dans son robinet. Nous devons retrouver la confiance de l’usager. Le conseil municipal de Capesterre Belle-Eau s’est doté d’une commission consultative ouverte aux usagers afin d’affiner ses orientations.

La rédaction : Capesterre Belle-Eau doit peser davantage dans ce dossier ?

Jean-Philippe Courtois : Capesterre Belle-Eau doit peser de tout son poids. Et cela que ce soit en son nom propre ou par le biais de la communauté d’agglomération Grand Sud Caraibe. Car, au-delà du fait que l’eau soit un bien commun, il faut que nous rappelions que les captages sont sur notre territoire. Ce qui rend difficile à expliquer les tours d’eau qui peuvent priver les habitants d’eau pendant des jours, voir des semaines.

La rédaction : Les prochaines échéances électorales s’annoncent intenses. Votre parti, le GUSR, n’a jamais été aussi bien ancré sur le territoire. Il faut transformer l’essai lors des régionales et départementales à venir ?

Jean-Philippe Courtois : Il est vrai que, suite aux dernières élections municipales et communautaire, le GUSR a su confirmer son ancrage, en démontrant que nous avons su renforcer la confiance des Guadeloupéens au fil des ans. Être aujourd’hui le parti fort, nous confère d’importantes responsabilités, car les enjeux sont énormes pour la population. Je ne pense pas qu’il faille entrevoir l’action politique comme une succession d’échéances électorales.

Mais, plutôt comme une succession d’opportunités afin de démontrer nos capacités à agir et à bâtir le pays Guadeloupe. Il n’y a que comme cela que nous pourrons conserver la confiance des Guadeloupéens dans le temps. Les résultats du président Losbar à Petit-Bourg et dans le nord Basse-Terre en sont la définition. Travail et responsabilité !

La rédaction : Et vous, quelles sont vos ambitions personnelles pour le futur ?  

Jean-Philippe Courtois : A l’heure actuelle, je n’ai qu’une ambition : réussir Capesterre Belle-Eau, cette ville nouvelle.