Conjoncture : nette dégradation de l’activité au 1er trimestre 2020 en Guadeloupe


Dans une note publiée le 24 avril ; l’institut d’émission des départements d’outre-mer a livré sa première analyse de l’année économique 2019 en Guadeloupe. Il en ressort un essoufflement de l’activité en Guadeloupe. Et les conséquences très lourdes de la pandémie du covid-19 ne feront qu’aggraver les choses en cette année 2020. Nous publions la synthèse de ce bulletin de conjoncture de l’IEDOM.

En Guadeloupe, les premiers résultats de l’enquête de conjoncture de l’IEDOM en 2020 font ressortir une nette dégradation de l’activité. En cause, la pandémie de COVID-19. 70 % des entreprises interrogées voient leur activité se dégrader au premier trimestre. Cette baisse devrait concerner 90% d’entre elles au deuxième trimestre. Globalement, les effectifs se maintiennent. Les entreprises ont massivement eu recours au chômage partiel (60 % d’entre elles), au télétravail (50 %) et aux arrêts maladie (40 %) ; dont une partie s’explique par la garde d’enfants à charge. Au 14 avril 2020, 29 6041 salariés étaient concernés par l’activité partielle. Un chiffre pratiquement multiplié par deux début mai 2020. Aucune entreprise interrogée par l’IEDOM n’a toutefois fait état de licenciement au premier trimestre 2020.

Situation très tendue pour les entreprises

 En termes de financement environ 20 % des entreprises ont effectué une demande de report d’échéances. 10 % d’entre elles avaient déjà fait appel aux prêts garantis par l’État (PGE) ; pour un montant total avoisinant les 200 M€. La filiale de la banque de France ajoute que l’année 2020 commence ainsi en faisant face à des difficultés inédites. Sur le plan sanitaire en premier lieu, mais également sur le plan économique. La capacité des territoires à juguler la pandémie conditionnera les résultats économiques de ces derniers, note encore l’institut d’émission.

Saint-Barth, Saint-Martin, puis la Guadeloupe

Pour rappel, depuis début 2020, le monde se trouve confronté à l’épidémie de coronavirus COVID-19. Déclarée dans la ville de Wuhan en Chine fin décembre 2019, celle-ci s’est propagée très rapidement en Europe. Avec en première ligne l’Italie, l’Espagne et la France ; jusqu’à être considérée comme une pandémie mondiale à la mi-mars par l’Organisation mondiale de la santé. Dans la Caraïbe, l’épidémie s’est déclarée plus tardivement.

Les premiers cas positifs de COVID-19 remontent à début mars à Saint-Barthélemy et Saint-Martin ; et une dizaine de jours plus tard en Guadeloupe. Face à l’impact sanitaire et économique du COVID-19, le Gouvernement français a notamment mis en place un confinement de la population à compter du 17 mars 2020 afin d’endiguer la propagation du virus. 

Le plus dur est sans doute à venir ?

Les premières estimations de l’impact de la pandémie mondiale sur l’activité économique font état d’une très forte contraction ; plus importante que celle observée lors de la crise financière de 2008. Ainsi en Europe, selon les premières estimations du Fonds monétaire international, chaque mois de confinement se traduit par une diminution du PIB de 3 %. À l’échelle nationale, la Banque de France précise que la contraction du PIB au premier trimestre 2020 serait de l’ordre de 6 %. Selon celle-ci, « chaque quinzaine de confinement ampute le niveau du PIB annuel de près de 1,5 % ». 

(Sources : IEDOM-Guadeloupe)