L’épargne des guadeloupéens au secours de la relance ?

Dans son dernier rapport annuel, l’IEDOM évoque l’épargne des ménages guadeloupéens comme relais de croissance. Il représente à long terme, près de 2,5 milliards d’euros.

Comme on pouvait s’y attendre, la relance économique n’est pas encore au rendez-vous. La reprise de l’activité suite au déconfinement est certes réel. Mais à l’instar de bien d’autres régions, la Guadeloupe ne se remettra pas de sitôt de la crise économique engendrée par le covid-19. Les premières estimations de l’impact de la pandémie mondiale sur l’activité économique font état d’une très forte contraction. Plus importante que celle observée lors de la crise financière de 2008.

Ainsi, en Europe, selon les premières estimations du Fonds monétaire international, chaque mois de confinement s’est traduit par une diminution du PIB de 3 %. À l’échelle nationale, l’Insee estime que la contraction du PIB au premier trimestre 2020 serait de 5,3 %. La Banque de France précise que « chaque quinzaine de confinement a amputé le niveau du PIB annuel de près de 1,5 % » et prévoit une baisse de 10,3 % en moyenne sur l’année 2020.

Le climat des affaires reste dégradé

En Guadeloupe, les premiers résultats de l’enquête de conjoncture de l’IEDOM en 2020 présagent d’une nette dégradation de l’activité à cause de cette pandémie de COVID-19. Au premier trimestre 2020, l’indicateur du climat des affaires accuse sa plus forte chute depuis sa création. Il s’inscrit en baisse de 38,8 points par rapport au quatrième trimestre 2019 et de 52,0 points sur un an. L’indicateur se situe ainsi à un niveau plus bas que celui enregistré au cours de la crise de 2009. Tous les secteurs d’activité sont impactés.

D’après les premiers résultats de l’enquête, sur un an, les secteurs les plus touchés sont ceux du tourisme et du commerce. Ils sont suivis par ceux de la construction, de l’industrie non agroalimentaire et des autres services marchands. Le secteur des IAA semble être celui qui est le moins impacté, la baisse du climat des affaires est plus faible dans ce dernier. Les professionnels interrogés par l’IEDOM sont par ailleurs encore plus pessimistes pour le deuxième trimestre 2020 par rapport au premier.

Un potentiel relais de croissance

Les difficultés inédites sur le plan sanitaire, mais également sur le plan économique, laissent donc augurer une année 2020 difficile. « La capacité des territoires à juguler la pandémie et à organiser la reprise conditionnera les résultats économiques de ces derniers. Toutefois, malgré cette situation critique, certains phénomènes observés pendant le confinement peuvent alimenter un espoir de reprise dynamique. C’est notamment le cas de la forte augmentation de l’épargne des ménages durant cette période » indique l’IEDOM.  Un levier qui pourrait constituer un solide relais de croissance, ajoute l’institut d’émission.

Les ménages concentrent 97% de l’épargne à long terme

Mais delà de cette épargne contrainte, celle à long terme ne saurait être négligée. Après avoir enregistré une baisse en 2018 (-0,8 %), elle a cru de 3,6 % en 2019 pour atteindre 2,4 milliards €. Les ménages sont les principaux détenteurs de l’épargne à long terme (97,0 % du total). Leur épargne longue progresse de 3,4 % à fin 2019 (contre -0,9 % l’année précédente).

Cette évolution est principalement permise par l’assurance-vie. Représentant 68,6 % de l’épargne à long terme des ménages, l’assurance-vie augmente de 5,7 % sur un an. En revanche, les plans d’épargne logement (PEL), qui concentrent 23,3 % de l’épargne longue des ménages, diminuent de 0,5 %.

Vous avez dit patriotisme économique ?

Mais la question centrale demeure. Comment mobiliser l’épargne des ménages guadeloupéens au service du développement économique de notre territoire et de la création de richesses en Guadeloupe ? Pas certain que la réponse uniquement politique. Elle questionne sans doute la notion encore trop abstraite, – hélas -, de patriotisme économique à l’échelle de notre département.

(Avec l’IEDOM-Guadeloupe)