Les élus de la municipalité de Grand-Bourg renoncent à leurs indemnités

Les élus de Grand-Bourg sacrifient leurs indemnités pour contribuer au redressement de la commune. Respect. Mais qui dit mieux ?

Les effets d’annonce du futur maire du Gosier ont-ils inspirés la majorité municipale de Grand-Bourg de Marie-Galante ? Pas vraiment en réalité. C’était manifestement une promesse de campagne de Maryse Etzol. En attendant que Cédric Cornet ne joigne sa parole aux actes en renonçant lui aussi à ses indemnités, de même que les élus de sa majorité au Gosier, Grand-Bourg l’a fait.

Une dose de vertu dans l’exercice pratique du pouvoir politique qui ne peut-être que saluer. Cet exemple gagnerait à être suivie par les autres communes les plus en difficulté de notre archipel. On demande à voir. En l’espèce, la surenchère serait la bienvenue. Car là, point de démagogie ou d’effet d’affichage. Etre élu et s’imposer d’être frappé au porte-monnaie, c’est du concret.

Ce que prévoient les textes

Or donc, lors de son dernier conseil municipal, la municipalité de Grand-Bourg a donc adressé un puissant signal. Non seulement à ses administrés. Mais plus largement à la classe politique locale. Il faut rappeler ce que prévoit le code général des collectivités territoriales. Il stipule que le conseil municipal, lors de son renouvellement fixe par délibération le montant des indemnités perçues par ses membres, à l’exception du maire. Celui-ci bénéficie en effet automatiquement d’une indemnité de fonction déterminée dans les conditions prévues par les textes en vigueur.

Toutefois, ces mêmes textes permettent au maire de demander au conseil municipal de fixer pour lui une indemnité de fonction inférieure au barème légal. L’indemnité versée correspond à un pourcentage de l’indice brut terminal de la fonction publique, soit l’indice 1027. Ce pourcentage est limité en fonction de la taille de la commune. Pour Grand-Bourg, le maximum qui peut être perçu par le maire est de 55. Pour les adjoints 22 et pour les conseillers municipaux 6.

Donner l’exemple et s’imposer une obligation de résultat

Compte tenu de la situation budgétaire dégradée de la commune, l’exécutif a décidé de tout mettre en œuvre pour redresser les finances communales. Sans pour autant augmenter les contributions indirectes déjà élevées. En conséquence, Maryse Etzol, maire de Grand-Bourg, a proposé une mesure exceptionnelle de solidarité municipale. Cette mesure réside dans la fixation à zéro l’indemnité perçue par elle-même et par les autres membres du conseil municipal. Le conseil municipal a voté cette délibération à l’unanimité.

A noter que la disposition est proposée pour 3 ans. Au cours de l’exercice 2023, si la situation financière de la commune le permet, les indemnités des élus pourront être rétablies sur proposition du maire. Quoi qu’il en soit, cela représenterait tout de même une économie de plus de 300.000 euros pour la collectivité, selon la majorité.

Quid des indemnités à la CCMG ?

Bien entendu, les frais de mission, liés aux fonctions des conseillers municipaux, des conseillers délégués et des adjoints ne sont pas concernés. Ils pourront être remboursées par la commune sur justificatifs.

Il serait tout à fait indiqué, vu la situation financière tendue également, à la communauté de communes de Marie-Galante, que ces mêmes mesures soient adoptées. Serait-ce trop demander ? Chiche.