Les patrons de discothèques de Guadeloupe au bord du gouffre

Dans l’impossibilité de fonctionner depuis près de 6 mois à cause du covid-19, les patrons de boites de nuit sont à bout.

Depuis le début de cette crise sanitaire liée au covid-19, le monde de la nuit n’est pas à la fête. Le constat vaut partout en France certes, mais en Guadeloupe l’impact semble encore plus destructeur pour ces professionnels. Leur syndicat, le SYNDIPROS tenait une conférence de presse ce mercredi matin 26 août, à Jarry.

Tour à tour, les rapporteurs désignés Sylvestre Grava, Laurent Millet et Christian-Georges Henry-Léo, tous patrons d’établissements, ont fait part de l’ampleur du désastre. Les pertes du fait de l’arrêt total de l’activité sont colossales. Quant aux charges fixes, elles continuent de courir. Les mesures de soutien initiées par le gouvernement et au plan local par les collectivités n’ont visiblement produit aucun effet ou si peu.

Certes, il est proposé aux professionnels du secteur plusieurs alternatives. Au rang de celles-ci, un transfert facilité vers une activité de bar ou de restaurant. Une proposition qui ne leur convient pas. Et pour cause. Le coût engendré par les transformations nécessaires et légales, constituent un frein évident. Un coût que ces entreprises affirment ne pas pouvoir supporter, déjà anéanti qu’elles sont par la pandémie.

Le sursaut du désespoir

Avec l’impossibilité d’exploiter leurs discothèques durant la période des grandes vacances, l’année était de toute façon déjà perdue. Et même si le covid-19 avait marqué le pas à la rentrée – ce qui est hélas, loin d’être le cas -, il est bien connu que les discothèques sont désertées en septembre. Le contexte sanitaire de rebond de l’épidémie en cette fin de mois d’août rend les choses encore plus complexes.

C’est la question de l’avenir même de certains de ces établissements de nuit qui est désormais posée. Une chose est sûre, il y aura malheureusement de la casse sociale dans ce secteur. Comme c’est déjà le cas dans bien d’autres en Guadeloupe.

Pour garder la tête hors de l’eau, les professionnels font plusieurs propositions. Une réévaluation de l’aide mensuelle du gouvernement plafonnée à 45.000€ sur trois mois. La mise en place d’un véritable produit fiscal avantageux pour les propriétaires. La suppression des dettes fiscales et sociales. Et enfin, un plan d’exonération des charges sociales sur 8 ans.