Levée des restrictions vers la Guadeloupe : le niet scandaleux du gouvernement

Les décideurs économiques et les élus guadeloupéens attendaient la levée des restrictions à la Guadeloupe. La réponse du gouvernement est révoltante.

C’est à croire que l’on veut tuer à petit feu, ce qu’il reste de l’économie guadeloupéenne. Alors que des milliers d’emplois sont menacés notamment dans le secteur du tourisme. Le gouvernement s’entête à ne pas lever les restrictions toujours en vigueur pour les vols à destination de la Guadeloupe. Cela est d’autant plus incompréhensible que la Corse est rouverte au tourisme.

Nos élus et décideurs économiques se sont mobilisés ces derniers jours pour obtenir le même traitement. Une motion a été adressé au premier ministre. L’on a pensé, sans doute naïvement que ce qui était valable pour l’île de beauté, le serait aussi pour notre archipel. La réponse du gouvernement vient d’anéantir tous les espoirs d’un semblant de relance de l’activité touristique en Guadeloupe durant les grandes vacances.

Comment décourager de venir en Guadeloupe

Pas de levée de restrictions pour l’instant. Mais la mise en place un protocole sanitaire adapté pour les voyageurs en provenance de l’hexagone et à destination de nos régions. Ce protocole sanitaire sera expérimenté à compter du mardi 9 juin. Il prévoit qu’à partir de cette date, tous les passagers seront invités à réaliser dans les 72 heures précédant le vol un test RT-PCR, de détection du génome SARS Cov2.

A l’arrivée, ceux qui présenteront un test négatif, bénéficieront d’une procédure accélérée de traitement à l’aéroport. Et effectueront sept jours de quarantaine, suivi d’un nouveau test RT-PCR. Ces mêmes personnes indiquent encore les ministères concernés, pourront sortir de leur domicile, avec le port du masque systématique à l’extérieur et une application stricte des mesures de distanciation sociale. Ils devront s’abstenir de participer à des rassemblements et éviter les contacts avec des personnes à risque. Et ce durant une semaine.  

Pas de suppression de la quatorzaine stricte

Par ailleurs, il est précisé ce qui suit. Les personnes qui n’auront pas réalisé de tests avant le départ suivront la procédure d’accueil actuellement en vigueur dans les aéroports avec une mesure de quatorzaine stricte, en site dédié ou à leur domicile. Un bilan de cette expérimentation, qui portera notamment sur les conditions de réalisation des tests avant et après le vol et leurs résultats, sera réalisé au 22 juin. 

Pour le secteur du tourisme et de l’hôtellerie, c’est évidemment la douche froide. Le maintien de ces dispositions ou leur vrai-faux assouplissement va dissuader les visiteurs potentiels. Une situation d’autant plus insoutenable que des réservations sont effectuées par milliers chaque jour, pour d’autres régions de France. Dont la Corse évidemment.

Les décideurs économiques ne resteront pas inertes

« Il vous manque un Philippe De Villiers en Guadeloupe » nous a indiqué depuis Paris un professionnel du secteur. « Avec un coup de fil à Macron il a fait ouvrir le Puy-du-Fou, dès le 11 juin. Alors que Disneyland Paris doit attendre juillet, au moins » a-t-il ajouté. Difficile de lui donner tort. A l’évidence, en Guadeloupe, il y a beaucoup à faire pour restaurer une expression forte du pouvoir local. Suffisante en tout cas pour forcer les décisions à Paris.  Une vive réaction politico-économique serait en préparation, à la hauteur du coup porté à nos espoirs de relance.

En Guadeloupe, il y a désormais beaucoup à faire pour restaurer une expression forte du pouvoir local. Suffisante en tout cas pour forcer les décisions à Paris.

D’ici au 22 juin, il faudra se contenter de ce léger assouplissement des restrictions à notre destination. Les passagers déterminés à venir en Guadeloupe devront s’adresser à leur médecin traitant pour se faire tester avant le départ. Ce dernier leur prescrira un test. Le cas échéant, ils auront aussi la possibilité de se rendre directement dans un laboratoire, sur présentation de leur billet ou de leur réservation vers ces territoires. 

Maintien des motifs de déplacement

Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. Tous les passagers vont devoir fournir une déclaration sur l’honneur du motif de leur déplacement. Justificatifs à l’appui, ainsi qu’une déclaration sur l’honneur attestant qu’ils ne présentent pas de symptôme d’infection de covid19. Et qu’ils n’ont pas connaissance d’avoir été en contact avec un cas confirmé de covid-19 dans les 14 jours précédant le vol. 

Enfin, en cas de test RT-PCR positif, les passagers concernés auront l’obligation de s’isoler pendant 14 jours et il ne leur pas possible de prendre son vol.  Les compagnies aériennes se sont engagées à proposer aux personnes présentant un test positif, un échange de leur billet pour un vol ultérieur, après leur période d’isolement.

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