Marine Le Pen et les outre-mer : vraiment matière à polémique ?

Invitée de BFMTV, la présidente du Rassemblement National a fait allusion à l’outre-mer pour se défendre d’être xénophobe. Des propos qui font réagir.

Invitée de l’émission politique « Face à BFMTV » animée par Bruce Toussaint, Marine Le Pen, n’est pas passée inaperçue. C’est le moins que l’on puisse dire. La candidate du Rassemblement National à la présidentielle de 2022, s’est s’est positionnée comme une candidate sérieuse pour cette échéance.

Mais certains de ses propos font polémique au lendemain de sa prestation télévisée. Pour répondre aux accusations de xénophobie, Marine Le Pen a en effet évoqué ses résultats électoraux en Outre-mer. « Quand vous voyez que je suis arrivée en tête en Outre-mer, vous vous rendez compte que ces accusations de xénophobie n’ont aucun sens » a-t-elle déclaré.

Honteux, estime la secrétaire nationale du PS aux outre-mer

« Je ne suis pas raciste. Il y a des noirs qui m’aiment bien ». Citant un autre passage de cette interview de Marine Le Pen, la secrétaire nationale aux outre-mer du PS Josette Borel-Lincertin a fait part de sa réaction indignée. « Marine Le Pen expose les raccourcis infâmes nichés depuis toujours dans son esprit et qui renvoient les populations des outre-mer à un seul statut : des étrangers de couleurs dans la République. Honteux ! » a posté sur twitter la présidente du conseil départemental de Guadeloupe, également secrétaire national du PS aux outre-mer.

Indigne, selon le député LREM Olivier Serva

De son côté, le député LREM de Guadeloupe, Olivier Serva évoque des propos indigne d’un élu de la République. « Ces réponses sous-entendent que les ultramarins ne seraient pas des ressortissants français. Ce faisant, Marine LE PEN laisse apparaître la considération véritable qu’elle porte à nos territoires et à ceux qui les peuplent. La diversité et la richesse culturelle des Outre-mer ne sauraient servir de prétextes aux idéologies mortifères défendues par le Rassemblement National et sa Présidente » indique le député de Guadeloupe.

« De même, les propos de Madame Marine Le Pen font la démonstration de ce que celle-ci n’a pas compris ce que sont les Outre-mer dans la République. Pire, sa méconnaissance lourde du pays prive sa démonstration de tout effet. De sorte que les questions relatives au racisme et à la xénophobie qui lui ont été adressées, restent entières du fait même de ses réponses. Le racisme et la xénophobie sont des questions trop graves pour être traitées avec une telle légèreté. D’autant plus par une personne qui postule à la mandature suprême pour la République » a indiqué le président de la délégation outre-mer à l’assemblée nationale.

Darmanin et Lecornu scandalisés

Des propos qui n’ont cessé depuis de faire réagir. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a notamment dénoncé « un parallèle nauséabond ». Allusion au lien fait par la candidate du RN entre les Français d’Outre-mer et les étrangers. « Faut-il comprendre que Madame Le Pen considère les Ultramarins comme des étrangers ? Les Outre-mer, c’est bien la France. La couleur de peau de nos compatriotes n’y change rien » a lancé pour sa part sur twitter le ministre des outre-mer Sébastien Lecornu.

Patrick Karam s’en souviendra

De son côté, l’élu guadeloupéen Patrick Karam, vice-président (LR) de la Région Île-de-France n’a pas manqué de réagir non plus. « Avant de considérer nos compatriotes d’outre-mer comme des étrangers en raison de leur couleur, Marine Le Pen devrait se souvenir que l’avion transportant son père n’a jamais pu atterrir sur le tarmac de l’aéroport du Raizet. Et qu’il n’avait jamais pu sortir de l’aéroport de Martinique » a indiqué l’élu LR d’Île-de-France.

« L’histoire a une fâcheuse tendance à se répéter quand on manque de respect à nos outre-mer. Madame Le Pen passe son temps à quémander notre vote, mais au détour d’une phrase on comprend que pour elle comme pour le RN nous ne serons jamais des Français comme les autres ! On s’en souviendra » a conclu Patrick Karam.