Médias outre-mer : Olivier Serva saisit officiellement le président Macron

Après avoir auditionné les patrons de médias locaux, le président de la délégation outre-mer à l’assemblée nationale, vient d’adresser un courrier au chef de l’Etat. Nous en publions l’essentiel.

Le député Olivier Serva s’y était engagé. Il tient sa promesse. Se faire le relais de la grande détresse de la filière audiovisuelle ultramarine frappée de plein fouet par la crise du covid-19. Le président de la délégation outre-mer à l’assemblée nationale vient d’adresser en ce sens une lettre au chef de l’Etat.  Un courrier dans lequel le parlementaire guadeloupéen insiste sur le risque de faillite d’un grand nombre d’entreprises du secteur.

La délégation aux outre-mer sollicite du Gouvernement la mise en place d’un train de mesures. Sont ainsi demandés à court terme. Le versement d’une subvention comprise entre 1 et 1,5 millions d’euros au profit des radios et TV locales ultramarines autorisées par le CSA. Cette subvention serait versée sur des critères objectifs liés aux charges ou aux chiffres d’affaires. L’effacement des charges fiscales et sociales pour les mois de mars, avril, mai et juin 2020.

Répondre à l’urgence

Ainsi que l’abandon des dettes fiscales et sociales. La prise en charge des salaires des collaborateurs des médias radios et télévisions durant le confinement, ceux-ci n’ayant pas pu bénéficier du chômage partiel.  De même, sont espérées par la délégation, ’augmentation massive de la commande publique en termes de communication institutionnelle, a minima au prorata de la population des outre-mer (soit environ 4 %). L’instauration d’un crédit d’impôt pour les entreprises qui financent des annonces publicitaires à hauteur de 30%.

Autres demandes relayées par le président de la délégation outre-mer, la généralisation dans nos régions, des campagnes publicitaires institutionnelles. Seules 40 % d’entre elles sont diffusées sur nos territoires. Par ailleurs, une contribution financière publique aux campagnes de prévention contre le coronavirus qui ont été diffusées gratuitement est également souhaitée. Voilà pour l’urgence.

D’autres mesures peuvent attendre

A moyen terme, la délégation outre-mer soutient plusieurs idées. A commencer par le rétablissement pour l’audiovisuel privé ultramarin du dispositif de la Lodéom « renforcée » (Loi pour le développement économique des outre-mer, abrogée en 2019). Ce dispositif prévoyait des allègements de charges sociales pour les entreprises audiovisuelles situées en outre-mer. Il reste en vigueur pour la presse écrite ultramarine.

La question de la suppression de la publicité sur les chaines 1ère est évoquée dans ce courrier. Mais adossée à l’argumentaire de France Télévisions. Le service public maintient qu’une telle mesure ne garantira en rien un report systématique des annonceurs habituels vers les autres chaînes de télévision. Et France Télévisions d’ajouter. « Cela aurait comme impacts directs un manque à gagner pour les chaînes 1ère. Avec des effets immédiats sur la dynamique de productions locales. Ainsi que la disparition de FTPIO et de ses 46 employés avec ses corollaires« . Le service public prévient d’emblée. Pas touche à la pub. 

La délégation aux outre-mer à l’assemblée nationale conclue en ces termes. « Compte tenu de la gravité de la situation, sans aide d’urgence, il faut craindre que la majorité des acteurs de la filière audiovisuelle outre-mer n’aient disparu d’ici la fin de l’année ». C’est hélas, la triste réalité.