Non à la mise à mort d’Air-Caraïbes et de Corsair


La limitation du nombre de passagers sur les vols entre les Antilles et Paris met encore plus en péril les deux compagnies concurrentes d’Air-France.

C’est une mise à mort lente des compagnies aériennes Air Caraïbes et Corsair qui est à l’œuvre, dans la plus grande indifférence. Et la limitation par les autorités du nombre de passagers à 130 sur les vols transatlantiques, au départ et à destination, de nos régions, ne va rien arranger. L’on voudrait rétablir la situation de monopole d’Air-France qu’on ne s’y serait pas pris autrement.

Décrochages en vue

Cette crise, on le sait, est arrivée au pire des moments pour les deux autres compagnies. Air-Caraïbes finalisait le renouvellement de sa flotte, avec l’acquisition d’A350-900. Tandis que Corsair venait d’opérer un virage stratégique, avec un programme de remplacement de ses 747 par des A330. C’est dire l’impact destructeur de cette crise sur l’exploitation de ces deux transporteurs. Sauf, que là où elles auraient pu limiter la casse durant la période des grandes vacances, la quatorzaine stricte, ayant été retoqué par le conseil constitutionnel, les voilà soumises à un diktat réglementaire.

Des vols à perte

Opérer un transatlantique avec 130 sièges vers nos départements, c’est un non-sens économique. Pour un A330, cela représente à peine plus du tiers de la capacité de l’appareil. Et pour un 747-400, même pas 25%. Il n’y a guère qu’Air-France, subventionnée à grands renforts de milliards d’euros pour pouvoir se le permettre. Non sans que la compagnie pour le coup, vraiment nationale, ne fasse exploser ses tarifs. Comme on a pu le constater sur le fret.

A la mi-avril le patron de Corsair avait tiré la sonnette d’alarme évoquant la mort des petites compagnies françaises faute de mesures de soutien de l’Etat. Pour autant, il espérait relancer ses vols vers les DOM, à la mi-juin. Air-Caraïbes et French Bee prévoyaient d’en faire de même, début juin également et sans aides de l’Etat. Depuis, l’annonce de la fermeture prolongée d’Orly a été la première douche froide. Cette limitation du nombre de passagers sonne comme le coup fatal.

Le tourisme a du plomb dans l’aile

Ces décisions ne seront pas sans conséquences sur l’exploitation de ces deux compagnies déjà au plus mal. L’une d’entre elles pourraient d’ailleurs ne pas s’en relever. La rescapée sera de toute façon très fragilisée, avec des marges de manœuvres très réduites quoi qu’il en soit. Un scénario qui s’il se confirme, mettra à mal, toute relance du tourisme en Guadeloupe d’ici à la prochaine haute saison. En plus de nous replonger des années en arrière, quand Air-France dictait sa loi, sur le prix des billets entre Paris et les Antilles. Même si, l’on a pu néanmoins s’interroger, à certaines périodes récentes, sur la réalité de la concurrence entre les compagnies qui desservent nos régions.

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